ORDINAIRE -DIANE DUFRESNE ET ROBERT CHARLEBOIS


ORDINAIRE -DIANE DUFRESNE ET ROBERT CHARLEBOIS

Je suis un gars ben ordinaire
Des fois j’ai plus le goût de rien faire
Je fumerais du pot, je boirais de la bière
Je ferais de la musique
Avec le gros Pierre
Mais faut que je pense à ma carrière
Je suis un chanteur populaire

Vous voulez que je sois un Dieu
Si vous saviez comme je me sens vieux
Je peux plus dormir, chui trop nerveux
Quand je chante, ça va un peu mieux
Mais ce métier-là, c’est dangereux
Plus on en donne plus le monde en veut

Quand je serai fini pis dans la rue
Mon gros public je l’aurai plus
C’est là que je me retrouverai tout nu
Le jour où moi, j’en pourrai plus
Y en aura d’autres, plus jeunes, plus fous
Pour faire danser les boogaloos

J’aime mon prochain, j’aime mon public
Tout ce que je veux c’est que ça clique
Je me fous pas mal des critiques
Ce sont des ratés sympathiques
Chui pas un clown psychédélique
Ma vie à moi c’est la musique

Si je chante c’est pour qu’on m’entende
Quand je crie c’est pour me défendre
J’aimerais bien me faire comprendre
Je voudrais faire le tour de la terre
Avant de mourir et qu’on m’enterre
Voir de quoi le reste du monde à l’air

Autour de moi il y a la guerre
Le peur, la faim et la misère
Je voudrais qu’on soit tous des frères
C’est pour ça qu’on est sur la terre
Chui pas un chanteur populaire
Je suis rien qu’un gars ben ordinaire
Ordinaire, ordinaire, ordinaire

COURS DE RE-CREATION


COURS DE RE-CREATION

Passé la voûte et la loge de la concierge, l’escalier principal garde le bruit de l’attelage des chevaux avant d’atteindre la cour intérieure et la remise à poubelles

BLANC ET NOIR

Comment vivre ailleurs que près de ce grand arbre blanc de cette lampe

Le vieillard a jeté une à une ses dents d’ivoire
A quoi bon continuer à mordre ces enfants qui ne meurent jamais
Le vieillard

Les dents

Cependant ce n’était pas le même rêve et quand il s’est imaginé qu’il était aussi grand que
Dieu lui-même il a changé sa religion et quitté sa vieille chambre noire

Puis il acheta de nouvelles cravates et une armoire
Mais maintenant sa tête aussi blanche que l’arbre n’est plus en effet qu’une misérable petite boule au bas des marches

De loin la boule remue
Il y a un chien à côté et dans sa forme
De loin quand il remue on ne sait plus si c’est la boule.

Pierre Reverdy

Le lapin que le grand-père vient d’écorcher lâche ses intestins comme le livre s’ouvre avant la fin

La porte de la remise s’ouvre et laisse d’abord sortir le morceau de calcaire tombé du mur

l’enfant le prend, trace la marelle au sol

la petite-fille avance en sautant à la corde

sans que les pigeons ne cessent de les entourer

Le rideau qui a bougé aux étages n’a rien caché de la scène et vient de laisser passer le sourire de Gaïa avant de retomber

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Niala-Loisobleu – 8 Décembre 2020

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MOTS DE BRANCHE


MOTS DE BRANCHE

Grand tour le coq garé

il y a du soleil qui chante sur la voie roulante dégagée

Reverdy en toute confiance me ramène dans son Bleu Passé

par la voix de ce moineau qui se penche

pour boire aux couleurs dévissées sur la palette

autour du copeau des crayons taillés

Perles de Diane comme bulles de vivre en collier de nage sans brassards

où s’estompe le miroir de la Gorgone

Il y a toujours dans la lune la colonne où apprendre.

Niala-Loisobleu – 8 Décembre 2020

BLEU PASSÉ

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Les mains ouvertes sur la poitrine nue — cette lueur sur le papier déteint, c’est une image.
Il y a, derrière, une route qui monte et un arbre qui penche trop, une croix et une autre rangée de branches qui penchent.
La pierre des marches s’incline aussi et ce sont des gouttes d’eau qui coulent entre les lignes.
La tache qui est au milieu n’est pas une tête

— c’est peut-être un trou.
Un regard oblique pique le ciel et soutient le trou, la tête.
Personne ne parle

— personne ne parle d’autrefois.
Car plusieurs amis sont là qui se regardent.

Pierre Reverdy