L’ENFANT DE LA LUMIÈRE PAR DIANE DUFRESNE


 

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L’ENFANT DE LA LUMIÈRE PAR DIANE DUFRESNE

Un cri d’amour dans l’univers

Je mets les voiles sous d’autres voiles
J’y suis, je suis loin des étoiles

Voilà, j’existe face à moi-même
Je suis l’enfant de la lumière
Couché sur toi, entre tes mains
Fais-moi un jardin sur ton sein

On me bouscule, sans préambule
Dans le tourbillon où je ne suis qu’une bulle
Loin des étoiles si loin des étoiles
Je suis là depuis quelques heures
Et on veut m’insuffler la peur

Arrête les boniments
Arrête tu n’es qu’un enfant, tu n’as pas le choix
Tu apprendras nos lois, celles de te mettre au pas
Pas le choix
Tu n’es qu’un maillon de la chaîne
Rien qu’un de plus dans le système
Pas le choix
Tu feras ce qu’on te dit de faire
Ne dépasse jamais les barrières
N’oublie jamais que t’es de la poussière

Je suis moitié dieu et moitié terre
L’impossible n’est plus un critère
Tous vos joujoux vous font la guerre
La souffrance n’est pas nécessaire

Je deviens beau si je grandis
Au jour le jour à l’infini
L’éternité aura tout son temps
Il y’a du vent dans les voiles
Pour de la poussière mais poussière d’étoile

Arrête tes raisonnements
Arrête t’es qu’un adolescent tu n’as pas le choix
Tu connais bien nos lois, celles de te mettre au pas
Pas le choix
Tout est en place faut que tu t’y fasses
Tu changeras rien face à la masse
Pas le choix
Tu n’es qu’un chiffre sur une liste
Rien qu’un zombie qui vit sa vie
Pour devenir de la poussière

Je ne suis pas une de plus dans le système
Maillon de la chaîne
Un de plus dans le système

Vous m’enfermez à double tour
Je ferai tout avec amour
Passionnément jusqu’au néant
Je suis l’enfant de la lumière
Une poussière, poussière d’étoile

Pourquoi chercher la lune
Quand on a les étoiles
A qui de droit

Je plaide non coupable
Je suis pas responsable de tous vos ennuis
Je n’étais pas à table quand tu t’es servi
J’en connais assez pour me protéger
D’un détournement majeur

ENTRE TIEN EMOI 130


ENTRE TIEN EMOI 130

C’est un arbre ventriloque connu de tous au village et pas plus loin que les panneaux Michelin., qui en marquent l’entrée et la sortie. Dire comme ce qu’il disait restait entre nous. A vrai dire cette intime restriction était née du peu d’intérêt marqué par l’alentour et de la totale incompréhension des audacieux qui likaient (une mode qui avant le virus annonçait l’imminence de la Covid 19, qui finirait par couper tout rapport entre les gens). Le bois cache les fourmis sous ses cheveux, pourtant elles sont là, confinement ou pas une fourmi ça sort et ça change rien au travail. C’est encore l’homme qui va les priver de ses miettes dans l’évolution du virus. Je regarde la table de ferme qui s’allonge de tout son long, au-dessus de sa tête les immortelles pendent aux poutres entre les saucisses et les jambons, les oignons et le panier à salade. A part une cage tout y est. on a rien ajouter et surtout rien enlevé de ce qui fait qu’on vit. Sûr que le chien aimerait pas. J’ose pas imaginer sa réaction si on privait les chaises de tes culottes, il aime qu’on garde sa nourriture comme un enfant qui a besoin d’un vieux vêtement percé pour se réconforter. Justement l’arbre c’est ça qu’il raconte, la charpente de la vie. Ce qui l’osse, la vertèbre. Séparer les individus c’est installer le néant dans l’oubli que chaque histoire débute à nager dans un ventre. Naît cette relation qui échappe aux hommes d’Etat: l’Amour Majuscule. Et ça va loin parce que tenir la main d’un vieux tout fripé ça lui repasse son film, les bons passages puisqu’on oublie à tort où à raison les mauvais. C’est pour mieux mourir je pense. Jusqu’à la dernière des fripouilles que la famille accompagne. Enfin je dis bien la famille au sens étymologique du vrai sentiment. Intérêts mis à parts. Donc je continue, l’arbre vient s’asseoir en bout de table. L’enfant dernier sur ses genoux. Le chien entre ses jambes, queue fouettant. Les femmes l’entourent en premier rang. La Mère versant à boire des embruns aux hommes à la manoeuvre. L’odeur qui ramasse les choses comme y faut sur soi chauffe toute la pièce jusqu’à la terrasse qu’elle remplit d’oiseaux. Et sans bruit les essences se rapprochent pour la canopée. Ah ce fût comme avant. Veillé le mort, on chanta et festoya toute la nuit. En m’éveillant j’ai senti ta chaleur comme seule savent faire les vies qui veulent continuer. Alors je m’ai dit faut que j’aille chez le coiffeur pour l’honorer ce beau matin. Tu sais la suite comment ça a fini de se poursuivre.

Niala-Loisobleu – 5 Décembre 2020