AU BOUT QUE J’ESPERE


AU BOUT QUE J’ESPERE

Du beau naît

du bon naît

tu Nesles trop poli teint pour être honnête

je me souviens comment entre deux stations on apprenait à lire

DU BEAU DU BON DUBONNET

mais jusqu’à l’école qui se spécialise dans la fumisterie ça peut difficilement déboucher

Du pays que je suis, ailleurs depuis le départ, je continue la rame comme toujours on l’a fait ensemble Anne, bien que visionnaires ça change pas le lambda de sortir de l’embuscade. A croire que ça le fouette vu comme il y fonce. Ton côté féministe, le bon, celui que je défends sang pour sang, regarde jusqu’où ça dérape avec le génie lesbien. Alice ô merveille, le bébé dans le Coffin. Moi j’ai l’air de quoi avec mon côté Androgyne- In Temporalibus 1983 ?

Bof allez tire-moi la langue je te ferai mon pied de né faune, rires…

Ce que nous aurons vécu au départ de vraies souffrances aura valu autrement que ce qui attend la livraison des prochaines cigognes

Le Beau ça commence majuscule et ça décramponne pas

Les seins de marbre qui tombent sont de chair grouillante, ils se cavalent pas comme la gélatine du pâté de lapin d’élevage et puis l’épopée qu’il y a dans les rides a du pur-sang dans les curies

Restons jusqu’à la fin visionnaires

Tant pis pour eux…

Bon voyage Anne.

Niala-Loisobleu – 1er Décembre 2020

AH L’AMOUR, L’AMOUR !


AH L’AMOUR, L’AMOUR !

L’amour c’est sale, ça fait désordre
Quand ça nous donne envie de mordre
Dans les fruits sans les éplucher
Ça nous oblige à trébucher
Sur les beaux animaux qui passent
Un sourire idiot sur la face

T’es jeune, t’es belle, t’es pas méchante
Et en plus t’es intelligente
Mais faut qu’j’te dise
Que tu m’épuises
J’veux pas de gondole à Venise

[Refrain]
Ah l’amour, l’amour, l’amour, l’amour !
Toujours est de plus en plus court
Ah l’amour, l’amour, l’amour, l’amour !
Toujours est de plus en plus lourd

L’amour c’est gros et c’est pas propre
Ça s’exaspère et ça galope
Ça se mouche dans des billets doux
Ça patauge, ça fait des remous
Et ça promet, ça se parjure
Ça collectionne les bavures

T’es vieux, t’as un gros nez, du ventre
Tes cheveux suivent la mauvaise pente
Mais tu m’épates
Mais tu m’éclates
Avec toi je me fends la rate

[Refrain]
Ah l’amour, l’amour, l’amour, l’amour !
Toujours est de plus en plus court
Ah l’amour, l’amour, l’amour, l’amour !
Toujours est de plus en plus lourd

L’amour ça n’a rien de convenable
Ça met les coudes sur la table
Ça oublie tout, ça perd ses clés
Ça s’en va du mauvais côté
Ça couche, mais ça dit pas je t’aime
Les mots, ça lui pose un problème

T’es vieille, t’es grosse, et puis t’es moche
Mais des sous, t’en as plein les poches
Faut qu’on s’arrange
Qu’est-ce que ça change ?
Après tout on n’est pas des anges

[Refrain]
Ah l’amour, l’amour, l’amour, l’amour !
Toujours est de plus en plus court
Ah l’amour, l’amour, l’amour, l’amour !
Toujours est de plus en plus lourd

Mais l’amour c’est un mille-feuilles
Un pissenlit quand on le cueille
On peut bien l’envoyer promener
Avec du sucre sur le nez
Il revient couvert de paillettes
Un oranger dans sa braguette

T’es beau, t’es belle, tu m’entourloupes
Que j’sois damnée si je te loupe
Tu m’ensorcelles
C’est pas nickel
Mais on peut croire au Père Noël

[Refrain]
Ah l’amour, l’amour, l’amour, l’amour !
Toujours est de plus en plus court
Ah l’amour, l’amour, l’amour, l’amour !
Toujours est de plus en plus lourd.

Anne Sylvestre

Anne Sylvestre, figure visionnaire de la chanson, est morte


La mer fait des vagues à saute-mouton
La mer fait des blagues aux poissons
Quand elle se fracasse pour m’éclabousser
Moi je bois la tasse trop salée

La mer se fait douce quand elle veut jouer
Rien qu’un peu de mousse à mes pieds
Elle est si gentille que je peux nager
Et ses gouttes brillent sur mon nez

Quand la mer se fâche et fait le gros dos
Il faut qu’on attache les bateaux
Quand la mer se creuse, elle fait des bonds
Mais elle est heureuse pour de bon

La mer fait des vagues à saute-mouton
La mer fait des blagues aux poissons
Et s’il faut attendre qu’elle soit calmée
C’est qu’il faut la prendre comme elle est

C’est qu’il faut comprendre qu’elle fait ce qui lui plaît.

Anne Sylvestre, figure visionnaire de la chanson, est morte

Anne Sylvestre.
Anne Sylvestre.Olivier Metzger pour Télérama

Ses “Fabulettes” poétiques ont marqué des générations d’enfants. Mais Anne Sylvestre était aussi une autrice pionnière, dont les textes pour adultes, injustement méconnus, sont parmi les plus beaux du répertoire français. Nous l’avions rencontrée en août 2017, alors qu’elle se préparait à fêter soixante ans de carrière. La grande dame de la chanson française est morte lundi 30 novembre, à l’âge de 86 ans.

Une jeune femme vient de lui sourire. Sans rien dire. Mais avec dans les yeux une joyeuse reconnaissance. « Voilà ce qui arrive dans la rue : des gens m’offrent leur sourire. C’est joli. » Ceux-là, c’est sûr, ont écouté son œuvre. Pas seulement ses Fabulettes pour enfants mais aussi ses chansons pour adultes. Ils savent combien elles sont précieuses. Pour qui connaît le répertoire français, le nom d’Anne Sylvestre égale ceux de Brassens, Brel, ­Barbara, Ferré, Trenet. On ne le dit pas assez ? Si seulement les radios et les télés avaient daigné diffuser ses chansons, tout le monde saurait. Mais l’histoire s’est écrite autrement, et le trésor s’est partagé avec plus de discrétion, scène après scène, disque après disque.Mort d’Anne Sylvestre : “Les Gens qui doutent”,“Juste une femme”… ses dix plus grandes chansons MusiquesValérie Lehoux5 minutes à lire

Aujourd’hui, les amoureux ­d’Anne Sylvestre se retrouvent un peu partout et souvent se reconnaissent, heureux de leur connivence. Yann Moix parle d’elle comme d’une « chanteuse prodigieuse » (1). Pour rien au monde (pas même peut-être un concert de son fils), Philippe Delerm ne raterait ses passages sur scène. L’humoriste Vincent Dedienne s’enflamme pour « son langage infiniment soutenu, son incroyable capacité à faire rire et pleurer parfois dans une même phrase ». Jean-Louis ­Murat ne se lasse pas d’écouter Un mur pour pleurer. La Grande Sophie frissonne chaque fois qu’elle entend ­Carcasse, dialogue intime entre le corps et l’esprit. Anne Goscinny jure ne pas passer une journée sans qu’une de ses chansons résonne à ses oreilles – en exergue de son prochain livre, elle en ­citera même un extrait. La très branchée Fishbach se dit « profondément touchée par l’écriture de cette femme qui déteste dire qu’elle est engagée mais qui l’est complètement », et craque ­devant Ma chérie, duo entre une mère et sa fille à la résonance universelle. Sans parler des autres, connus ou pas.

Source Télérama

A MOUDRE LE CHEMIN – PAUL ELUARD


A MOUDRE LE CHEMIN – PAUL ELUARD

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Tout entière pressée de me montrer sa nudité
Derrière la fenêtre que je guette

Dans des chambres obscures et chaudes

Dans des robes éblouissantes

Elle n’est pas pour rien d’ordinaire si secrète

Elle ne se garde pas du miroir voisin

Elle est future

Aujourd’hui de chair tamisée
Parmi des flots d’espoir
Demain de baisers incarnés
Taillés comme des diamants
Tout au fond du plaisir
Attentive malgré la nuit
Elle suit mon vœu de savoir
Et mes grands rêves innocents

Si la chanson s’éloigne
La fenêtre se ferme

Elle n’a jamais été là

J’en devine déjà une autre.

Paul Eluard

DES DEUX RIVES PONTEES A GAUCHE


DES DEUX RIVES PONTEES A GAUCHE

Pierrot perchoir

l’oiseau côté jardin chante son dévidoir de lumière

L’eau a gagné les deux bords au plus loin

l’écume ondule en drap à la fenêtre

Côté cour où l’habit losange

mandolines et six cordes grimpent en saudade les marches du palais

Que dire de mieux que laisser l’arbre taire ses feuilles au tapis

ça rappelle ta première venue , j’en ai la poitrine qui résonne plus que la manivelle du chevalet riant à La Chaume

mon rire tu te souviens

il te faisait autrement de bien que le masque en protection. La tarentelle donne un mouvement de vie à cette comédie. Je remettrai la marelle au marronnier avant le mirage des rois mages redéboule et avec le coq dans les starting-blocks. J’ai toujours de la craie dans la trousse du jardin, suffit de gratter au pied des vignes…

Niala-Loisobleu – 1er Décembre 2020