ALAIN BASHUNG – VENUS


ALAIN BASHUNG – VENUS

Alain Bashung

Là un dard venimeux
Là un socle trompeur
Plus loin
Une souche à demi-trempée
Dans un liquide saumâtre
Plein de décoctions d’acide…
Qui vous rongerait les os
Et puis…
L’inévitable clairière amie
Vaste, accueillante
Les fruits à portée de main
Et les délices divers
Dissimulés dans les entrailles d’une canopée
Plus haut que les nues…Elle est née des caprices
Elle est née des caprices
Pommes d’or, peches de diamant
Pommes d’or, peches de diamant
Des cerises qui rosissaient ou grossissaient
Lorsque deux doigts s’en emparaient
Et leurs feuilles enveloppantes
La pluie et la rosée
La pluie et la roséeToutes ces choses avec lesquelles
Il était bon d’aller
Guidé par une étoile
Peut-etre celle-là
Première à éclairer la nuit
Première à éclairer la nuit
Première à éclairer la nuit
Vénus
Vénus
VénusLà un dard venimeux
Là un socle trompeur
Plus loinUne souche à demi-trempée
Dans un liquide saumâtre et d’acide…
Probablement qui vous rongerait les os
Et puis les fruits à portée de main
Et les délices divers
Dissimulés dans les entrailles d’une canopéeElle est née des caprices
Elle est née des caprices
Pommes d’or, peches de diamant
Pommes d’or, peches de diamant
Et ces cerises qui grossissaient lorsque…La pluie et la rosée
Toutes ces choses
Guidées par une étoile
Guidées par une étoile
Première à éclairer la nuit
Vénus
Vénus
Vénus
VénusElle est née des caprices
Elle est née des caprices
Pommes d’or, peches de diamant
Pommes d’or, peches de diamant
Et ces cerises qui grossissaient lorsque…La pluie et la rosée
Toutes ces choses
Guidées par une étoile
Guidées par une étoile
Première à éclairer la nuit
Vénus
Vénus
Vénus
Vénus

ECHOS


ECHOS

A mains prises l’herbe céleste essorée sève le mammifère taurin

entends les trompettes debout sur les gradins

elles poussent la porte du grand alambic du bouilleur de fleurs

un fou-volant qui défie le bûcher en manifestant son enfance sur le banc d’une vieillesse insolente

Par le nombril de Gaïa les percussions tendent leur peau-peinte pendant qu’on lance à l’eau la profondeur de tes mots poétiques

Champagne

voici les bulles de nos cellules heureuses de toucher la paille

Nous vivrons sans masques

seulement nus

dans l’écho-total d’un absolu jardiné sans séparation organique.

Niala-Loisobleu – 27 Décembre 2020

A TOUCHER


Le goût de ton encre sur toute la langue, la tempête est contrainte de rendre la lumière

Rester naturel exorte le pore à étendre l’aromate contre la fadeur

J’ai l’odeur de vos cartes postales au bain d’un Noël dans la cheminée à l’amble

J’affirme un soleil tenu au cœur de la terre pour venir te l’apporter Ain de t’en laisser seule gardienne

Je veux l’empreinte de tes pieds sales dans l’écorce de mon cerisier..:

Niala-Loisobleu – 27 Décembre 2020

LES POÈMES QUE J’AI VÉCUS DANS TON CORPS


LES POÈMES QUE J’AI VÉCUS DANS TON CORPS

Les poèmes que j’ai vécus dans ton corps en silence
me redemanderont leur voix un jour, quand tu partiras.

Mais je n’aurai plus de voix pour les dire.
Parce que toi, tu avais toujours l’habitude
de marcher pieds nus dans les chambres,
puis tu te pelotonnais dans le lit,
petite boule de plumes, de soie et de flamme sauvage.

Tu croisais les mains autour de tes genoux,
laissant en évidence, par provocation,
tes plantes de pied roses et poussiéreuses.

Il faut que tu te souviennes de moi comme ça — me disais-tu;
il faut que tu te souviennes de moi comme ça avec mes pieds sales;
avec mes cheveux tombant dans les yeux
— parce que comme ça je te vois plus profondément.

Alors comment ne pas rester sans voix.
Jamais la Poésie n’a marché ainsi
sous les pommiers en fleur immaculés d’aucun paradis.

Yannis Ritsos

ABORDS TEMPÊTUEUX, TIRE UN BORD


ABORDS TEMPÊTUEUX, TIRE UN BORD

La côte hérissée cogne aux abords tout au long de la plage

tiens-toi à l’abri d’un jour paisible

dans le fond ce sera faire comme d’habitude autrement que ce qu’on t’impose

Le temps qui fait grincer les girouettes ne laisse rien que du vent

et aussi étonnant que ça paraisse il y a plus intéressant à faire en nid vers…

Niala-Loisobleu – 27 Décembre 2020