ÉTIREMENTS MÉTÉOROLOGIQUES


Bras levés la Chaume tient une lumiere vive dans la mécanique du ralenti

Le merle en franchissant l’atelier a parlé de questions d’habitat rapproché

Propos intimement chaleureux

Puis à son tour, la Tardoire a montré l’ivoire de ses dents dans la grande roue du moulin

Derniere herbe

Regain d’un été meurtrier qui retient le retour de l’hermine

L’air saturé de vendanges a du mal à tenir debout. C’est le moment que choisit la pluie pour l’arroser

Niala-Loisobleu – 14 Octobre 2020

FENÊTRE A LA DEROBEE


Georges Braque

FENÊTRE A LA DEROBEE

Vue d’une toilette le pot à eau miroite les souches du toit dans la cuvette

de la chanson on entend la traversée des paroles sans les voir

Georges Braque peignant sans freiner

renverse les cubes d’un rire en cage d’ascenseur

qui maintient les oiseaux à leur place

La page est cornée sans différence

alea jacta est

l’étable tient la chaleur animale sans que la musique à la mode influe sur les mots

La vie aborde un virage en se gardant de mettre le mode d’emploi dans la boîte. C ‘est bien vrai comme dirait la Mère Denis, cette fois le produit est réellement nouveau.

Niala-Loisobleu – 14 Octobre 2020

COMME


L’air de rien ça apporte assez de contenance

Avant de toucher terre je fais la feuille en vivant la sensation du vol. Son décollage qui vous tire du bas des reins au bourdonnement d’oreilles

La traversée des nuages est hors du programme, le manque d’altitude peut être compensé par du brouillard. Mais…

Attaché à tenir ce que je fais, la manière joue évidemment son rôle. J’attache à finir en tout état de cause. Ainsi ce matin ai-je ressenti l’envie d’encadrer le 46. Comme pour le tenir au chaud. Il est tout petit mais ne craint rien. Sa force est autre qu’une impression passante

Les feuilles étouffent les pas. Donc elles développent les pour

Niala-Loisobleu – 14 Octobre 2020

CHEVAL


Cheval

le cheval a le temps de mesurer la terre

il tire au râtelier la paille du soleil

sur son ventre un tracé de rivières amères

où déferle le sang innocent des sueurs

cheval

cheval cloué vivant sur l’arbre de la faim

ton œil veilleur et doux sur nos mains pardonnées

cheval

jusqu’au poitrail dans la houle du pain

éclaboussé de vent et frotté de fumée

cheval

cheval mal dégagé des brumes du matin

somnambule avancé sur le bord du ciel vide

une voix te hasarde une voix retient

usé par le vin fort et l’amour et l’eau des larmes

Luc Bérimont