IL N’AURAIT FALLU – LOUIS ARAGON


IL N’AURAIT FALLU – LOUIS ARAGON

qu’un moment de plus pour que l’amour vienne

Mais une main nue alors est venue qui a pris la mienne

Qui donc a rendu leurs couleurs perdues aux jours aux semaines sa réalité à l’immensité des choses humaines

Moi qui frémissais toujours je ne sais de quelle colère deux bras ont suffi pour faire à ma vie un grand collier d’air

Rien qu’un mouvement ce geste en dormant léger qui me frôle un souffle posé moins une rosée contre mon épaule

Un front qui s’appuie à moi dans la nuit deux grands yeux ouverts et tout m’a semblé comme un champ de blé dans cet univers.

Un tendre jardin dans l’herbe où soudain la verveine pousse et mon cœur défunt renaît au parfum qui fait l’ombre douce.

LOUIS ARAGON – LE ROMAN INACHEVÉ

A CETTE HEURE-CI


ART BRUT

A CETTE HEURE-CI

Voyez ici mon refus de l’aspect crépusculaire qu’il faudrait admettre de donner aux battements du souffle au simple prétexte de devoir croire sur ordre

L’empêchement de se choisir herbe folle sans pied d’écrasement serait-ce conforme au départ de la vague pour son rivage ?

Je ne veux d’autres rousseurs que celles dont tu t’es teintée sans obligation d’être en automne

Au commencement sauvage et nu comme l’état de naissance le naturalise, j’ai senti l’unité et non le séparatisme. Avant qu’on brûle la forêt pour construire il m’est apparu sage d’apprendre en plantant la liberté d’aimer dans la racine de son beau élevé par l’apprentissage. Mes enfants garderont leurs erreurs, je ne leur enlèverai pas leur choix. La vérité est que je suis le père d’une autre chair où l’Esprit rayonne. Le temps d’exercice que j’en ai ne laisse aucune place au doute

La tolérance fait crépiter les veillées le vers à la main

Que le vent rapproche sans éloigner les toits des murs qui les soutiennent et non qu’il rase les cultures humaines.

Niala-Loisobleu – 19 Octobre 2020

DU REMÈDE PAS DE PLACEBO


Sorti de la fleur mise au pied de la commémoration

Je sens le besoin d’éclore au changement d’attitude

On entretient la barbarie comme l’inconnue mise en arc

Elle agit pendant que nous nous rassemblons autour d’elle sans la réduire à néant

Pire on attaque l’ordre dans l’action de sa représentation

Assez de pantalonnades. Des actes…

Pour le respect des vraies compétences.

La tentation

Niala-Loisobleu – 19 Octobre 2020

LES FLEURS


Les Enfants de Gaïa 7 (L’Epoque 2020/42) – Niala- Acrylique s/toile 73×60

LES FLEURS

A sa veine tremblante le pouls éveille son matin dans un diaphane jardin

Le battement de fond monte naturellement de la mer, plus sûr de sa présence que l’évènement qui balbutie des montres des vitrines

D’un numéro de rue pris au hasard à la route d’une roulotte bicolore, de la course du chien à la suite du rire de l’oiseau, comme en levé de rideau une à une puis ensemble les fleurs s’épanouissent

Symbole inaliénable face aux emprises de tous ordres . A la même seconde à travers le monde, des landaus bercent la paix aux côtés de chenilles qui l’écrasent

Sortant de terre, poitrine vive d’haleine odoriférante, elles diffusent le sens de vivre libre en dehors d’un choix inexistant

Un enfant fait rebondir son souffle en gommant les nuages laissant la sérénité nécessaire au malade pour se faire opérer.

Niala-Loisobleu – 19 Octobre 2020