NE TUONS PAS LA BEAUTE DU MONDE – DIANE DUFRESNE


NE TUONS PAS LA BEAUTE DU MONDE – DIANE DUFRESNE

Hymne à la beauté du monde

Ne tuons pas la beauté du monde
Ne tuons pas la beauté du monde
Ne tuons pas la beauté du monde
Chaque fleur, chaque arbre que l’on tue
Revient nous tuer à son tour
Ne tuons pas la beauté du monde
Ne tuons pas le chant des oiseaux
Ne tuons pas le bleu du jour
Ne tuons pas la beauté du monde
Ne tuons pas la beauté du monde
Ne tuons pas la beauté du monde
La dernière chance de la terre
C’est maintenant qu’elle se joue
Ne tuons pas la beauté du monde
Faisons de la terre un grand jardin
Pour ceux qui viendront après nous
Après nous
Ne tuons pas la beauté du monde
La dernière chance de la terre
C’est maintenant qu’elle se joue
Ne tuons pas la beauté du monde
Faisons de la terre un grand jardin
Pour ceux qui viendront après nous
Après nous

REGARDE TOUJOURS DEVANT MON ALAIN (REPRISE 2013)


REGARDE TOUJOURS DEVANT MON ALAIN (2013)

J’as les yeux d’arrière temps de forêts de mas qui alpillent, que pas un poil de ma barbe (neuf d’une poussée récente), n’est hors de la proue.

J’aime pas parler de moi J’aime pas les compliments

Alors aujourd’hui si je suis content c’est parce que rétrospectivement me r’voilà à Paris en 1954

Ma première expo

Et coule la scène

quai de Verneuil

rase paille mon Parno

regarde toujours devant mon Alain

Des ports fument d’estomac tordus

des trous aux semelles des rues des bosses aux front de la bataille

des regards accusateurs on a pas idée d’avoir pas entré aux PTT

la bohême c’est que de l’art ménien

bah c’est plus courageux que la banque route

C’est tout là avec des giclées de sang plein les yeux

pas facile de laisser des amours au bord de la route

pour ne suivre que le seul qui soit que d’amour plein

Vous connaissez Niala ? Alors, accourez voir « D’hier à aujourd’hui », l’exposition rétrospective autour de l’oeuvre de l’artiste : vous serez surpris. Vous découvrirez le cheminement d’ Alain vers Niala, le parcours d’un peintre amoureux de la vie et de son pays. Vous partagerez sa traversée sensuelle et dramatique d’événements qui ont fait ou bousculé son quotidien – et parfois le nôtre – ces quarante dernières années. Mais surtout, vous approcherez avec bonheur le parcours poétique d’un artiste ancré dans la réalité, vivant près de chez nous, collectionné à l’étranger et que l’on connaît à peine …

En savoir plus sur Niala : http://www.niala-galeries.com

Je ferme les yeux pas de morts, que des vivants

pas de lâcheté, que de la pugnacité

Alors j’as fier sans gêne de brosse à reluire

Simplement parce que pour vous tous je n’ai que de l’espoir

Cet espoir de vous donner la fibre d’aimer

Elle est du bleu de tes yeux ma Muse

Niala-Loisobleu

19 Octobre 2013

Alain Oulman • Eu não tinha (Retrato)


Alain Oulman – Cecilia Mereiles • Eu não tinha (Retrato)


« Je pleure sans raison que je pourrais vous dire, c’est comme une peine qui me traverse, il faut bien que quelqu’un pleure, c’est comme si c’était moi. » M. D.

Alain Oulman – Cecilia Meireles • Eu não tinha (Retrato)

11 DÉCEMBRE 2020tags: Alain OulmanAmália RodriguesCecília MeirelesEu não tinha (Retrato)Retrato (Cecília Meireles)

Eu não tinha este rosto de hoje,
assim calmo, assim triste, assim magro,
nem estes olhos tão vazios,
nem o lábio amargo.
[…]
— Em que espelho ficou perdida
a minha face?
Cecília Meireles (1901-1964). Retrato, extrait du recueil Viagem (1939).

Je n’avais pas ce visage d’aujourd’hui,
aussi calme, aussi triste, aussi maigre,
ni ces yeux tellement vides,
ni cette lèvre amère.
[…]
— Dans quel miroir s’est égaré
mon visage ?

………

Alain Oulman (1928-1990) • Eu não tinha (Retrato). Poème de Cecília Meireles ; Alain Oulman, musique.
Alain Oulman, chant & piano. Enregistré au domicile d’Amália Rodrigues, Lisbonne, 1970.
Extrait de l’album Ensaios : 1970 / Amália Rodrigues. Portugal : Valentim de Carvalho, ℗ 2020.

………

Quel dommage qu’Alain Oulman (1928-1990) ait eu besoin d’Amália Rodrigues pour chanter ses compositions ! On l’entend dans cet enregistrement exceptionnel, la voix est fragile, timide, réduite à l’os, comme murmurée sur la Lune, dans le blanc de la silice et de la pierre ponce, sous un ciel noir inerte. Mais l’interprétation est d’une justesse poignante, rendant ce Eu não tinha (« Je n’avais pas ») déchirant. La captation a été réalisée en 1970 sur un simple magnétophone, à Lisbonne, rue de São Bento, dans la maison jaune d’Amália, à qui il présentait cette nouvelle composition en s’accompagnant au piano. Il ne cherche pas à « chanter » vraiment, juste à donner une idée de ce qui pourrait devenir un fado.

Le poème est de Cecília Meireles (1901-1964), née et morte à Rio de Janeiro, et se nomme en réalité Retrato (« Portrait »). D’elle, sur des musiques d’Alain Oulman, Amália a déjà enregistré en 1969 Naufrágio (« Naufrage ») et As mãos que trago (« Ces mains que j’ai »), parus sur l’album Com que voz (1970). Nul doute qu’elle transfigurerait Eu não tinha. Mais on ne sait pas, on ne connaît pas, on n’a aucune trace d’un quelconque enregistrement d’elle chantant ce fado-là, pas même une répétition, un premier tâtonnement, rien. Du moins rien n’est-il disponible actuellement.

Cet enregistrement est publié dans un double album étonnant, publié aujourd’hui 11 décembre, intitulé Ensaios 1970 (« Répétitions 1970 »), qui rassemble des captations de séances de travail d’Amália Rodrigues, réalisées soit en studio soit au domicile de la chanteuse, ainsi que des séries de prises successives en studio (jusqu’à 10 versions pour Rosa vermelha !). On y trouve aussi plusieurs plages — parmi lesquelles Eu não tinha — consacrées à Alain Oulman présentant de nouvelles compositions et, parfois, les faisant répéter pour la première fois à Amália. L’entreprise paraît risquée, mais ce matin, quelques heures après son lancement, l’album était déjà en rupture de stock sur le site de la Fnac portugaise.

………

Eu não tinha este rosto de hoje,
assim calmo, assim triste, assim magro,
nem estes olhos tão vazios,
nem o lábio amargo.
 
Je n’avais pas ce visage d’aujourd’hui,
aussi calme, aussi triste, aussi maigre,
ni ces yeux tellement vides,
ni cette lèvre amère.
Eu não tinha estas mãos sem força,
tão paradas e frias e mortas;
eu não tinha este coração
que nem se mostra.
 
Je n’avais pas ces mains sans force,
si inertes, froides et mortes ;
je n’avais pas ce cœur
qui n’ose se montrer.
Eu não dei por esta mudança,
tão simples, tão certa, tão fácil:
— Em que espelho ficou perdida
a minha face?
 
Je n’ai pas vu s’accomplir ce changement,
si simple, si assuré, si facile :
— Dans quel miroir s’est égaré
mon visage ?
… 
Cecília Meireles (1901-1964). Retrato, extrait du recueil Viagem (1939).Cecília Meireles (1901-1964). Portrait, traduit de Retrato, extrait du recueil Viagem (1939), par L. & L.

……Oui bien dommage d’avoir eu besoin d’Amalia Rodrigues pour chanter ses chansons

Voilà qui m’oblige à faire une exception et à la mettre pour un fado, chose que je ne fais jamais.

Non pas qu’elle n’en soit pas une des meilleures interprètes, mais parce que son rapport avec la dictature passe devant son talent….D’ailleurs la Révolution des Oeillets n’a pas manqué de le faire ressortir….Une raison majeure de pleurer avec raison. Merci Camarade !

Niala-Loisobleu – 11 Décembre 2020

EN TRAIN QUI ROULE


EN TRAIN QUI ROULE

Départ de St-Lazare

impression bord de scène

Monet Monet

l’entrain roule vers la Normandie

que des paumes

et la mer repoussant les falaises sur roulement de galets

Par la portière du couloir la joue goûte au pressoir

les premières chaumes sortiront du tunnel

Laitières sous les arbres

l’oiseau sur la crinière du cheval en gravure sur bois.

Niala-Loisobleu – 11 Décembre 2020

TRESSAGE D’ATTENTES


TRESSAGE D’ATTENTES

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C’est un provençal qui rêvait de pluies normandes

A l’ombre de vieux imprudents sublimes

Dans les pérégrinations des solitaires en convoi

Entre la précipitation et le délai

A l’écoute du sensible aux aguets du balbutié

Dans les investigations des laboratoires en détresse

Entre la lenteur et l’explosion

Astronome chroniqueur enlumineur éclairagiste

Dans les révolutions des pays en exil

Entre le paraphe et le commentaire

Calligraphe parodiste portraitiste météorologue

Trouvant le germe où d’autres n’avaient fouillé que des tombes

Entre l’aspersion et la bibliographie

glossateur artisan jardinier constructeur

Trouvant le dialogue où d’autres n’avaient prévu que la joute

C’est un écrivain qui transcrit les peintures pour la rumeur

Patient fouineur aventurier organisateur

Trouvant le passage où d’autres n’avaient bâti que des chicanes

C’est un peintre qui interroge les écrivains sur les peintres

Au fil du foyer au coeur de la marge

Trouvant l’oeil ou d’autres n’avaient cherché que des échos

C’est un parisien se baignant dans des pépites d’Italie

Au soleil de jeunes mémoires imperturbables

Dans les multiplications des imaginations de l’amour.

Michel Butor