Rockstars du Moyen Âge par Francis Cabrel


 Rockstars du Moyen Âge par Francis Cabrel

Y’a pas de langues anciennes
C’est la même toujours
Pour dire les mêmes peines
Jurer les mêmes amours
C’est écrit dans vos pages
En mieux et bien avant nous
Rockstars del Media d’Atge
S’endavalèm de vos

Vous c’est un trait de plume
C’est le pas des chevaux
C’est chanter à vos Dames
Tout ce qu’il y a de plus beau
Leurs âmes et leurs visages
Loin au-dessus de tout
Rockstars del Media d’Atge

S’endavalèm de vos

La fille à la fenêtre
Qui chante les yeux clos
Cherche à se reconnaitre
Dans chacun de vos mots
Ça vaut bien d’avantage
Que le plus lourd bijou
Rockstars del Media d’Atge
S’endavalèm de vos

Avec pour seule armure
La peau d’un tambourin
Sous la hauteurs des murs
Sous le balcon éteint
Où la Belle est en cage
Et sans amant jaloux
Rockstars del Media d’Atge

S’endavalèm de vos

La filha a son fenestron
Canta los uèlhs barrats
E dins cada cançon
Espera se trobar
Aquò val fòrça mai
Rockstars du Moyen Age
Nous descendons de vous

Jaufré Rudel, Guillaume
Bernard de Ventadour
Pèire, Bertran de Born
Cent autres troubadours
On veille à l’héritage
Guitares autour du cou
Rockstars del Media d’Atge
S’endavalèm de vos

FERRAGE D’ARTERES


D

FERRAGE D’ARTERES

Dans la pénombre de circonstance d’un confinement la case pour l’allée cavalière étant passée par maille, le cheval rongeait son frein en coloriant un mandala pour une position amoureuse suggérée par la cellule psychologique veillant sur la crise. Recommander de sortir son humeur plusieurs fois par jour amène à refondre l’état d’esprit ludique mis à l’épreuve. C’est vrai entre le suicide ou se pisser dessus c’est pas mieux que regarder la télé où écouter les princes se nettoyer la Cour. La scène se passe dans l’atelier, devant la Chaume déserte. Je trempe ma main gauche dans une grosse chique de Jaune de Chrome Moyen et l’étale sur un lin de 73×60. La secousse est immédiate, je tremble de tout mon corps. Le choc déclenche le départ des billes je suis un jute-box, je m’allume et cogne en ruant. Voyant quoi elle grimpe la balançoire. Un premier tour et offert et les autres gratuits, on se retrouve comme deux mômes qui ont gardé l’âge de vivre. Entre deux caresses on épingle un Avis d’Appel à la grève avec plus de motifs de préserver la santé. Il était temps. On devenait sans pores d’attaches embarqués à la dérive d’une abstinence fondamentale.

Niala-Loisobleu – 6 Novembre 2020

PEDESTREMENT


PEDESTREMENT

A pied jusqu’à mi-cuisses sautant la vague à me suivre

en me tenant par l’envie

nous franchîmes le chapeau de l’ennui qui salue sans le moindre goût

ce moment propice aux étouffements pandémiques

nos peaux de bêtes se mordant au galop dans la horde lâchée sur la steppe

Niala-Loisobleu – 6 Novembre 2020

ATTELAGE


Niala

ATTELAGE

A travers l’orée je sangle l’harnais accroché à ta longue criniere. Un vol de goélands passe en escadrille dans le sillage de la queue ondoyante. Du Rocher où se dresse la balise un veilleur guette les nouvelles sur le tracé de ta ligne de vie en me coupant ta paume en quartiers. L’odeur animale que le roulis de ta croupe déverse le long du passage redresse la végétation piétinée. Le renard s’imagine entré en basse-cour et la belette ne fait rien pour l’en dissuader. Voilà de quoi contrebalancer les fausses-nouvelles qui viennent de partout. Au galbe de tes seins la preuve tombe en tournoyant. J’apaise mes inquiétudes en decouvrant ton regard dans le virage de l’étreinte…

Niala-Loisobleu – 6 Novembre 2020


L’ÊTRE A L’EPREUVE DE LA « TOTONOMIE »

L’ÊTRE A L’EPREUVE DE LA « TOTONOMIE »

Je rentre dans le ciel bleu
D’où chutent les circulations lentes
Du soleil
Que n’apprivoisent pas celles
Plombées mais galopantes
Des véhicules en proie
A de vertigineuses
Courses
Vers des horizons serrés
Par des ailleurs
Improbables
Pour un temps apparemment libéré
Du travail – mais
Qui convoie
A l’oubli de l’hier

Mais se retrouver hors des ombres
Conduit combien d’hommes
A ne rien voir
Des variations de la lumière
Qui pourraient rythmer
Pour eux
Une passe lente du temps

Serait-elle vraiment ailleurs
Et pour combien d’hommes fiers
De leur autonomie ?
Lignes de fuite pour échapper
Ne serait-ce qu’un jour de plus –
A la fixation par la vitesse aveugle
De l’intime et secrète vie
De leurs désirs

Non ! Prendre au calme soleil
Prendre à ce jeu d’ombres et de lumière
Glaner tranquillement sa durée
Ses formes en douces stries
Variables et musicales
Sur les murs
Secrets
Sur les fenêtres sorcières
Sur le macadam
Fiévreux
Sur les herses d’arbres dénudés

En saisir ainsi de l’inamovible
Règne courant immobile
Du travail :
L’univers des songes et laisser
Fluctuer le sauvage
Cours du monde

Ne pas tomber dans ce semblant imperturbable
Et obscur – d’une réalité dévolue
Au trafic
Mais l’oubli qui ne crie pas
Qui ne chante pas ? :
L’oubli de l’oubli
Fondu
Dans un soleil comateux de l’être
Il court vers les nids
Repus
Du laisser paraître

O Temps des vitesses qui ne s’accordent
Qu’avec la rotation à sens perdu
Fermé à tout horizon
De la ville !

O Temps de tous les paraîtres
Infirmes de leurs pensées oubliées
Vite – très vite !

Le trafic est là
Mais la totonomie se blesse
Dans les fractures
Insondables
Des cœurs
Ah ! Lancer son char comme en triomphe
Total de l’autonomie

Chaque course en vedette de soi-même
Chaque voyage charriant les nerfs
A bout de corps fendus
Dans l’enfer
Du mobile tendu
Par la soif
De la fuite
Sans rémission autre
Que l’infecte paradis
Du tout consommable

Et cela consume – paralyse
Pensée- Amour – Désir
Et cela tue le possible
Partir à jet continu
Éjaculer l’instant
Comme si c’était
A chaque fois
Le dernier soupir des dieux
Ne jamais entrevoir
Un ciel autre
Que dans la tempête intériorisée
De l’oubli de l’oubli
Pourtant … Ah ! Couper court à tout ce fictif
Devenu réalité et … :
Traverser l’instant
Jusque dans la fidélité
A l’éveil
Où demeure tout guetteur
De tout hasard
Constructif

Chercher cependant la chair des âmes
Comme si jamais elle ne devait
Scissionner
Et … Là – dans la présence au monde
Pourrait alors souffler
Aux lèvres
Le doux bruit
Du temps d’un baiser
Livré aux passades concrètes
Du désir demeuré
Désir

Mais trop attendre et juste vouloir
Sauter dans la jouissance
Dès que l’on vous
L’ouvre :
Cette porte – c’est se livrer
Aux promesses du trafic
Et courir tout droit
Vers la désespérance ! O Combien
Obsédante avec sa nostalgie
Des songes jamais
Réalisés que
Dans l’aboiement feutré
Du plaisir arraché
Au long désir
Pour décharner ce qui pèse :
Cette indépendance
Solaire
D’un corps demeuré corps
Dans la pensée.

Alain Minod

Au sujet de MinodAlain
Portrait de MinodAlain

A Propos

« La ville où le nulle part a lieu » Édition Librairie Galerie Racine
« La ville où le nulle part a lieu » – sous-titre : « Le proche et le lointain » Collections Poètes des Sans Continents
Éditions POLLYGLOTTEVoir la biographie et les textes de cet auteur