AFFLEURE


AFFLEURE

Mon écuyère à mots cas

Sur la vague roulante de mon dos

Je l’apporte

Les violons des maisons du grand jardin sanguine

Nous tiennent sur leur vague

Tous deux de m’aime couleur

Au plafond

Sous bonne garde de Marc

Niala-Loisobleu – 19 Octobre 2020

2 réflexions sur “AFFLEURE

    • TOUJOURS TOI

      Le jour a du mal de tomber dans la chambre parce que ton corps reste une lanterne sourde que rien ne peut éteindre, si ce n’est un baiser contre lequel tu te brises, le temps d’un
      regard.

      Tome la tiédeur du monde est sur ta bouche sur ta cuisse où ma main ne s’arrête pas de monter, sur tes reins où la caresse a le poids de l’or, sur tes seins qui sont
      toujours hors de l’ombre.

      Partout, le soir soude entre elles les choses mais toi, tu es là, inabordable de nudité, et seule ta chevelure se prend à la nuit qui s’illumine à vouloir la
      traverser.
      Lorsque le matin défait le drap, c’est encore sur toi que donnent mes yeux puisqu’ils ne peuvent plus voir rien autre qu’un jour qui a pris la forme de ton corps.

      JLoin des rues qui s’enchaînent les unes aux autres dans une ville dont personne ne veut sortir, nous regagnons sans heurt les chemins secs où tu te retrouves seule avec la terre et
      moi.

      Le soleil et moi, nous regardons ton visage et je me demande auquel des deux tu appartiens, mais il me suffira d’une nuit pour que tu redeviennes la barque perdue que je coule au fond d’une
      étreinte.

      Tu te serres contre moi dans l’indifférence d’un jour auquel il manque la rudesse de tes seins pour être au-dessus de la campagne banale un peu de lumière éclatée dans
      l’orage.

      Dans le bûcher sans cesse renaissant du couchant ce sont encore tes cheveux qui flambent le mieux grâce au soleil qui s’y est renversé pour que nous restions vivants toute la
      nuit.

      Tu n’en auras jamais fini de descendre l’été avec le soleil planté sur chacun de tes seins et il n’y aura plus d’hiver pour la clarté qui se lève à chaque
      étreinte de nous deux.

      Le haut de tes cuisses laisse une lueur sur l’armoire et le matin, passant par le volet, vient respirer sur ton ventre, belle eau dormante, affleurant auprès de moi sous un peu de
      lingerie.

      Des journées de ciel s’immergent dans tes ongles pour conquérir chaque pays de ton corps ensommeillé.
      Il restera dans tes jambes descellées un peu de cette ombre qui est le seul bien que je possède au monde.

      La nuit se voudra rocheuse pour ta peau, mais elle se brûlera longuement à ta bouche

      et tes tempes sans cesse germantes la feront sursauter la rejetant pour toujours hors des murs.

      A travers les vergers tu vas et tu viens sans faire bouger une feuille, sans déranger l’espace rempli d’abeilles et l’herbe se relève sur ta foulée.

      Le ciel ne pourra pas retrouver ta trace

      parce qu’il n’est plus qu’un pan de vitre

      cassé en mille morceaux dans les branches d’arbres

      qui vont jusqu’à toucher amicalement ton front.

      Nous ne pouvons nous guider dans la nuit qu’en nous tenant aux cordages de rosée tendus de plante haute en plante haute sous le regard étonné de quelques pierres s

      Dans l’air du matin mal assuré,

      notre baiser est fait de verre brisé,

      mais il remontera vite jusqu’à tes tempes

      où toute la tendresse de la terre est déposée.

      J e n’ai que mon désir pour te faire prisonnière alors que je suis lié à tes paroles et à cet amour n’ayant pour limites que celles que veut tracer la mort devant
      chaque pas qui me conduit vers toi.

      Tu jaillis de toute ta gorge dans mes rêves, tout d’un coup riants comme un village d’été.

      Je peux t’attendre ainsi des nuits entières avec ton épaule ou même tes cils pour horizon.

      Un peu de foudre veille à l’entrée de ta chair vers laquelle je viens battre comme une lame de fond et je n’ai de cesse que quand tu n’es plus pour moi qu’un passage dans une terre
      douce à en mourir.

      Là, le silence est transparent comme une vitrine et, derrière, il n’y a rien que nous à la recherche d’un univers où le dépaysement est tel

      qu’à chaque minute nous redevenons un inconnu l’un pour l’autre.

      Rien ne peut se passer dans cette pièce dont les angles taillent un univers posé autour de toi comme un rocher dont l’envers est toute tendresse

      L’oiseau qui se tait soudain meurt, transparent de soleil
      Le calcaire du champ meurt de soif il a donné sa pluie à boire aux blés

      Il faut aller au bout du couloir pour trouver un semblant de fraîcheur à goût de plâtre
      Tu passes dans la porte entr’ouverte et la clarté te poursuit jusque dans la nuit

      Depuis un siècle un ver ronge une poutre

      on l’entend mieux entre chaque battement du cœur

      il cherche sa route dans le noir du bois

      comme un aveugle dans un quartier inconnu

      Il reste très peu de poussière sur le chemin ni aucun des pas qui l’emmenaient au village pour voir les arbres s’ennuyer dans les cours ou la fontaine encastrée au creux de
      l’été

      Sur la table un peu de vin s’éclaire comme s’il était la seule chose vivante à avoir vu le soleil prendre feu dans la forêt

      Quand le soleil se pose sur la colline

      presqu’à portée de la main

      on sent en soi une pierre

      qui remonte pure jusqu’au cœur

      J’ai décharné tous les mots jusqu’aux os

      Ils n’ont plus de sens que celui que je leur accorde

      Seul le mot amour revient, inchangé,

      parce qu’il est tout de tendresse, de corps partagés.

      Des arbres ont gardé un peu de soleil couchant
      Ils sont clairs avant qu’il ne se lève et que l’herbe ne fonde dans une fenaison qui n’en finit pas de se faner

      Le chemin revient toujours sur ses pas après avoir fait le tour des champs et la source, noire d’un peu de nuit, n’a pas de peine à se remplir de soleil

      Un arbre sans visage est, seul, loin des autres avec la neige dormant à ses pieds

      et tout le vent de la plaine qui se bat dans ses branches

      On voit un peu de jour sous un pont qui ne connaît pas le chemin venant vers lui
      La terre arrive à quai sur un vaisseau qui tiendrait sur le plat de la main

      Les pierres vivent, le jour, pour un peu de clarté qui en fait des lanternes sourdes dans l’herbe qui touche au toit le long des sentiers

      Les pierres laissent monter la source elles cèdent le pas aux racines d’arbres sans pour autant oublier l’époque où elles allumaient des feux sur la terre

      Le mot, vrai, ne s’enferme plus dans la gorge

      il ouvre le cœur qui fait croire

      que tout s’est arrêté sur son battement

      c’est le moment où la joie remonte les veines

      Un insecte est fixé sur un mur qui est large comme la moitié du village
      Il reste sur un arbre un peu de rosée qui sera un deuxième été jusqu’à midi

      Debout, contre la fenêtre, nous regardons le soir

      d’où dépassent quelques feuilles claires

      avant que le soleil se couche entre nous

      pour mêler sa lueur au vieil or de notre amour.

      La source s’émeut d’un vent léger qui veut la briser jusqu’au cœur mais elle sait se faire caillou quand la tempête est dans l’arbre

      Les plaines chavirent sous le vent

      d’un pont à l’autre

      sans jamais voir une ville

      ni la source née d’une goutte d’eau

      Le miroir se fige sur la cloison

      et la fenêtre est une branche

      dans le ciel froid des carreaux

      la forêt achève de mourir dans un meuble

      La lampe qui s’allume dans la chambre force la poussière à s’envoler
      Elle éveille une mouche au plafond et fait de la vitre un feu qui s’éteint

      Le soleil, venu d’un espace grand comme un regard

      éclaire à peine l’herbe d’un pré

      longe les toits, s’y retient

      et tombe en heurtant un oiseau

      Nuit, dans ta retraite au fond des granges près d’un jour qui s’en va seul sur le monde on voit les maisons grises où rien ne bouge sinon les nuages naviguant dans les vitres

      Rien de ce qui fut le ciel ne dure dans la fenêtre qui s’habitue à la clarté sans âme des lampes
      Elles attendent l’heure de faire mourir la nuit au bord d’un peu de jour déchiré

      Le temps ne règne pas pour les chaises

      qui ne sont que bois mort

      l’ombre est à l’étroit entre armoire et murs

      même quand le couchant a des lueurs de forge

      D’un seul tenant comme le ciel

      la source n’a d’yeux que pour l’homme

      qui se penche sur elle

      pour le plus pur des baisers

      La source se nourrit d’un peu de roche et de semences perdues par le vent
      Elle brille à peine dans le jour qui reste à mi-chemin de sa profondeur

      Un lierre va d’arbre en arbre sans craindre le froid de l’hiver
      Il connaît tous les coins de ciel

      où le printemps se prépare

      La vitre est simplement posée contre l’été les chemins dorment, enroulés dans l’herbe chaque tache est transparente de clarté
      Il fait beau très loin derrière les regards

      En cette minute ordinaire des feuilles bougent dans le bois parce que du vent s’est détaché d’une tempête passée par là

      La vallée de saules et de prairies serre le ruisseau de si près qu’on ne voit de lui, dans l’herbe, qu’un peu de lumière écrasée

      Le village dont les maisons, mal assises, sont plus hautes de soleil qu’ailleurs ramène la nuit sur ses terres quand le silence sort de l’écorce des arbres

      Je te retrouve très proche du couchant et comme préservée de l’espoir le plus courant avec un cœur qui fait presque pas de bruit et quelques mots soumis aux règles de
      la vie

      Le soleil ne brûle pas le vent du matin tournoie autour d’une abeille et c’est comme si un sous-bois s’éclairait le temps d’un regard venu de partout

      Mes pas brûlés par l’été ont couru vers la source d’autrefois
      Il n’y avait qu’un peu d’herbe dans un trou de soleil

      Un peu d’eau sèche sur la table

      et l’ombre éteint le jour

      ne laissant pour éclairage

      qu’un bout d’étoile sur un ustensile

      On entend le bruit d’armure que fait un insecte qui se jette dans une vitre sans pouvoir sortir du village

      Au bout du paysage, il y a une haie qui a toujours le même nombre de feuilles
      A chaque printemps, un rossignol, les yeux fermés, y retrouve son nid

      Le soleil n’est pas assez grand

      pour remplir une seule flaque

      mais à l’aube il rase les prés de sa lumière

      et prend son ombre à l’homme

      Chaque bourgeon qui s’ouvre fait le printemps pour lui seul et la rosée parvient à mettre un soleil entier sur l’herbe

      .La nuit est blanche de quelques cailloux posés sur le fond d’un ruisseau
      Les arbres sont soudés à l’espace seule, une étoile les traverse

      Un homme cherche un feu perdu très loin au fond de ses veines
      Il le retrouve, tout entier, quand le soleil entrouvre sa bouche

      Il a fallu toute une ville

      pour faire d’un arbre un prisonnier,

      tout un soir sur un homme pour qu’il s’éveille

      vivant parmi les pierres

      .Les pierres mettent plus d’un siècle pour aller d’un champ à l’autre ou pour s’ouvrir le cœur en pleine fenêtre

      Mon front vit de la fraîcheur d’un carreau d’où le matin ne peut s’en aller
      Je suis tout entier contre lui sans que mes yeux le traversent

      Il y a un grand silence sur l’horizon

      d’où sort le soleil

      qui met un peu de jour

      dans les yeux, sauvés de la nuit

      Lucien Becker

      Bonjour Ma !!!

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