CETTE TERRE A RIDES


CETTE TERRE A RIDES

Deux oiseaux se frayant asile dans les nitrates prédateurs

au milieu de la craquelure d’ô

aquatique recherchent le diamant vers

les pôles où ils s’épanchent implantent le berger dans les toiles

Je branche le nid dans la coulure médiane de tes seins

serré dans leur étau pour la culture de langue à peau.

Niala-Loisobleu – 13 Novembre 2020

ALGO CONTIGO (QUELQUE CHOSE AVEC TOI) – RITA PAYES & ELISABETH ROMA


ALGO CONTIGO (QUELQUE CHOSE AVEC TOI) – RITA PAYES & ELISABETH ROMA

Je ne dois pas te dire
que je rêve d’avoir quelque chose avec toi
et tu ne t’es pas rendu compte
de ce que ca me coûte d’être ton amie
Je ne peux pas m’approcher de ta bouche
sans la désirer d’une folle manière
J’ai besoin de contrôler ta vie
D’être celui qui t’embrasse, et celui qui te couve.

Je ne dois pas te dire
que je rêve d’avoir quelque chose avec toi
et tu ne t’es pas rendu compte
de ce que ca me coûte d’être ton amie
Je ne peux pas continuer en épiant
Nuit et jour ta venue, en cherchant
je ne sais pas avec quelle excuse
Pour passer par chez toi
Il me reste peu de voies
Et même si ça peux sembler être une folie
je ne voudrais pas mourir sans avoir
Quelque chose avec toi

Je ne peux pas continuer en épiant
Nuit et jour ta venue, en cherchant
je ne sais pas avec quelle excuse pour passer par chez toi
Il me reste peu de voies
Et même si ça peux sembler être une folie
je ne voudrais pas mourir sans avoir
Quelque chose avec toi

Il me reste peu de voies
Et même si ça peux sembler être une folie
je ne voudrais pas mourir sans avoir
Quelque chose avec toi
Quelque chose avec toi
Quelque chose avec toi

MA QUÊTE


MA QUÊTE

Remonter les pieds du cul-de-jatte à l’échelle couchée

l’avoine au cheval éventré de Guernica, l’huile à la lampe vacillante du jour sans

cette larme de terre que l’ocre patine remise à l’essieu du clin malicieux

en corps aux doigts fatigués de ramer ne laisser de la chaîne que l’esprit de succession libéré de galère

puis à la goutte épuisée de l’âne qui n’en peut plus de tourner la noria des seins secs remplir les sauts de vigueur

aussi d’oiseaux lacustres ajoutés, border le caniveau du tari

et quant à Nous

chanter d’un arbre à l’autre de l’allée en apprenant à l’enfant où il peut vouloir aller en dehors de toute servitude…

Niala-Loisobleu – 13 Novembre 2020

ENTRE METS ET NE DIS PAS


ENTRE METS ET NE DIS PAS

Nous voici de l’autre côté d’us et coutumes périmés. Pas encore initiés aux prochains. Face à une non-réponse sur l’ensemble, dans une complexité totalement paradoxale. Par la fenêtre le temps t’apparaît prêt à pleuvoir dans une magnifique étendue de soleil. Le roi qui a choisi le Premier-Ministre idoine pour cette crise est lui-même dépassé. Le temps est aux déclarations non-plus d’intention mais de maintien avec un ballon-captif de Noêl largué sur les festivités. Foie gras et vue sur montagne enneigée, restos où repas à la consigne, chocolats fourré ou chocolat tout court pour tout l’monde, p’t’être ben qu’oui, p’t’être ben qu’non. Le masque devient Iznogoud (de garde ou du jet.)

Ah le Pavé Mosaïque, voilà qui inspire Mélenchon qui en sait quelque chose d’avant « Ordo Ab Chao », au point qu’il se gratte en fonction du nombre de signatures. Le miroir au double-visage de la mauvaise fée , voilà qu’il trône à la tête du flagrant dés lits d’adultère. Et demande à l’amerloque de t’expliquer le résultat, ça m’intéresse de comprendre. le développement actuel du calife. Le fantôme de Pierre Dac me visite, faut dire que je suis barbu. Et que la phobie du poil que j’ignore complètement pourrait sévir en après-rasage de bombe puante. Aussi je surveille mes yeux pour qu’ils tiennent, je veux te voir bien nette et sans manque d’attributs. Le jardin, tu l’inspires par réflexe, est dans la folie. On va peut-être avoir des cerises plusieurs fois dans l’année, l’herbe est à tondre en automne. Je sais c’est pas ça qui dérangerait. Le problème se posera sur le moyen qui restera de s’acheter la tondeuse. Si on peut laisser la piscine découverte…Quoi qu’il se passe on n’y coupera pas.

Niala Loisobleu – 13 Novembre 2020

IMPROVISATIONS SUR UN CHIFFRAGE HARMONIQUE. IN MEMORIAM IGOR STRAVINSKY (FRAGMENTS)



IMPROVISATIONS SUR UN CHIFFRAGE HARMONIQUE. IN MEMORIAM IGOR STRAVINSKY (FRAGMENTS)

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II. ANDANTE

1.
tout ce que tu cherches se cherche en même temps que toi
jusqu’à ce que les chemins se dépouillent
en cascades silencieuses
sur le côté lunaire de l’être

tout ce que tu vois se voit en même temps que toi
jusqu’à ce que la pluie de regards dessine
des sens robustes
avec un aveuglement si frais

tout ce que tu entends s’entend en même temps que toi
jusqu’à ce qu‘un tourbillon d’oreilles
te submerge la tête
meurtrie par le silence

tout ce que tu effleures s’effleure en même temps que toi
jusqu’à ce que la peau en fébrile concentration tactile
recouvre le sens des mots
de plaies luminescentes

tout ce que tu sens s’inhale en même temps que toi
jusqu’à ce qu’ une forêt de lilas
explose dans tes narines
attentives

2.
tonnerre de mai
jeune fille dans la baignoire remplie
de la rosée d’une forêt de lilas

3.
je ne peux plus toucher les muscles argentés
du verbe “être“
– saut blanc comme la foudre d’été
à deux syllabes –
et Ton nom coagule mes mains
dans une page sans contours
maintenant au – delà et uniquement

tu m’as donné un cheval
mot aux machoires allongées
tatouage cinétique des collines
mais son corps a éparpillé
ses voyelles éthérées et chaudes

je voyais une muraille de lettres au levant
et les nuages tournoyant
au dessus de rues d’écume

4.
entre les lignes d’univers du cri
reste la nuit comme des flammes invisibles sur la ville
tu te retournes vers le brouillard de soie
flottant sur le dos d’un cheval

et ta moitié gauche est faite de rosée
qui dégouline sur le pays innocent
à l’architecture montante
du nom des amoureux

des lignes du cri prend forme
le moulage du visage reverbéré
dans les rues remplies d’une mousse d’échos

et dans l’ombre rougeâtre du pont
ay l’ombre de calcaire
qui encercle ton être

5.
elle était une image en transe
c’était le mot et la radiographie du mutisme
le masque rempli de rêve
personne dans personne dans personne

elle était si belle
son corps traversé par la pensée de l’univers
comme un poème qui courbe son temps
dans le devenir du sens

elle était un enfer d’innocence
et j’entendais que l ‘ombre de son visage se retire
dans les miriades de
flashes sensitifs des mains

une caresse c’était bien un acte cosmique
elle était presque rien
et pourtant et pourtant
le son de l’épiderme dévorait toute la laideur des murs

6.
quand je l’embrassais
le lit de lilas blanc
coulait vers les nuages

7.
ceci est ma demeure
l’immense étendue d’un nom
terrasse à l’ombre craquelée
à la hauteur du coeur

j’y suis rêvé par le plasma sonore
aux mains tranchées dans le rêve
les lignes de la destinée coulent sur la page qui transpire
un regard permanent écorché aux yeux

rien à faire
les mouvements sont enfermés dans les axiomes des cobayes
les mots exhalent des trains volatiles
vers une gare aux départs suspendus

8.
usée par les vieux paysages
la terre jaune atomisée de textes
tremble rideau fluide dans la chambre
répétant le froissement des feuilles l’automne

ta bouche pulsar calligraphié dans le clair –obscur
mélodieux
la voyelle infinie du nom
qui sépare ton corps de l’aurore

il n’y a plus de présent
rien que la trace d’un passage
la comète qui ouvre le angle des choses
dans un océan de trajectoires historiques

comment peut –on arrêter la métastase de l’illusion
maladie qui fait enfler ton regard et tes mains
ville écrasant des routes cachées dans le sang des enfants

ce n’est qu’en entendant tes pas à travers les images
que j’essaie d’interrompre le cours de la réalité
par des constructions de langage
de toute façon l’imagination n’est pas un mur
à travers les mots poreux
pénètrent les gracieuses tiges des vannes pneumatiques

les pétales au parfum abstrait des ventilateurs
l’arc – en – ciel de l’huile
la rivière magique de la matière
les grands champs de calcul
l’air bétonné de bruits vapeur vibrations

le coeur n’a pas la couleur de la nature

Constantin Severin

Traduit en français par Elena Brânduşa Steiciuc et Jean François DuclosExtrait de:   »Improvisations sur un chiffrage harmonique. In memoriam Igor Stravinsky », publiee par Levure litteraire no.2/2011

AUX DELICES DU BAIN


AUX DELICES DU BAIN

Dans l’onde où je te suis, chatoyante Lybie
Je vois des nénuphars luttant pour leur survie
J’en prends vite grand soin car je suis jardinier
Si ton corps sculptural veut bien patienter…

Dans l’onde où je te suis, envoûtante Livia
Des narcisses rompus aux rythmes aquatiques
Dégagent des parfums aux accents jojobas
J’en perds de ma vigueur si caractéristique…

Dans l’état où je suis, très impropre au coït
La baignoire pour trois me paraît bien petite
Narcisses, nénuphars, semblent trop à l’étroit
Et maudissent en chœur les Lybie, les Livia.

J.M. Raynaud