CE QUI M’AGITE – ALEX SALICETI


CE QUI M’AGITE – ALEX SALICETI

« La mer apportera à chaque homme des raisons d’espérer, comme le sommeil apporte son lot de rêves. »Christophe Colomb

           Le temps me tue, l’espace me sauve.

Atteindre quelque chose de foncièrement grand, au sein même de l’intime. Quelque chose de lyrique au cœur du quotidien. Puisqu’au sein du pessimisme radical généré par le temps se niche l’infini de l’espace, qui le tempère et me fait admettre ma disparition.

Être de province, c’est être îlien ; peu importe la province et peu importe l’île.

Singularité, irréductibilité, absolu, sentiment de perte, les habitants des rivages sont souvent traversés par un mouvement pendulaire entre envie de départ et nostalgie du retour, comme si l’identité géographique ne prenait son plein sens que dans l’exil.
Et cette dialectique permet de voir ce qui déchire : l’appel du large et la quiétude du foyer,
le désir d’inconnu et la nostalgie des images familières, la soif d’aventure et la douceur du quotidien.
                                Hestia et Hermès

Porter le deuil de ce que l’on ne connaît pas, rendre compte de ce qui ne se dit pas.

Puisque les arts plastiques ont tout à voir avec la poésie, et fort peu avec la prose.
Avec « L’idée de construire un roman comme on fait un puzzle, avec de petites pièces »
             Georges Perec

Alors, faire avec

le quatre pour baliser l’espace
l‘usagé et le clinquant pour le temps
le mur en déférence à la peinture
l’horizon pour obsession
la méditerranée en héritage
le mythe et le signe comme véhicules
le départ et le retour en bandoulière
et l’immensité dans l’intime pour projet.

Mais Hermès m’a quitté et Hestia m’a viré

2020 année maudite de déluge et de feu
où tous mes enfants ont disparu

Je ne peux donc plus que présenter un projet commémoratif, virtuel mais férocement
monumental

« Allez les petits »

C’est un fait. Même pour tout passant moyennement lucide, l’Art Monumental Urbain est aux squares et aux jardins ce que le point est à la ligne : terminé, passons à autre chose. Seuls les monuments aux morts des carrefours, qu’ils soient discrets ou ostentatoires, possèdent une charge spécifiquement commémorative génériquement liée à un style totalitaire, leur conférant une incongruité frisant l’indécence, sans pour autant que leur présence défrise qui que ce soit.

C’est pourquoi, dans le souci civiquement louable de redonner à la production des œuvres monumentales tout à la fois une signification forte et une esthétique d’actualité, nous proposons une œuvre dont l’inauguration, solennelle et empreinte d’une gravité toute municipale serait ainsi relatée : « Le nouveau jardin public, en travaux depuis de longs mois, est enfin terminé… Avec à son entrée le cénotaphe dédié « AUX ENFANTS MORTS AU JEU »…Vaste monument – comme un cercueil vertical – fait de l’empilement de centaines de petits, parfois entrouverts, dans lesquels leurs images reposent. Puis, la cérémonie d’inauguration : bouteille de grenadine balançant au bout de la flèche de grue pour aller se fracasser sur l’entrouverture sommitale… Claquement sec du couvercle, suivi dans la foulée par tous les autres. « Adieu ! Adieu ! et sans rancune ! » reprend le chœur profond des parents-passants amassés, là où, à présent, le calme est à son comble et l’émotion à l’aise. 

C’est ainsi que la Quotidienneté Répétitive du Passant Anodin Certifierait la Dévotion Quiète des Présents pour les Trépassés du Futur dans la Permanence Artistique des Pompes Funéraires.

L’EPOQUE 2020/46: AUTOMNALE 3


Après les Époques 2018 et 2019, voici le quarante-sixième de cette nouvelle Époque 2020 avec BARBARA AUZOU : AUTOMNALE 3  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

L’EPOQUE 2020/46″Atomnale 3″
Niala
Acrylique s/toile 20×20

 

Un enfant erre dans son sourire

Comme on ordonne un univers

Insensé et c’est l’appel d’un fauve qui voudrait

Mordre à pleines dents l’orange frisson

Laissé par un sillage de lumière

C’est l’espoir retrouvé qui s’élance dans ses ors

Pour bercer l’automne de ce qui demeure inconsolable

Les mots prennent un goût de feux de grange

 La couleur recommencée encore dans un ciel instable

Se souvient que c’est elle qui brûle les éclisses du cœur

Et tangente l’enclos

 

Barbara Auzou.

A MON A VIE


A MON A VIE

En tirant le fil mauvais du gris je sors l’haleine vierge

dans l’écru radiographique t’apparais bien nette, pas besoin de faire croire à un bobo pour n’en tirer que du fric

L’oiseau chante bien qu’il fasse noir

la musique est bleue

comme peindre ça peut pas rester mièvre

D’une couleur qui promet rien

j’apporte à deux mains ce feu nécessaire

dehors les mous tons

Attendre toujours des autres c’est se faire leur complice

A mon à vie ton sourire est le seul indice disant ce qu’il faut suivre !!!

Niala-Loisobleu – 20 Octobre 2020