CARTE-POSTALE


CARTE-POSTALE

Saut de tes mots au titre qui m’embrasse

Tu as posé le palet au bon numéro

Tu me dis Vous

Pour mieux te faire sentir dans l’eau où je nage

Fleur animale te voilà contre

Plus serrée que l’écaille

Au gouvernail du grandir ensemble

Poussés m’aime herbe

L’un dans l’autre

Niala-Loisobleu – 17 Décembre 2020

OVALE DE TON CHEMIN


OVALE DE TON CHEMIN

Foison de verticales à l’orée qui peigne pour le ruban

dans les je veux

Tombe le poids mammaire entre prenant

L’oiseau boutonne l’absence d’arête de ta hanche

A sa branche

Au repli du tunnel du cordon laissé marqué par la nage

Arrivée en archipel de l’anémone en bouquet coralien

Quel manteau de cheminées s’ensuit

Mousse d’écume à la plante des pieds d’un autre jour solaire

C’est Noël

Niala-Loisobleu – – 17 Décembre 2020

D’YEUX A LA BOUCHE


D’YEUX A LA BOUCHE

Rosi cet air gris gonfle à la veine

Taire les mots pour dire la vue

Comme d’une rigole de Chaume faire un verger en attente au rendez-vous

Il y a de fortes côtes qui montent en grinçant et des qui penchent en tobogan

Plutôt qu’un mot de vase en bouquet

Te fleuris d’une main qui cherche l’assurance que seul l’amour donne quand la mauvaise eau s’est infiltrée

A l’embarcadère de rivière où la barque est prête

Que cette impression capitale traverse par le milieu des seins pour la moelle épinière.

Niala-Loisobleu – 17 Décembre 2020

Chanson de la Danseuse – Colette


Chanson de la Danseuse – Colette

 
Ô toi qui me nommes danseuse, sache, aujourd’hui, que je n’ai pas appris à danser. Tu m’as rencontrée petite et joueuse, dansant sur la route et chassant devant moi mon ombre bleue. Je virais comme une abeille, et le pollen d’une poussière blonde poudrait mes pieds et mes cheveux couleur de chemin…Tu m’as vue revenir de la fontaine, berçant l’amphore au creux de ma hanche tandis que l’eau, au rythme de mon pas, sautait sur ma tunique en larmes rondes, en serpents d’argent, en courtes fusées et frisées qui montaient, glacées, jusqu’à ma joue…Je marchais lente, sérieuse, mais tu nommais mon pas une danse. Tu ne regardais pas mon visage, mais tu suivais le mouvement de mes genoux, le balancement de ma taille, tu lisais sur le sable la forme de mes talons nus, l’empreinte de mes doigts écartés, que tu comparais à celle de cinq perles inégales…Tu m’as dit: « Cueille ces fleurs, poursuis ce papillon… » car tu nommais ma course une danse, et chaque révérence de mon corps penché sur les oeillets de pourpre, et le geste, à chaque fleur recommencé, de rejeter sur mon épaule une écharpe glissante…Dans ta maison, seule entre toi et la flamme haute d’une lampe, tu m’as dit: « ¡Danse! » et je n’ai pas dansé.Mais nue dans tes bras, liée à ton lit par le ruban de feu du plaisir, tu m’as pourtant nommée danseuse, à voir bondir sous ma peau, de ma gorge renversée à mes pieds recourbés, la volupté inévitable…Lasse, j’ai renoué mes cheveux, et tu les regardais, dociles, s’enrouler à mon front comme un serpent que charme la flûte…J’ai quitté ta maison durant tu murmurais: « La plus belle de tes danses, ce n’est pas quand tu accours, haletante, pleine d’un désir irrité et tourmentant déjà, sur le chemin, l’agrafe de ta robe… C’est quand tu t’éloignes de moi, calmée et les genoux fléchissants, et qu’en t’éloignant tu me regardes, le menton sur l’épaule…Ton corps se souvient de moi, oscille et hésite, tes hanches me regrettent et tes reins me remercient…Tu me regardes, la tête tournée, tandis que tes pieds divinateurs tâtent et choisissent leur route… »Tu t’en vas, toujours plus petite et fardée par le soleil couchant, jusqu’à n’être plus, en haut de la pente, toute mince dans ta robe orangée, qu’une flamme droite, que danse imperceptiblement… »Si tu ne me quitte pas, je m’en irai, dansant, vers ma tombe blanche.D’une danse involontaire et chaque jour ralentie, je saluerai la lumière qui me fit belle et qui me vit aimée.Une dernière danse tragique me mettra aux prises avec la mort, mais je ne lutterai que pour succomber avec grâce.Que les dieux m’accordent une chute harmonieuse, les bras joints au-dessus de mon front, une jambe pliée et l’autre étendue, comme prête à franchir, d’un bond léger, le seuil noir du royaume des ombres…Tu me nommes danseuse, et pourtant je ne sais pas danser..

VOIX DE L’ÂME


VOIX DE L’ÂME

Le frisson de la pierre transperce de cette tessiture qui ne marche que dressée de toute sa flèche

et sans autre poussée que l’onde irréversible qui lui court l’intestin

Par la fenêtre des narines en double-façade les poumons tournés manche-à-air sur le pont suivent l’oiseau parti au-devant pour éclairer le manque de souffle

Comment se peut-il que l’on donne le sentiment d’avoir pris le chemin tordu dans un ciel aussi vaste ?

C’est sur lui que l’oreille se tend pour lancer l’ancre, pas sur le fond glissant d’un sable sans roche

L’épreuve du manque vide la vapeur jusqu’à l’impossible recours de la voile privée de ressort

L’oeuf est plein

Tout tavelé de soleil

On ne peut rien en séparer

Ecoute la voix de l’arbre transmettre la vie par l’organe du vent.

Niala-Loisobleu – 17 Décembre 2020