Révolu.



« Je pleure sans raison que je pourrais vous dire, c’est comme une peine qui me traverse, il faut bien que quelqu’un pleure, c’est comme si c’était moi. » M. D.

Révolu.

13 DÉCEMBRE 2020tags: Au grand caféCharles TrenetNotions de base (Král)Petr Král

On sort un samedi matin, tard levé on se glisse parmi les tranches horaires avec la douce imprécision que permet, seule, la plus disponible des matinées ; on ne rejoint les vivants ‒ comme de travers ‒ qu’en s’accoudant au comptoir d’un bistro, pour commander un café qu’on boira en suivant distraitement, dehors, le ressac flou de la rue. Se laisser alors lancer à sa propre rencontre par le liquide chaud, soudain précis, qui coule sur la langue et dans la gorge avec un reste de nuit ‒ c’est accomplir, malgré la désinvolture, un juste acte de présence, au cœur même du vague.
Petr Král (1941-2020). Notions de base, Flammarion, DL 2005, ISBN 2-08-068827-8, page 15.

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Charles Trenet (1913-2001) | Le grand café. Charles Trenet, paroles & musique.
Charles Trenet, chant ; accompagnement d’orchestre ; Guy Luypaerts, direction.
France, 1960.

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LE BATEAU EN PAPIER


LE BATEAU EN PAPIER

Un jour j’ai voulu moi aussi voyager
J’avais un bateau, en papier !

Sans savoir comment bien faire
J’ai pris mon élan,
Je suis parti dans les vagues du grand océan

Quelle folie ! Le Soleil me regardait bien inquiet
En voulant m’aider, de son rayon bienveillant
Essayant de sécher
Mon bateau qui commençait à prendre de l’eau
Par la calle, par la proue, par la poupe,
Et c’est beau
Car au moment tragique, cet ultime moment !
Ma Dernière Chance…
Ce fut le Vent !

Le Vent…
Il me prit dans ses bras m’emportant vers le Ciel
Dans mon bateau volant (car toujours bien léger)
Où j’avais commencé à écrire quelques mots
Pour faire rire les étoiles… en voyant mon bateau

Ephémère, téméraire, si joyeux par moments
Déchiré par la mer, la pluie, le vent
Parchemin illusoire pour écrire ces mots
Quand on croit, qu’on est Tout,
Le plus fort des bateaux…

Et le Ciel nous regarde, et parfois il sourit
Et il nous prend dans ses bras,
Et nous faire croire… qu’on vit !
Qu’on vole, qu’on navigue, qu’on est éternels
A écrire des poèmes… sur ces bateaux, dans le ciel.

Jacques Aadlov-Devers