Annie Lennox – A Whiter Shade of Pale


Annie Lennox – A Whiter Shade of Pale

A Whiter Shade of Pale

Nous avons sauté le Fandango léger
We skipped the light Fandango

Les roues tournées traversent le sol
Turned cartwheels ‘cross the floor

Je me sentais un peu mal de mer
I was feeling kinda seasick

La foule en a réclamé plus
The crowd called out for more

Et la pièce était plus dure
And the room was hummin’ harder

Alors que le plafond s’envolait
As the ceiling flew away

Quand nous avons appelé pour un autre verre
When we called out for another drink

Le serveur a apporté un plateau
The waiter brought a trayEt c’était plus tard
And so it was later

Comme le meunier a raconté son histoire
As the miller told his tale

Que son visage, au début juste fantomatique
That her face, at first just ghostly

Est devenu une nuance plus blanche de pâle
Turned a whiter shade of paleElle a dit: « Il n’y a aucune raison »
She said, « There is no reason »

« Et la vérité est évidente »
« And the truth is plain to see »

Mais j’ai erré à travers mes cartes à jouer
But I wandered through my playin’ cards

Et ne la laisserait pas être
And would not let her be

L’une des 16 vierges vestales
One of 16 vestal virgins

Qui partaient pour la côte
Who were leaving for the coast

Et même si mes yeux étaient ouverts
And although my eyes were open

Ils pourraient tout aussi bien avoir été fermés
They might just as well’ve been closedEt c’était plus tard
And so it was later

Comme le meunier a raconté son histoire
As the miller told his tale

Que son visage, au début juste fantomatique
That her face, at first just ghostly

Est devenu une nuance plus blanche de pâle
Turned a whiter shade of paleEt c’était plus tard
And so it was later

Comme le meunier a raconté son histoire
As the miller told his tale

Que son visage, au début juste fantomatique
That her face, at first just ghostly

Est devenu une nuance plus blanche de pâle
Turned a whiter shade of paleUne nuance plus blanche de pâle
A whiter shade of pale

Est devenu une nuance plus blanche de pâle
Turned a whiter shade of pale

Une nuance plus blanche de pâle

Saint-John Perse : Etroits sont les vaisseaux


Saint-John Perse : Etroits sont les vaisseaux

Amants, ô tard venus parmi les marbres et les bronzes, dans l’allongement des premiers feux du soir,Amants qui vous taisiez au sein des foules étrangères,Vous témoignerez aussi ce soir en l’honneur de la Mer :

I… Etroits sont les vaisseaux, étroite notre couche.Immense l’étendue des eaux, plus vaste notre empireAux chambres closes du désir.
Entre l’Eté, qui vient de mer. A la mer seule, nous dironsQuels étrangers nous fûmes aux fêtes de la Ville, et quel astre montant des fêtes sous-marinesS’en vint un soir, sur notre couche, flairer la couche du divin.
En vain la terre proche nous trace sa frontière. Une même vague par le monde, une même vague depuis TroieRoule sa hanche jusqu’à nous. Au très grand large loin de nous fut imprimé jadis ce souffle…Et la rumeur un soir fut grande dans les chambres : la mort elle-même, à son de conques, ne s’y ferait point entendre !Aimez, ô couples, les vaisseaux ; et la mer haute dans les chambres !La terre un soir pleure ses dieux, et l’homme chasse aux bêtes rousses ; les villes s’usent, les femmes songent…Qu’il y ait toujours à notre porteCette aube immense appelée mer – élite d’ailes et levée d’armes, amour et mer de même lit, amour et mer au même lit –et ce dialogue encore dans les chambres :
II1 –… Amour, amour, qui tiens si haut le cri de ma naissance, qu’il est de mer en marche vers l’Amante ! Vigne foulée sur toutes grèves, bienfait d’écume en toute chair, et chant de bulles sur les sables… Hommage, hommage à la Vivacité divine !Toi, l’homme avide, me dévêts : maître plus calme qu’à son bord le maître du navire. Et tant de toile se défait, il n’est plus femme qu’agréée. S’ouvre l’Eté, qui vit de mer. Et mon cœur t’ouvre femme plus fraîche que l’eau verte : semence et sève de douceur, l’acide avec le lait mêlé, le sel avec le sang très vif, et l’or et l’iode, et la saveur aussi du cuivre et son principe d’amertume – toute la mer en moi portée comme dans l’urne maternelle…Et sur la grève de mon corps l’homme né de mer s’est allongé. Qu’il rafraîchisse son visage à même la source sous les sables ; et se réjouisse sur mon aire, comme le dieu tatoué de fougère mâle… Mon amour, as-tu soif ? Je suis femme à tes lèvres plus neuve que la soif. Et mon visage entre tes mains comme aux mains fraîches du naufrage, ah ! qu’il te soit dans la nuit chaude fraîcheur d’amande et saveur d’aube, et connaissance première du fruit sur la rive étrangère.J’ai rêvé, l’autre soir, d’îles plus vertes que le songe… Et les navigateurs descendent au rivage en quête d’une eau bleue ; ils voient – c’est le reflux – le lit refait des sables ruisselants : la mer arborescente y laisse, s’enlisant, ces pures empreintes capillaires, comme de grandes palmes suppliciées, de grandes filles extasiées qu’elle couche en larmes dans leurs pagnes et dans leurs tresses dénouées.Et ce sont là figuration du songe. Mais toi l’homme au front droit, couché dans la réalité du songe, tu bois à même la bouche ronde, et sais son revêtement punique : chair de grenade, et cœur d’oponce, figue d’Afrique et fruit d’Asie… Fruits de la femme, ô mon amour, sont plus que fruits de mer : de moi non peinte ni parée, reçois les arrhes de l’Eté de mer…

2 –… Au cœur de l’homme, solitude. Etrange l’homme, sans rivage, près de la femme, riveraine. Et mer moi-même à ton orient, comme à ton sable d’or mêlé, que j’aille encore et tarde, sur ta rive, dans le déroulement très lent de tes anneaux d’argile – femme qui se fait et se défait avec la vague qui l’engendre…Et toi plus chaste d’être plus nue, de tes seules mains vêtue, tu n’es point Vierge des grands fonds, Victoire de bronze ou de pierre blanche que l’on ramène, avec l’amphore, dans les grands mailles chargées d’algues des tâcherons de mer ; mais chair de femme à mon visage, chaleur de femme sous mon flair, et femme qu’éclaire son arôme comme la flamme de feu rose entre les doigts mi-joints.Et comme le sel est dans le blé, la mer en toi dans son principe, la chose en toi qui fut de mer, t’a fait ce goût de femme heureuse et qu’on approche… Et ton visage est renversé, ta bouche est fruit à consommer, à fond de barque, dans la nuit. Libre mon souffle sur ta gorge, et la montée, de toutes parts, des nappes du désir, comme aux marées de lune proche, lorsque la terre femelle s’ouvre à la mer salace et souple, ornée de bulles, jusqu’en ses mares, ses maremmes, et la mer haute dans l’herbage fait son bruit de noria, la nuit est pleine d’éclosions…Ô mon amour au goût de mer, que d’autres paissent loin de mer l’églogue au fond des vallons clos – menthes, mélisse et mélilot, tiédeurs d’alysse et d’origan – et l’un y parle d’abeillage et l’autre y traite d’agnelage, et la brebis feutrée baise la terre au bas des murs de pollen noir. Dans le temps où les pêches se nouent, et les liens sont triés pour la vigne, moi j’ai tranché le nœud de chanvre qui tient la coque sur son ber, à son berceau de bois. Et mon amour est sur les mers ! et ma brûlure est sur les mers !…Etroits sont les vaisseaux, étroite l’alliance ; et plus étroite ta mesure, ô corps fidèle de l’Amante… Et qu’est ce corps lui-même, qu’image et forme du navire ? nacelle et nave, et nef votive, jusqu’en son ouverture médiane ; instruit en forme de carène, et sur ses courbes façonné, ployant le double arceau d’ivoire au vœu des courbes nées de mer… Les assembleurs de coques, en tout temps, ont eut cette façon de lier la quille au jeu des couples et varangues.Vaisseau, mon beau vaisseau, qui cède sur ses couples et porte la charge d’une nuit d’homme, tu m’es vaisseau qui porte roses. Tu romps sur l’eau chaîne d’offrandes. Et nous voici, contre la mort, sur les chemins d’acanthes noires de la mer écarlate… Immense l’aube appelée mer, immense l’étendue des eaux, et sur la terre faite songe à nos confins violets, toute la houle au loin qui lève et se couronne d’hyacinthes comme un peuple d’amants !Il n’est d’usurpation plus haute qu’au vaisseau de l’amour.

CARAVANSERAIL


CARAVANSERAIL

Il avait tellement plu sur Acre qu’entre les arcades de ce caravansérail, l’eau s’était installée, chassant bêtes et hommes.

Un charroi se présenta à l’une des portes, charretier debout, faisant claquer son fouet pour encourager le cheval à traverser, d’un seul élan, l’esplanade noyée. De la rotation des roues, jaillissaient des gerbes Uquides qui provoquaient, à leur tour, l’hilarité du conducteur.



Parvenue de l’autre côté, la charrette continua vers la forteresse, pour y livrer son chargement: fruits et légumes frais qui, peut-être, sauraient atténuer le scorbut et la dysenterie dont souffraient les chevaliers d’Occident venus déUvrer le Saint-Sépulcre.

Bien trempées les épées ; solides les hauberts ; mais Templiers, HospitaUers et Teutoniques, derrière leurs fortes murailles, sentaient leurs dents se déchausser, leurs ventres se vider, ad majorent Dei gloriam.

Là-bas, dans Jérusalem, Saladin, sultan d’Egypte, attendait la venue des preux en suçant, distraitement, un citron.

Jean Orizet

AVANT QUE LA REFLEXION RAMENE LA MECHANCETE


AVANT QUE LA REFLEXION RAMENE LA MECHANCETE

La rave de vivre c’est pas mon truc

A voir la gueule que leur fait ce Lundi je me dis que la mauvaise foi qui les anime est un péril qui est passé à côté de Nostradamus

La bile ça rime pas avec il était une foi

Quand on veut tuer son chien …

Viens mon loup qu’on se promène.

Niala-Loisobleu – 4 Janvier 2021

LE CHEMIN VERS L’AUTRE


LE CHEMIN VERS L’AUTRE

twitter sharing button
pinterest sharing button

Le chemin vers l’autre
Se poursuit
Les pas porteurs
D’amitié fraternelle
Avancent sincères

Le sourire aux lèvres
Et l’esprit confiant
Lieu d’une hospitalité
Séculaire

De la rose du temps
Qui nous est imparti
Exhale
Un instant à l’abri
De l’indifférence
Comme une lumière
À l’ombre du destin

Peu importent les paysages
Ici on ne voyage qu’entre
Un visage et un autre visage
Un visage vêtu de son sourire
L’autre ruisselant de larmes

Peu importe la destination
Seule compte
L’inaccessible quête
Qu’on accepte
Dans son inachèvement

Ici on fait le chemin
Vers l’autre
En complice volontaire
Ou on ferme à jamais
Les yeux et le cœur.

Maria Zaki

Extrait de:  Le chemin vers l’autre