OPAQUE TRANSPARENCE


OPAQUE TRANSPARENCE

Le rivage râpe son écriture en se mâchant le sable, était un château où les hirondelles tenaient en lignes un printemps famélique

Quai du pauvre ayant toujours son anémone pour la circonstance

Comme une couleur-bidon sortie du nuancier l’opaque propose désormais sa lèpre pendant que dans la chambre mansardée l’étendue de l’étreinte se replie sur elle-même en cochant sa case.

A croire que l’instrument ancien qui tient le galop sauvage depuis le premier jour balbutie

Les rues se sont vidées du souffle des vitrines par application de buvard sur les lèvres prêtes à s’exprimer

Ma langue s’est mordue pour saigner

Rebattre le pouls du battement de jambes où ventre à ventre s’avance l’étincelle.

Niala-Loisobleu – 2 Novembre 2020

LA RENTREE


Chaïm Soutine

LA RENTRÉE

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L’air d’automne est si clair qu’au-dessus de la ville
On entend craquer les forêts d’Alsace et de
Lithuanie
Et passer des renards dont l’œil a la tendre sauvagerie
De ce ciel dénudé qui tremble au milieu de la rue.
Un barrage a cédé très haut dans les gorges du levant,
Libérant le bleu sans rumeur qui déborde les cheminées
Et, par la porte ouverte au cœur étouffant de septembre.
Voici le vent couleur d’averse du matin qui rentre
Avec son odeur de terrier, de bois mouillé, de gelée

blanche,
Et sa stature d’autrefois dressée comme une promesse. •Je tends les bras dans ce retour de milliers d’ailes
Vers ce qui fut promis par la cloche aiguë du collège sous

le brouillard.
Vers les anges dépossédés qui guidèrent mes pas parmi

les bogues de l’allée,
Et la gloire d’octobre à genoux dans les feuilles mortes.

Jacques Réda