EB DAVIS – WHAT YOU GONNA DO


EB DAVIS – WHAT YOU GONNA DO

Who wakes you in the morning comes,
Qui t’éveille lorsque le matin arrive,
Who calls you every late night
Qui t’appelle tard chaque nuit
Who comforts you when you’re in need,
Qui te réconforte quand tu en as besoin
Who always tries to treat you right
Qui essaie toujours de bien te traiter
Who gives you all he has to give,
Qui te donne tout ce qu’il a à donner,
Who would dedicate his heart to you
Qui te consacrerait son cœur
Who fulfills all his promises
Qui remplit toutes ses promesses
And who sees the good in you
Et qui voit le bon en toi

Tell me what you gonna do when I’m gone
Dis-moi ce que tu vas faire quand je serai parti
Oh and where your gonna go when there’s nobody home
Oh et où vas-tu aller quand il n’y a personne à la maison
And who’s gonna love you when you’re all alone
Et qui va t’aimer quand tu es toute seule

Tell me whatchya gonna do when I’m gone
Dis-moi que vas-tu faire quand je serai parti
Yeah whatchya gonna do when I’m gone
Ouais que feras-tu quand je serai parti

I just wanna know
Je veux juste savoir
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Who cries knowing you don’t care and
Qui pleure en sachant que ça t’es égal et
Who worries what the future holds
Qui s’inquiète de l’avenir
Who fears the road ahead and
Qui craint la route qui s’avance et
Who’s heart is turning into stone
Quel cœur se transforme en pierre
Who prays for your safe return
Qui prie pour ton retour sans danger
And who misses you when you’re away
Et à qui tu manques lorsque tu es loin
Who’s tired of empty promises and who’s tired of all the games you play
Qui est fatigué des vaines promesses et qui est fatigué de tous les jeux auxquels tu joues

Tell me what you gonna do when I’m gone
Dis-moi ce que tu vas faire quand je serai parti
Oh and where your gonna go when there’s nobody home
Oh et où vas-tu aller quand il n’y a personne à la maison
And who’s gonna love you when you’re all alone
Et qui va t’aimer quand tu es toute seule

Tell me whatchya gonna do when I’m gone
Dis-moi que vas-tu faire quand je serai parti
I just wanna know
Je veux juste savoir
Whatchya gonna do when I’m gone
Que feras-tu quand je serai parti

Tell me whatchya gonna do Ohh..
Dis-moi que vas-tu faire Ohh..

Tell me whatchya gonna do when I’m gone
Dis-moi que vas-tu faire quand je serai parti
Oh and where your gonna go when there’s nobody home
Oh et où vas-tu aller quand il n’y a personne à la maison
And who’s gonna love you when you’re all alone, when you’re all alone
Et qui va t’aimer quand tu es toute seule, quand tu es toute seule
Tell me whatchya gonna do when I’m gone
Dis-moi que feras-tu quand je serai parti
Oh whatchya gonna do when I’m gone
Oh que feras-tu quand je serai parti

I just wanna know, when I’m gone
Je veux juste savoir, quand je serai parti

When there’s no one home and your all alone
Lorsqu’il n’y a personne à la maison et que tu es toute seule
Will you be just be fine alone or will you cry when I’m gone
Seras-tu vraiment bien seule et pleureras-tu quand je serai parti
Wanna know wanna know
Je veux savoir, je veux savoir
Oooohhh whatchya gonna do when I’m gone
Oooohhh que vas-tu faire quand je serai parti
Tell me whatchya gonna do when I’m gone
Dis-moi que vas-tu faire quand je serai parti

LES TRAPEZISTES


LES TRAPEZISTES

Devant

juste avant

scieuse de long

à son établi

d’un mouvement du coin de l’oeil qui s’en bat jamais

elle fendit assez pour que jamais même par temps-mort la vibration ne cesse

la musique des strates qu’elle appellait ça

du bison au cheval-sauvage pas un n’en était sorti, tous là en défi à la disparition

contradictoire exception dans un milieu où tout est faux

si bien qu’en bélier ça défonce autrement que la seringue de paumé en naufrage

j’ai le rêve accolé à mon tour

ombilical au grand-chapiteau sur la place qu’on désosse goulûment de la notion de départ, telle une école mutée garderie, M. Loyal passé par les armes. La pratique de la fausse-couche pour le grand-sommeil.

Niala-Loisobleu – 30 Octobre 2020

BUFFET-GARE


BUFFET-GARE

Sur la traverse des pierres nos voies roulent en débords du quai de la mangrove sans qu’un Vendredi attende « Aux Arrivées ». Retenu par des affaires matrimoniales , le Chef-de-Gare compose avec les aiguillages un menu sur le pouce, on accepte les tickets-repas.

Les journaux du coeur seront télévisés en histoire de famille comme le veut l’évolution des moeurs. Chacun pourra avoir ses Princes à domicile (la Reine-Mère en sus pour un euro de plus). Le gros progrès irait aux pleins pouvoirs vers la sécurité pour tous en y ajoutant la chaudière gratuite moyennant un aveuglement sans limite. Au point que les chrétiens risquent d’y perdre la tête en attendant le Messie sur une ligne désaffectée. Vînt à passer un homme-sandwich, il fut nettoyé en moins de temps qu’une promesse peut-être écrite.

Toi qui te reconnaîtras à ta blouse de nurse, il faut pas que tu oublies de venir une heure avant l’ouverture pour désinfecter les bûchettes et vérifier l’état sanitaire des locaux vétustes.

Enfin, plus rien ne justifiant qu’on poursuive le développement culturel, je t’emmènerai à l’atelier pour que tu nous décolles en tapis. On ira en Cappadoce au-dessus des cheminées de fée. Là, l’art s’est fait rupestre pour immortaliser sa foi. Quoi, qu’il se passe avec la connerie humaine, on peut pas couper ça sans néantiser le monde. C’est vrai qu’on peut s’abriter autrement en allant dans son amour goûter à la profondeur de chaque chose. Et aller à semer.

Niala-Loisobleu – 30 Octobre 2020

L’EFFIGIE


Dehors la file en taxi s’était rassemblée autour du compteur pour la minute de silence. Une vieille franc-comtoise balançait le drapeau en montrant beaucoup d’excitation. Le paradoxe dépassant les bornes. A partir de ce jour les bigottes renforçaient leur chance de goûter au gorille vu que de l’Interieur en dehors des forces de l’ordre, plus personne ne pourrait sortir…

Niala-Loisobleu – 30 Octobre 2020


ACTES

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Christophe Hohler

ACTES

monte écouter par le chemin du sang après d’interminables préparatifs de repas de mariages de passions de toilettes de maison de rangement d’opinions ils se tassent les uns
à côté des autres

redresse enfin monte écouter le chef d’exode qui d’un geste les décapite ouvre l’ouïe à l’absence puis greffant une parole à leur corps les ravive

Moïse confié aux phasmes
Invente pour eux leur homologue
La ville le peuple l’histoire

Voyons l’esprit nomade allons l’accueillir
Avec honneur avec préparatifs
Sortons au-devant de lui est-ce lui

Sur le chemin tout le jour qui monte à
Damas
Sa voix reconnue comme la voix d’un autre
Alors entra ce qui était là
Les murs firent un pas en avant
Les meubles se présentèrent dans l’horloge ininterrompue

Le silence fut chez lui

Ce que ça coûte d’écrire, comme vous dites, vous ne le soupçonnez pas, le taedium, l’endurance du jeûne.
Tristesse, te voici.
Je te reconnais à la lisière de l’orage avec tes habits de
Sologne.
Oui, l’humeur vague où vous baignez je la crispe en paroles; mes yeux sur vos épaules pour vous aviser :

une certaine attention que vous n’apprîtes pas, et c’est pourquoi la sourde déception vous entoure souvent.
Ce qui au vol vous échappe, je suis là pour vous le dire — trop tard.
Il vous a échappé ceci, qui s’est posé pour moi comme une semence de platane; ceci qui fait que je peux saluer la tristesse : il y avait je ne sais quelle résignation de la
très petite fille pendant que la mer cernait cette dune avancée ; le large évacué soudain comme le mail sous l’orage, et tandis que la bouche d’un oncle retombait, un de vos
fils rejetait sa mèche en silence; il y avait l’angle de son cou et l’automne amené de force par l’océan comme un tri de taureaux camarguais; tout ce que vous ne savez pas
joindre et qui vous tourmente maintenant comme un profond parasite; ces relations rapides dont vous êtes victime; je veille, vous me trouvez silencieux.
J’appelle la circonstance porche de septembre.
Vous me trouvez taciturne, j’attends comme un serviteur d’accueillir ces lignes que vous négligez; la douleur même de mon épaule et l’oisiveté d’un enfant qui transforme, le
temps d’un dactyle, la chaux en mur lamentable; l’entrée de la mouette de dos dans le taillis de l’averse; l’éternel retour, fugitif, inattendu, des motifs dans notre cirque de
courbes, il me faut veiller sur la lampe à huile pour l’attendre tard et qu’il me trouve prêt malgré tout à remarquer le signe rapide dont il honore; vous êtes sombres
parce que vous n’avez pas su — vous en êtes innocents, et pourtant malheureux — que c’était à saisir, ce bas aparté contemporain d’un if qui se rejette, et, j’y
reviens, les deux bras silencieux de la très petite fille acceptant soudain sa mère et son père, mais la fenêtre battait, le gardien des vaches siffle, une main retombe au
premier plan, et ce geste pour chasser l’insecte, qu’on prend pour une larme, et voici la tristesse entre ses deux parois qui nous invite à traverser.
C’est à quoi je m’emploie.
La tapisserie défaite et retissée, l’étrange filet tendu pour vous mais vous ne le relevez pas, de silhouettes de contes, de rameaux en couleurs, d’alertes chez les oiseaux,
d’entrailles de jusant, de pages écorchées, d’assonances fanées qui revivent, car tout est rencontre beaucoup plus surprenante que celle d’un tesson et d’une fleur dans le
même réseau, et l’art de nos époques rejoint ce qu’il y a, la concroissance instantanée de regards et de branches, ces alignements d’amers : votre manche, le bouton noir de
la fenêtre, un cri de gibier; cette carte marine changeante : quelles hauteurs de tons différents dans le faisceau qui se défait aussitôt de nos phrases, on dit «
conversation », le vent ouvre un livre, et c’est
Pindare que la couverture recache, un avion s’enivre, la voile rouge de
Thésée double le cap de
Branec, la chanson à la mode croise la rue, les sœurs échangent des propos méchants, tristesse te voici.

Art poétique

Le corps et sa charade
Quand le vent s’enroule dans les veines
Un vivant crucifié

Le haut lui passe, un tuteur aux épaules
Ii marche pendu
Contre la pesanteur

Le nom et la chose

Disant à son fils le nom d’une fleur

(S’il n’oublie pas son premier vers le poème décline)

Liseron mais pourquoi, fragte er,

Cette fleur ne s’appelle pas blanche?

Albe liseron grimpacée

Le nom qui convient mimerait quelle genèse

Le voyage

Au pays où les hommes sont pieux

Et la lune croissante
Les morts les corbeaux les cyprès fortifient ensemble
Un argument contre l’idéalisme (j’ouvris un livre sur la déportation : celle à qui fut donné de vivre dans son tombeau ses jambes se séparaient)

L’œuvre et le nom

L’Aurige au visage d’Aurige

Doucement staring at

(toutes levées vers lui les consultantes

cerclant sa figure orbitante)

Enseignait que l’œuvre ne déçoit pas son nom

I^e poème et son espérance

Entre l’or et le ciel un grand vent

Il rendrait la justice sur la litière du bateau

Les oiseaux sans compte auguraient

Ce qu’un poète a fait

Un autre ne peut le défaire

Le mot chargé d’horreur, d’aimant
Prête son nom à ce qu’il intitule
Nef chargé de sel, de distance
Prête son nom au bateau confondu avec lui
Tandis qu’il passe en secret alliance
Avec bleu — lui déguisé en échantillon —
Ils tolèrent le commerce fructueux
De leurs homonymes pseudonymes

(Topposerais-tu, lecteur (ici tutoyé comme naguère), lecteur que les statistiques disent soupçonneux envers les vers, t’opposerais-tu à ce que nous feignions, non sans
jovialité, de distinguer entre types de poèmes?)

Poème pour (re)poser questions qu’on ne pose plus en dehors du poème, même pas la « phénoménologie », qui doit choisir ses phénomènes,..

Les chiens vont sur la terre comme nous sur le tapis

de la mosquée
Pour courir « comme eux » il faut le long métier

d’athlète «
D’un bond » l’un, s’il est distancé, un chien
Rejoint silencieusement l’autre
II n’est pas lourd
Mais simplement comme un bateau ou plutôt
La terre est une étrave et leur course la houle discrète
Que veut dire ergo la lourdeur des hommes?

Il y a aussi des histoires de famille :

Souvent quand elle ferme la porte
Ma fille rentre plus précoce
Elle porte son image devant

Comme le feu dans la férule

Visages apparentés font comprendre les masques
Un souffle de verrier creusant le plasme les promut
Vide enceint d’os la face comme la terre
Que tu t’excentres en vain pour voir
Le masque des «
Deguy » des «
Balubas »
Devant « soi » crocheté à la cimaise de l’axis

De toi tu parles à la première personne
L’eau me coulait sur la bouche
Et c’est peu supportable

Des notes prises au cours de vivisection quotidienne :

Les greniers du ciel se remplissent

La mort dans la main gisante se réveille

Les jours un fardeau de bûches
Qui disparaît par le col des épaules

Les yeux se rejettent
Avant l’os qui va suivre

Le stère du temps s’écroule
Comme un visage du
Greco

Des fables :

Traité de l’équilibre des liqueurs

Entre les paumes le vase d’air, entre les côtes
Le vase de bronches, entre les ailes ce vase,
Entre les hanches ce vase d’arachide, entre
Les ailettes ce vase d’os fin, entre les myocardes
Ce vase de sang, entre les amis ce vase de cendre

Entre les lèvres ce vase courtois, entre les oreilles ce
Vase de lignes, sur la tète cette urne bleu ciel
De sorte que si tu renverses un verre les femmes s’affolent

Des moments de nostalgie :

Fin dans les villes sur le dos
Du fleuve d’où la ville se découvre
Ovide
Lucrèce
Gœthe
Suarez
La
Renaissance la
Rhétorique
Hardes qui vêtent sur les ponts
Le cynisme qui change d’échelle
Sous l’urne bleue des restes du ciel

Des autoportraits :

C’est fait de la même manière un endroit

Rio quand vous y êtes ou
Neuville ou
Lima

Le linge de
Cusco d’églises sur la pente

Les naïades
Varig dans les agences transparentes

Le grain des bords le temps de tourner la rue

Je ne peux congédier le grand souk du transept
Il n’est fidélité dont je ne sois capable
Ici des hommes qui s’appellent
Rivière

(Quand deux poètes se font face

Il vaudrait mieux que ce fût

Deux lutteurs turcs à culotte graissée

Oiseaux du même sexe étonné

Eux s’évitent comme deux métamorphosé»)

Des moments de rêverie, portée au refrain, au blason, au souvenir :

Où la
Loire abrite
Comme un nuage
Où la carte ressemble
A la carte du tendre
Le
Loir et
Montrésor

« ô tours ô chambres ô femmes ô cavaliers ô jardins et palais »

Cette aflluence que
Tenfant doit voir
Du féminin et de son masculin
Cet échange que l’enfant doit savoir
Du masculin et de son féminin

Car la rivière est
Loir

Et le fleuve est la
Loire
Tandis que dort leur homonyme
Dans l’autre règne et dans l’autre saison

« ô tours ô chambres ô femmes ô cavaliers ô jardins et palais »

Jeanne est un synonyme

Une femme une rivière

Où s’agenouille le lavoir

Au creux de notre histoire

En cette langue patriotique où riment

Loire gloire et croire et
Loir et soir

« ô tours ô chambres ô femmes ô cavaliers ô jardins et palais

Non des fleurs ou des songes

Mais cherchant le langage de langue

Car si j’écris victoire

Ce n’est pour que vous voyiez rouge

Mais pour que vous entendiez
Loire

« ô tours ô chambres ô femmes ô cavaliers ô jardins et palais »

Et, pourquoi pas, donc, des jeux d’anagramme :

As-tu remarqué comme les bêtes tiennent leur distance?
A peine entrons-nous, elles se dérobent, reculant jusqu’aux bords : corbeaux, cervidés, chats même, ces ailes entrevues qui décroissent; de sorte que pour les voir il fallut
les lier à la maison, poissons qui détalent, bêtes évanouissantes tant que les enfants ne savent pas leurs noms et qu’ainsi, vivant sur la terre, elles demeurent
inconnues.

Le loup alors, le loup que des lunettes même ne suffisent à rapprocher, et qui se métamorphose en berger dès que nous l’encageons, le loup posé sur la lisière de
la nuit entre chien et crépuscule, le loup serait un des noms de la bête incapturable ; plutôt, il nomme l’imminence de ce qui nous frôle, la noirceur, tout près de
nous, de toute quasi présence à contre-jour; car la lampe dissipe l’ombre, mais il suffit d’un couloir, d’un resserrement, de quelque coude qui cache la vue pour que les’ enfants
pressentent son embuscade.
Et pour chacun quand il s’agit de paraître dans une identité défiant toute connaissance, à la faveur de la fête on se masque avec sa peau.
Le loup dévore son antonyme la poule blanche, ronde, étourdie ; son blason contrasté offre cette étrange figure de l’intérieur qui échappe à toute
révulsion : sa peau retournée ne le livre pas; la mort ne le menace pas.

Aujourd’hui que l’homme-loup de
Frazer ou de
Gordon pend dépecé dans les musées de l’Homme, l’enfant et le loup, l’enfant-loup en un comme le
Mino-taure, que la chronique inquiète tire parfois d’une forêt-monstre du
Dekkan, l’enfant qui surveille les bonnes versions de la fable, l’enfant-joue, l’enfant qui se change en cache et que fascine la simple irruption, pareil aux insectes qui se médusent par
leurs ocelles, l’enfant dont le cri de jeu n’est qu’une longue assonance au loup, l’enfant hou-ou, pour lui le noir est métaphore du loup, tout lieu reculé son anagramme…

Le loup de profil, figure de ce qui va surgir de tout angle, le loup en oreilles, jaloux triangulaire omni-absent comme la face cachée des choses, doublure ombreuse au verso de ces
retournements même qui cherchent à débusquer tout le non-vu et s’imaginent que l’inouï va bientôt être tiré au clair, c’est de son pas que s’approche, la
langue l’atteste, à la faveur de l’obscur tout l’envers innommable dont le secret ne peut pas être levé.

(Que le poème enveloppe une valeur de grammaire première, refondation de tropes, naissance de l’usage ou pouvoir de la langue dans ses possibilités.)

Maintenant

Elle peut venir à tout instant

«
Maintenant nous voyons en figure »

Il n’y a qu’une seule figure

La genèse est de mise :

Nous sommes dépossédés —

De la distance du génitif

Comparution
Comparaison

Maintenant elle peut paraître à tout instant

«
Cette chose formidable

Disait l’Homme-qui-rit
Une femme en son nu »
Métaphore est anagramme
D’Aphrodite anadyomène

O promise ô saisissante
Le n’-approche-pas de ton lever
Met en état le poète dessaisi
De soutenir l’apparition

«
Comme en un jour de fête »

Le poème commence fête rythmique par son ouverture ouvragée qui fait le silence, et nous aurons des mots pleins d’odeur légère…
Car un poème est une sorte d’anagramme phonique de ce « mot de lui-même » qu’il ne livre pas autrement, ce mot crypté en lui comme l’acrostiche sonore qui se cache,
cette arcature qu’il cherche en avançant comme le sourcier de sa propre source, une sorte de variation paronomastique sur son propre ton-clé qu’il fraye aveuglément à
soi-même; le poème se fait sonner pour ausculter son cristal.

Michel Deguy