ANNE SYLVESTRE – JUSTE UNE FEMME


JUSTE UNE FEMME

Petit monsieur, petit costard, petite bedaine
Petite saleté dans le regard, petite fredaine
Petite poussée dans les coins, sourire salace
Petites ventouses au bout des mains comme des limaces
Petite crasse

Il y peut rien si elles ont des seins
Quoi, il est pas un assassin
Il veut simplement apprécier c’que la nature met sous son nez

[Refrain]
Mais c’est pas grave, c’est juste une femme
C’est juste une femme à saloper
Juste une femme à dévaluer
J’pense pas qu’on doive s’en inquiéter
C’est pas un drame, c’est juste une femme

Petit ami, petit patron, petite pointure
Petit pouvoir, petit chefaillon, petite ordure
Petit voisin, petit professeur, mains baladeuses
Petit curé, petit docteur, paroles visqueuses
Entremetteuses

Il y peut rien si ça l’excite
Et qu’est-ce qu’elle a cette hypocrite ?
Elle devrait se sentir flattée qu’on s’intéresse à sa beauté

[Refrain]
Mais c’est pas grave, c’est juste une femme
C’est juste une femme à humilier
Juste une femme à dilapider
J’pense pas qu’on doive s’en offusquer
C’est pas un drame, c’est juste une femme

Petit mari, petit soupçon, petite incartade
Petite plaisanterie de salon, petite rigolade
Fermer les yeux, on n’a rien vu, petite souffrance
Et trembler qu’une fois de plus il recommence
Inconvenance

Quoi si on peut plus plaisanter
On n’a plus qu’à s’la faire couper
Non c’est vrai, il est pas un monstre
Et c’est l’épouse qui prend la honte

[Refrain]
Mais c’est pas grave, c’est juste une femme
C’est juste une femme à bafouer
Juste une femme à désespérer
J’pense pas qu’on doive s’en séparer
C’est pas un drame, c’est juste une femme

Mais dès qu’une femme, messieurs mesdames
Est traitée comme un paillasson
Et quelle que soit la façon
Quelle que soit la femme
Dites-vous qu’il y a mort d’âme
C’est pas un drame, juste des femmes.

TU ONDES


TU ONDES

Du centre au bord ton onde propage

Lune poussant l’autre

Génération spontanée de l’iris

Où ne passe que le ciel clair d’un éteint global

Et au sein d’un silence avaloir

Le battement de tes allées-et-venues passe étalant une couleur vive de tous ses poils

La vie est admirable

Le canard glisse comme de l’eau sur ses plumes en un jeu de miroirs.

Niala-Loisobleu – 19 Décembre 2020

TOUJOURS L’AMOUR


TOUJOURS L’AMOUR

Sous les lueurs des plantes rares

les joues roses des cerisiers

les diamants de la distance

Et les perles dont elle se pare

Sous les lustres des flaques tièdes

A travers la campagne hachée

A travers les sommeils tranchés

A travers l’eau et les ornières

les pelouses des cimetières

A travers toi

Au bout du monde

Le monde couru pas à pas

Ton amour sous la roue du soir

A peine la force de ce geste de désespoir

A peine l’eau ridée sur le cours de ton sein

Contre le parapet fragile du destin

J’aime ces flocons blancs de la pensée perdue

dans le vent de l’hiver et le printemps mordu

Mon esprit délivré de ces chaînes anciennes

Et que la rouille a dénouées

Pour me serrer plus fort aujourd’hui dans les tiennes.

Pierre Reverdy

DOUCEUR MISE DANS LE PANIER DE CRABE


DOUCEUR MISE DANS LE PANIER DE CRABE

J’en pince

raison suffisante pour pas me laisser prendre

par un dérangement n’ayant rien de commun avec mon ressenti

Le temps peut choisir le côté pourri et nous le contraire

rien qu’à voir l’arrondi de tes seins comment pourrai-je désirer la ligne brisée d’un désaccord

Faisons-nous tout courbe pour lover le bon côté du jour

Comme quoi un nuage peut offrir plus davantage qu’un équarrissage

C’est sourire que je te dis bon jour ma Barbara !

Niala-Loisobleu – 19 Décembre 2020