MEDITATION D’ODILON


MEDITATION D’ODILON

Je cours aux lins pour tendre la couleur

encore à la vague

Sur une lumière sortie de la corbeille des ombres chinoisent dans l’arrière-cour

Le geai s’étale à grande eau pour garder du soleil envers et contre tout

d’un clin d’oeil complice en lâchant les chevaux du manège pour que tourne le rire de l’enfant assis sur l’oiseau.

Niala-Loisobleu – 8 Janvier 2021

BATAILLE


Pierre Reverdy

BATAILLE

Dans la poitrine, l’amour d’un drapeau décoloré par les pluies. Dans ma tête, les tambours battent. Mais d’où vient l’ennemi?

Si ta foi est morte que répondre à leur commandement ?

Un ami meurt d’enthousiasme derrière ses canons et sa fatigue est plus forte que tout.

Et, dans les champs bordés de routes, au coin des bois qui ont une autre forme parce qu’il y a des hommes cachés, il se promène, macabre comme la mort, malgré son
ventre.

Les ruines balancent leurs cadavres et des têtes sans képis.

Ce tableau, soldat, quand le finiras-tu? Ai-je rêvé que j’y étais encore? Je faisais, en tout cas, un drôle de métier.

Quand le soleil, que j’avais pris pour un éclair, darda son rayon sur mon oreille sourde, je me désaltérais, sous les saules vert et blanc, dans un ruisseau d’eau rose. J’avais
si soif!

Pierre Reverdy