L’ATELIER A QUAI 6


L’ATELIER A QUAI 6

Dans les vents, le bal haine, j’irais pu me disait mon père assis sur le trottoir dans coin de pré vert à faire la manche

Au moment venu, il y en toujours un, j’ai descendu l’idée de paraître pour demeurer enfant quelque soit la saison

Et suis devenu habitant de la lune, me disant tant que les hommes n’y habiteront pas, ça demeurera l’endroit rêvé pour traverser

Tout en rondeurs

comme j’aime pour garder les baignoires intactes dans l’Outre-Mère

Ce qui fait que de fil en aiguille comme tu l’écrivais ce matin et que j’ai ressenti rien ne se sépare dans notre histoire au point que je ne peins que du ton de PIENSA EN MI.

Niala-Loisobleu – 16 Janvier 2021

GANG


GANG

Il y avait, toujours chargé au plein cœur de la ville, ce quartier tournant projetant par saccades vers les routes de banlieue le flot de ses voitures comme le barillet d’un
revolver.
C’est de là que nous partions pour les voyages-surprise et les soirs bordés d’églantines, les beaux matins des documentaires de pêche à la truite qui brassent à
poignées tout un saladier de pierreries.
Les doigts serrés sur le bor-dage de tôle, et le fleuve d’air sculptant un bec d’aigle et la majesté d’une figure de proue sous le casque de toile blanche.
Au bout des robes blanches sur chaque boulevard d’huile noire, une forêt qui s’ouvre en coup de vent comme la mer
Rouge — à l’enfilade de chaque flaque solaire, le lingot de glace que tronçonnent les massifs d’arbres — au bout de chaque branche, une fleur qui se déplie dans un
claquement de linge — au bout de chaque bras, la rose brûlante d’un revolver.

Julien Gracq