SUSPENTE


SUSPENTE

Rails au ballast d’un chemin embarqué

un fleuve demeure

à dos de pampre

Au cap où l’Atlantique rugit

le déni de fin d’amour

tu as sorti ton flanc Algarve de la falaise

pile et face versant côtier

La tristesse ambiante se retrouve en butte aux sucres du breuvage

et les azuleros en gare montent le spasme des douze cordes bleues au jaune des tramways intrépides

arrive le moment attendu où les rues luisent du désir que le soir allume en l’accrochant aux façades

Cette tristesse porte son germe d’espoir.

Niala-Loisobleu – 9 Octobre 2020

J’IMAGINE, APPARAÎT UNE MONTAGNE AU LOINTAIN


J’IMAGINE, APPARAÎT UNE MONTAGNE AU LOINTAIN

Bosses ardentes

chairs mamellaires

et creux vers l’estuaire

La gabarre sur la rive

où l’on charge la vie écomusée

Faite plate

une vigne en terrils

les wagonnets sortis de rails ancrés dans le tunnel

cauchemar voici Alice Coffin

Niala-Loisobleu – 9 Octobre 2020

Le froid, le fendre

et sonner comme une pierre
devenue aveugle
devenue
lumière errante

les marques sur le cou
de la pierre d’un nom

le stigmate atroce et bleu
de l’air, ou de

la strangulation de l’encre

ou de l’autre
vive et morte

une pieuvre sous la langue
sous la pierre

qui tire le souffle

Jacques Dupin

In Le grésil (1996), repris dans Ballast, p 236

COUCHE D’IMPRESSION


COUCHE D’IMPRESSION

Déborder du cadre de plusieurs tailles en dessous

ma branche est dans l’arbre haut de l’espace vers

Ces jardins japonais mon cerisier n’en veux pas

il s’érige vertical aux bases de la touffe riche

L’oiseau

dit merle alors à vos bans

Le péage d’un chemin à trois voix est changeur

te rejoindre par la sente arrive à bons pores

la couche d’impression n’est pas définitive.

Niala-Loisobleu – 9 Octobre 2020