PAON DEMIS


PAON DEMIS

Sous-corné du pied de cheval

le tissu feuilleté fait paroi, unit à la sole et à la fourchette du sabot

Tissu réticulaire de la poche retenant l’élément nécessaire dans l’orbite du mont topless

La horde précède la marque du bison laissée au charbon par la main rupestre, sanguine liaison de vie

L’aube s’immisce en odeur appuyée de mouvements d’ailes à becquées renouvelées

Symphonie érigeant ses pierres au creuset pour l’alliage animal de la première forêt humaine cornue de fûts épineux, mouvantes mamelles de yourtes piquées de danses de corps

Les ruts arrivent des violons attouchés d’archets dressés, laissant le cuivre aux glissades des casseroles « Just married », le pied dans les raquettes en remonte-pente et vin chaud, une pincée de gingembre dans la glande pour renouer genre scieur-de-long

A l’enseigne du Crieur de Loup le chalet renoue avec l’aube de la première communion.

Niala-Loisobleu – 16 Février 2021

DU JARDIN FLOTTE UN PROCHAIN NAUFRAGE


DU JARDIN FLOTTE UN PROCHAIN NAUFRAGE

Lac étiré sur son lé dans un reste de force noyée

Elle a les yeux fendus d’humanité

dans cette voracité militaire bâtarde où rampe un venimeux général

Myanmar qu’on veut étouffer à sa démocratie

Je connais un être qui n’aura jamais eu de paix durable sans jamais céder.

Aung San Suu Kyi

Niala-Loisobleu – 16 Février 2021

UN JOUR DE VOIR ET FAIRE


UN JOUR DE VOIR ET FAIRE

L’oeil sorti d’un doigt franchit la friche

il a entendu le pas de la rivière et vient à quai

Toucher, palper, reconnaître, découvrir

jeter l’arrêt sur image

la mise sur voie de garage comme un wagon-bétail qui regarde défiler le qu’on voit

pour peindre de la toile à t’hisser dans la clarté.

Niala–Loisobleu – 16 Février 2021

AUX LISIÈRES


AUX LISIÈRES

I

Nous avons longtemps cru qu’il nous suffisait d’allonger le bras pour toucher le ciel et tenir en laisse le vieil horizon

si longtemps qu’en nous le geste demeure à la vue d’une femme à l’aube surprise lavant dans ses larmes le jour et la nuit

que plus rien ne reste à la fin que l’ombre pour raser de frais au fil de l’amour nos corps effondrés dans la chambre avec

le ciel comme un bas sur le parquet nu.

II

Amour, disais-tu. J’entendais lisières genêts, passerelles. Tes yeux résistaient. Ce n’était pourtant qu’un seuil à franchir.

Déborder le corps et qu’amour soit d’eau vive, non comme ici lac où tournent tournent poissons et noyés, le ciel, les nuages

les belles promesses. Reste, disais-tu.

Je voyais mourir les hommes aux barrières

battre comme un bleu crevé par l’orage

leurs bras affolés leurs ailes d’Icare.

Guy Goffette