SERGE REGGIANI – PRIMEVERE


SERGE REGGIANI – PRIMEVERE

C’est un bourgeon, c’est un bouton
C’est pas plus haut qu’un quart de taon
Qu’un frisson sur ma peau
Mais ça renferme en miniature
Toute l’ambition de la nature
De la graine au copeau
Ca pousse calme, prend son temps
Pour exploser dès le printemps

Dans un immense crI
Dans l’écho libre, dans mon sang


Qui font de moi un renaissant avril
Et je fleurisPrimevere, après le grand sommeil
Le soleil grand ouvert
Primevere, la vie sur une tige
Fait la bise à l’hiver
Dans le repli d’une corolle
Dans la cambrure d’un pétale
Ces musiques et paroles
Du grand absent des cathédrales
Primevere, je sais bien que tu meurs
Ma rumeur éphémère
Primevere, je sais bien que tu mange
Joliment la lumière
Mais les nuits de janvier
Enneige les calendriers
L’univers fait l’amour
Prépare l’éternel retourJe suis muguet, je suis lilas
La vie me tue, la vie est là
Qui nargue mon destin
Ma prisonnière, mon infidèle
Je désespère l’hirondelle
Arrive ce matin
Mon moindre soupir est un chant
J’ai l’âme en friche dans un champs
Si riche de moissons
Que tout un univers de blé
Ne pourra jamais ressembler
L’espoir est ma chansonPrimevere après le grand sommeil
Le soleil grand ouvert
Primevere, la vie sur une tige
Fait la bise à l’hiver
Dans le repli d’une corolle
Dans la cambrure d’un pétale
Ces musiques et paroles
Du grand absent des cathédrales
Primevere, je sais bien que tu meurs
Ma rumeur éphémère
Primevere, je sais bien que tu mange
Joliment la lumière
Mais les nuits de janvier
Enneige les calendriers
L’univers fait l’amour
Prépare l’éternel retourPrimevere, primevere

A CETTE CHAISE D’IMAGE EVOCATRICE


A CETTE CHAISE D’IMAGE EVOCATRICE

La pensée assise sur cette chaise

au gré du chat qui y saute

les yeux étirent un temps qui traîne

émoi sur les mots écrits je tourne ma couleur vive

où l’encre tient comme une mouette qui crie en va-et-vient…

les trous laissent passer une foule de gestes de vie partagée dans l’absence de fumée

Niala-Loisobleu – – 18 Décembre2020

J’AI TROQUE L’AVENUE POUR CE REMPART D’ARBRES


J’AI TROQUE L’AVENUE POUR CE REMPART D’ARBRES

Tu connais le chien pour son caractère semblable au mien

aussi quand je l’ai vu prendre la sortie de ville me suis-je mis la truffe à sa trace

Nous sommes arrivés à une hauteur sous-plafond dépassant la demeure seigneuriale, une seule fenêtre sans limite ne retenait pas une vue à l’oeil tournant, les deux arbres étant chacun la salle commune et la chambre au pied du jardin. Avec juste les légumes qu’on préfère. Déjà salés par la mer accolée

Le chien est sans égal pour construire

Il fait du beau à partir d’un simple je t’aime plein l’échafaudage

Alors j’ai roulé notre bonheur dans le tapis où ton corps s’exprime en toute nudité

Plein d’oiseaux tournent

L’enfant s’est reconnu dans sa simplicité pleine de connaissance et a promis de redormir rassuré

La trêve de garderie libère l’instinct de conservation autrement plus efficacement qu’avec des gestes barrières, c’est la vraie libération dans une passe tellement encombrée que du coup la pompe est repartie

T’as vu le chien il est tout bleu !

Il a même dévissé les fausses ailes de la mécanique infernale pour redonner autonomie au volant.

Niala-Loisobleu – 18 Décembre 2020

TONTE D’AMERS


TONTE D’AMERS

Ce fut tout l’aspect paisible qui émergea en impression lorsque le troupeau quittant l’étable prit le chemin du pâturage

A part la ligne des derniers lampadaires en sortie du village on entendait plus qu’on y voyait sans que rien au contraire n’alarme le balancement des vaches

Et moi devant la marée montante je ne voyais qu’oiseaux joyeux à l’idée de laisser la blouse au vestiaire pour un tant

D’ailleurs ta peau n’avait rien de résigné

Tu partais en étant déjà de retour laissant le masque sans regret

A l’entrée du pré sur une table le pâtre avait posé les colchiques dont il avait nettoyé tes yeux pour n’entendre qu’un soleil à marcher en chantant.

Niala-Loisobleu – 18 Décembre 2020