TERRIEN – JULIEN CLERC


T’es rien qu’un point dans l’univers
Rien qu’une poussière de poussière
T’es rien qu’un brindille sur les eaux
Quand la mer te prête son dos

EXPLICATION DE “ TERRIEN ”

Qu’est-ce qu’être un Terrien ? Devons-nous se réjouir ou se lamenter ? Ce qui est certain, c’est que nous ne l’avons pas choisi, mais cela n’empêche pas le fait d’avoir tant de questions existentielles qui tracassent l’esprit de chacun. Julien Clerc nous éclaire.

Son album s’intitule « Terrien », il sort le 12 février 2021, et il témoigne de la présence de plusieurs paroliers de taille, tels que Clara LucianiDidier Barbelivien et Jeanne Cherhal.

Cet album témoigne d’un titre éponyme qui met en exergue des questions philosophiques, qui ont tracassé l’esprit de chaque Terrien depuis sa naissance, surtout dans une période de confinement, qui a obligé les gens de rester chez eux, certainement à cogiter.

La vision de Julien Clerc est simple, elle apporte des réponses concises, qui sont loin d’être noires. Le chanteur avoue que le Terrien n’est qu’une goutte dans un océan, sa présence n’est pas aussi importante que ça le parait. Et si demain l’Homme n’existait plus ? La terre, arrêtera-t-elle de tourner ? Certainement pas.

Cette vision parait angoissante pour certain, mais en vrai, elle permet à l’humain de se détendre, de se rendre compte que ce n’est pas aussi grave d’échouer et de faire des bêtises, car nous ne sommes que des humains.https://giphy.com/embed/1yjqcGKmx63uoRLqlo

Julien Clerc répond également à la fameuse question de « La vie a-t-elle un sens ? » Pour notre chanteur le sens, on l’invente, et il suffit des faits les plus simples comme l’amour, pour donner un sens solide à sa vie.

« Terrien » est une ode à l’Homme. Bien que le chanteur relève des faits divers atroces notamment sur « La jeune fille en feu » qui aborde le viole, et « La rose et le bourdon » qui parle du réchauffement climatique, l’artiste ne porte pas un regard pessimiste à l’égard du Terrien.

Se lamenter n’aide pas la race humaine à avancer, il serait meilleur de souffler de l’espoir, de s’aimer et d’aimer son prochain. L’amour est le sens qui embellit la vie des terriens. 

T’es rien qu’un cœur et deux poumons
De l’amour qui cherche une maison
Tu viens pour une danse éphémère


Graver ton prénom dans la pierre

[Refrain]
Tu ne seras pas venu pour rien
Si tu deviens tout pour quelqu’un
Tu ne seras pas venu pour rien, oh
Tu ne seras pas venu pour rien, oh

C’est comme un rêve dans un rêve
Une vie de « pourquoi » de « comment »
Tu es d’un terrien la relève
Tu es d’un terrien le parent

T’es rien qu’un instant déposé
Sur un caillou de voie lactée
T’es rien qu’un étrange animal
Qui rêve d’intersidéral

[Refrain]
Tu ne seras pas venu pour rien
Si tu deviens tout pour quelqu’un
Tu ne seras pas venu pour rien, oh
Tu ne seras pas venu pour rien, oh

À quoi ça sert, à quoi ça tient ?
Entre grand-routes et bouts de chemin
La grandeur, les peurs, la riposte
Soumis à la loi du compost

C’est comme un rêve dans un rêve
Une vie de « pourquoi » de « comment »
Tu es d’un terrien la relève
Tu es d’un terrien le parent

[Refrain]
Tu ne seras pas venu pour rien
Si tu deviens tout pour quelqu’un
Tu ne seras pas venu pour rien, oh
Tu ne seras pas venu pour rien, oh

VOCALE RAMURE


VOCALE RAMURE

Par la percée des meurtrières l’horizon avale ses mots de sable

laissant l’échange épilé à l’entrée du chemin chauve

En forêt un baliveau plein de sang garde le rythme à l’abri des amazonniers coupeurs de têtes. Sortant la baguette des sources, à la verticale et faire un point d’amer pour localiser son terrier

Quand le roncier épaissit l’approche communique au touché la sensation de proximité

Au creux de la paume, là où la ligne creuse profond, la vibration approche la chair de poule signalant l’entonnoir des racines. Volcan pas éteint

Un tournesol redresse la tête sur le pivot de sa tige

Et le taillis libère sa véritable identité au plus fort du camouflage

Ce long déroulé ne peut qu’être l’onduleuse hanche du tracé de l’amphore

L’évasé du col ne retient pas ses fragrances

Lèvres d’un sacre qui veulent vivre au-delà de toute force de raison et que l’oeil soustrait au masque sans retenir la succession de circonstances défavorables. L’acharnement délétère

Comme la couleur du ventre en s’ouvrant est pigmentaire, l’imitation chimique ne peut abuser de l’oiseau en soustrayant l’arbre à sa nature.

Niala-Loisobleu – 19 Février 2021

IGUAZU


IGUAZU

ravers la
Pampa n’ayant pour relief

que des vaches condamnées à brouter dès le premier tremblement du jour

jusqu’à ce que l’herbe ait un goût de crépuscule,

roule le train comminatoire qui vise de tout son fer le
Nord guarani.

Tout d’un coup voici un palmier en pleine campagne,

un palmier d’origine, un palmier de chez lui,

premier avertissement des tropiques proches,

puis me petite palmeraie

qui fait front de toutes parts

puis des palmiers qui vont les uns engendrant les autres,

tous forcés par le train en fureur

à glisser sans bruit vers l’arrière

dans la plus complète obéissance,

tout ce qui était devant passant brusquement

de la forêt, au souvenir,

et ne devant vivre désormais en moi

que dans la confusion d’images bien battues par le train tenace

comme des cartes d’auberge par des mains soupçonneuses.

Mais la forêt se fait si dense qu’elle a arrêté le

train.

Sur le fleuve maintenant

flottent le navire à roues et ma pensée

tandis que glissent des bacs

couverts de cèdres frais-coupés et déjà rigides comme

des
Indiens morts; on n’entend même pas la respiration de la forêt dans le paysage brûlé de silence.

La sirène à vapeur du navire arrêté déchire le paysage

cruellement, de son couteau ébrécbé.

Les caractactes de l’Iguazu

sous la présence acharnée d’arbres de toutes les tailles

qui tous veulent voir, les cataractes,

dans un fracas de blancheurs, foncent en mille fumantes perpendiculaires violentes comme si elles voulaient traverser le globe de part en part.
Les cordes où s’accroche l’esprit, mauvais nageur, se cassent au ras de l’avenir.

Des phrases mutilées, des lettres noires survivantes se cherchent, aveugles, à la dérive pour former des îlots de pensée et soudain, comme un chef fait l’appel de ses hommes

après l’alerte,

je compte mes moi dispersés que je rassemble en

toute hâte.
Me revoici tout entier

avec mes mains de tous les jours que je regarde.
Et je ferme les yeux et je cimente mes paupières.

Jules Supervielle