Midnight Blues – Gary Moore


Midnight Blues – Gary Moore

C’est l’heure la plus sombre
It’s the darkest hour

De la nuit la plus sombre.
Of the darkest night.

C’est un million de miles
It’s a million miles

De la lumière du matin.
From the morning light.Je ne peux pas dormir.
Can’t get no sleep.

Je ne sais pas quoi faire.
Don’t know what to do.

J’ai ces bleus de minuit.
I’ve got those midnight blues.Quand les ombres tombent,
When the shadows fall,

Je sens la nuit se rapprocher.
I feel the night closing in.

Il doit y avoir une raison
There must be some reason

Pour cette humeur dans laquelle je suis.
For this mood I’m getting in.Je ne peux pas dormir.
Can’t get no sleep.

Je ne sais pas quoi faire.
Don’t know what to do.

J’ai ces bleus de minuit.
I’ve got those midnight blues.Chaque soir après le coucher du soleil,
Every evening after sundown,

Alors que la lumière commence à s’estomper.
As the light begins to fade.

Je me sens si bas, mais je ne sais juste pas
I feel so low, but I just don’t know

Pourquoi ces bleus ne disparaîtront pas.
Why these blues won’t go away.Chaque soir après le coucher du soleil,
Every evening after sundown,

Alors que la lumière commence à s’estomper.
As the light begins to fade.

Je me sens si bas, mais je ne sais juste pas
I feel so low, but I just don’t know

Pourquoi ces bleus ne disparaîtront pas.
Why these blues won’t go away.C’est l’heure la plus sombre
It’s the darkest hour

De la nuit la plus sombre.
Of the darkest night.

C’est un million de miles
It’s a million miles

À la lumière du matin.
To the morning light.Je ne peux pas dormir.
Can’t get no sleep.

Je ne sais pas quoi faire.
Don’t know what to do.

J’ai ces bleus de minuit.
I’ve got those midnight blues.

J’ai ces bleus de minuit.
I’ve got those midnight blues.

J’ai ces bleus de minuit.
I’ve got those midnight blues.

J’ai ces bleus de minuit.
I’ve got those midnight blues.

José Saramago – L’Aveuglement


José Saramago – L’Aveuglement

Nastasia-B   21 février 2016
★★★★★★★★★★Saramago, ce diable de Saramago… On comprend aisément à la lecture de L’Aveuglement que cette oeuvre ait marqué celles et ceux qui l’on lue. BLAM ! la claque ! Parce que ce petit pépère, avec ses grosses lunettes et son air de ne pas y toucher, nous envoie en pleine face l’immonde, l’indicible vérité ; la puanteur ensevelie en chacun de nous et qu’on juge totalement inavouable.
Inavouable parce qu’on a honte de nous même, parce qu’on a honte de se savoir fait de cette argile-là. Argile qui vue d’ici ressemble comme deux gouttes d’eau à de la merde. Oui, le mot est cru mais il n’en existe pas d’autre pour exprimer avec autant de force tout le dégoût qu’il contient. Fange, c’est trop joli, ça rime avec ange, alors que l’autre, il ne rime qu’avec lui-même ou bien des dérivés comme  » emmerde « ,  » démerde  » et, à la rigueur certaines formes conjuguées du verbe  » perdre « .
Bon, je l’avoue, ce n’est pas tout à fait un hasard si j’ai choisi ces quatre mots car ils résument à eux seuls tout ce qui attendrait une communauté frappée d’aveuglement. D’abord ils perdent, puis viennent les emmerdes, alors il faut qu’ils se démerdent et finalement, ils pataugent tous dans leur … bon, bref, je vous laisse imaginer la suite.
Ce livre est vraiment étonnant et incroyable, car avec rien ou presque, en étant pourtant complètement dans le réel, en introduisant simplement une toute petite variable, il nous plonge dans la science-fiction pure et dure : c’est implacable.
Un truc tout bête : une personne tombe aveugle subitement en pleine rue au volant de sa voiture. En soi, même si c’est peu probable, on se dit que ça pourrait arriver. L’élément narratif qui modifie tout, c’est que cette pathologie est contagieuse ; toute personne approchant de cet aveugle le devient elle aussi en quelques minutes ou quelques heures.
Si bien que ce cas isolé ne tarde pas à devenir une épidémie sans précédent. Voilà, la science-fiction s’arrête ici, ensuite, il suffit juste de laisser agir l’humain sur cette mixture pour voir ce qui arrive. (Vous qui avez des yeux, profitez-en.)
Et là, c’est l’apocalypse ! Pas besoin d’être particulièrement clairvoyant pour s’apercevoir que José Saramago a une assez piètre opinion de l’humain en général et, malheureusement, nous ne saurions totalement lui donner tort. Se recrée alors un univers concentrationnaire, se recréent alors l’enfer pestilentiel des lazarets ou les ravages imaginables des villages de cholériques, tels qu’ont pu nous les décrire Albert Camus ou Jean Giono.
Toutefois avec cette nuance supplémentaire, à savoir qu’ici, le mal ne tue pas et donc qu’il autorise toutes les sauvageries, toutes les bestialités, toujours présentes en l’humain, en chacun de nous, et que le vernis social n’a qu’assoupi, conjoncturellement assoupi. L’histoire des camps de la Seconde guerre mondiale prouve, à qui en douterait encore, qu’en situation extrême les victimes se transforment facilement entre-elles en abjects bourreaux, en bêtes immondes dénuées de toute  » humanité « .
José Saramago nous rappelle avec amertume que c’est pourtant  » ça « , l’humain. Eh oui, on n’ose pas y croire, on en a honte, on ne veut pas le voir, et pourtant, c’est sans doute ce qu’il y a de plus universellement  » humain  » dans l’humain : la bestialité de son instinct de survie.
Cette première partie du livre, au sein du centre fermé destiné à recevoir les personnes frappées de cécité tandis que le reste de la société continue à fonctionner m’a littéralement enthousiasmée. Je la trouve horrible, absolument écoeurante mais je la trouve juste, bien sentie, très crédible, en tous points exceptionnelle. En revanche, j’ai été moins séduite par le second temps du roman, hors du centre fermé.
On sent que l’auteur a cherché à atténuer un peu son propos, à rendre l’humain un peu plus fréquentable, à ne pas passer pour un pur misanthrope. Selon moi, c’est une erreur : je trouve qu’il fait perdre un peu de sa puissance au livre. Mais cela n’engage que moi, comme je l’écris souvent.
Il faut maintenant en venir au message de cette seconde partie d’ouvrage, qui me semble intéressante aussi, mais dont j’ai moins aimé le traitement. En deux mots, le fait que nous sommes aveugles en croyant voir. Nous survolons, nous croyons connaître en ne faisant qu’effleurer, tant les choses, que l’organisation sociale à laquelle nous appartenons, que les gens que nous côtoyons. Nous nous figurons les connaître en n’examinant que leur  » épiderme  » psychique.
Nous sommes tellement, tellement plus complexes ; le monde dans lequel nous évoluons est tellement, tellement autre chose que ce que nous croyons qu’il est après un examen rapide, trop rapide, ce à quoi nous nous arrêtons communément.
On peut très certainement y lire aussi une forme d’avertissement d’ordre plus politique. La notion floue  » d’intérêt général  » qui pousse les états à parquer des hommes comme des bêtes dans un centre clos dénué de tout, même de l’essentiel. Et si l’aveuglement c’était ça aussi ? Notre cécité à percevoir la tyrannie dans ce qui se donne des airs démocratiques au-dessus de tout soupçon ?
Donc, prenons le temps… Explorons, avec tous nos sens si possible… Détachons-nous de notre aveuglement, et… lisons Saramago. Mais ce n’est bien évidemment qu’un modeste avis, qui n’y voit que d’un oeil, c’est-à-dire, pas grand-chose.
N. B. : Je tiens à remercier chaleureusement André qui m’a offert et permis de découvrir ce livre. Cette critique lui est amicalement dédiée ; il se reconnaîtra.
Source Babelio : Nastasia-B   21 février 2016

AU PAYS DE LA MAGIE, I


Henri Michaux

AU PAYS DE LA MAGIE, I

J’ai vu l’eau qui se retient de couler.
Si l’eau est bien habituée, si c’est votre eau, elle ne se répand pas, quand même la carafe se casserait en quatre morceaux.

Simplement, elle attend qu’on lui en mette une autre.
Elle ne cherche pas à se répandre au-dehors.

Est-ce la forme du
Mage qui agit ?

Oui et non, apparemment non, le
Mage pouvant n’être pas au courant de la rupture de la carafe et du mal que se donne l’eau pour se maintenir sur place.

Mais il ne doit pas faire attendre l’eau pendant trop de temps, car cette attitude lui est inconfoi table et pénible à garder et, sans exactement se perdre, elle pourrait
s’étaler pas mal.

Naturellement, il faut que ce soit votre eau et pas une eau d’il y a cinq minutes, une eau qu’on vient précisément de renouveler.
Celle-là s’écoulerait tout de suite.
Qu’est-ce qui la retiendrait ?

L’enfant, l’enfant du chef, l’enfant du malade, l’enfant du laboureur, l’enfant du sot, l’enfant du
Mage, l’enfant naît avec vingt-deux plis.
Il s’agit de les déplier.
La vie de l’homme alors est complète.
Sous cette forme il meurt.
Il ne lui reste aucun pli à défaire.

Rarement un homme meurt sans avoir encore quelques plis à défaire.
Mais c’est arrivé.
Parallèlement à cette opération l’homme forme un noyau.
Les races inférieures, comme la race blanche, voient plus le noyau que le dépli.
Le
Mage voit plutôt le dépli.

Le dépli seul est important.
Le reste n’est qu’épiphénomène.

Henri Michaux

LES DEUX TEMPS DANS LE TANT


LES DEUX TEMPS DANS LE TANT

Porte-fenêtre à deux meneaux pour revêtir de l’habit à faire croire ça ouvre le passage sous-marinier empli de lumière dans le noir complet comme Coué en fit la découverte en son temps. Au coeur de la danse que la Fête des Voisins a mis dans les hauts-parleurs du véhicule du Cirque-Ambulant qui va battre-tambour, que du soleil à gogo dans la morosité Tout est vrai dans le mensonge rédigé par l’idée fixe du porte à croire. Perdu pour perdu dans ses peurs le coup de poker redresse ce qui n’est pas jusqu’à donner une réputation convenant au système de fonctionnement. On se parle à soi-même à la deuxième personne pour lancer le dialogue du roman-fiction. Le feuilleton prend comme un roux d’autant mieux que la disparition du contact humain crée le besoin de s’envoler. Remplacer l’irremplaçable par un moyen d’extrapolation, au départ le rêve faisait franchement le nécessaire.

C’était sain et en phase avec le beau. Le cauchemar étant bien entendu l’inverse.

Les voyages ont toujours été une nourriture essentielle à l’homme.

Sans imaginaire le monde ne peut plus cacher la pauvreté dans laquelle il progresse.

L’Art a pris les choses en main dès le premier jour. Chacune de ses disciplines se partageant la fertilité comme un fleuve retenant la désertification.

La musique que les paysages laissent naître dans le temps climatique, l’écriture que le transport colle aux mots du traversé, l’odeur du bruit des caresses où le charnel peut venir du minéral comme du végétal pour se faire entendre par la voix de tout l’orgasme humain, le matériau et l’outil, instruments célestes que l’animal a porté au premier jour avec le mimétisme que la couleur lui donne en protection et en accord total avec l’écho-système. Il n’y a que ça de vrai. C’est la signature. L’humeur trompe.

Niala-Loisobleu – 19 Janvier 2021

À COR ET A CRI


À COR ET A CRI

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Dans tous les coins de la planète

les bobines de fil blanc

se tordent de rire comme

de petites baleines si l’on peut dire cependant

que dans mon tiroir les bobines

de fil rouge s’agitent poussent

des cris lamentables

Elle ont lu le sonnet des

voyelles dans les yeux d’une

femme honnête jouant les

deux orphelines sur un boulevard de porcelaine

Leurs préférences iront toujours

à la belle ilote ivre aux robes

de paille secrète grimpée sur

la nuit solide pour mieux

rencontrer l’amour le bel

aveugle de naissance qui

sculptera dans la mémoire

le corsage au masque de fer.

Achille Chavée