VEGETALE VIREE


VEGETALE VIREE

A la poursuite du papillon bleu

je vais vert

Odilon d’un vrai Redon

sur des feuilles de nymphes du jardin d’acanthes

fond d’or

bois de santal

La corne rose d’un hippocampe entre les lèvres j’ai l’herbacée qui jazz sa palette blues de travail

coton sorti des oreilles

off course

sur le cheval à bascule

La tournante de Visubie, point-de-vente cacher profané, caricature de société qui provoque et voile sa parole républicaine d’un masque de mots, c’est coi l’école, l’ortie ronce le bon pétale des marguerites, du point de vue citoyen rien que du détournement de liberté en reconquête

Alors sois sauvage

pur fruit de l’Arbre

laisse pendre tes seins

ouvre-toi à la terre

et déguise plus le ciel en sortant la planche à billets

les enfants de demain vont la trouver chère ta chaudière gratuite…

Niala-Loisobleu – 6 Octobre 2020

A LA RIBOULE


A LA RIBOULE

Retour sur soi-même pour la grande forêt primitive

nettoyée du serpent

l’Eve est ment ciel niet

je cherche le cri du grand singe pour reboiser la vendange

comme en Aunis où la cuisine est au beurre et la moule de bouchot

A la riboule non de dieu

et rien d’autre pour faire le bourru !

Niala-Loisobleu – 6 Octobre 2020

LA FONCTION DU POETE – Victor-Hugo par Michael Lonsdale


LA FONCTION DU POETE – Victor-Hugo par Michael Lonsdale

La Fonction du poète

Dieu le veut, dans les temps contraires,
Chacun travaille et chacun sert.
Malheur à qui dit à ses frères :
Je retourne dans le désert !
Malheur à qui prend ses sandales
Quand les haines et les scandales
Tourmentent le peuple agité !
Honte au penseur qui se mutile
Et s’en va, chanteur inutile,
Par la porte de la cité !

Le poète en des jours impies
Vient préparer des jours meilleurs.
ll est l’homme des utopies,
Les pieds ici, les yeux ailleurs.
C’est lui qui sur toutes les têtes,
En tout temps, pareil aux prophètes,
Dans sa main, où tout peut tenir,
Doit, qu’on l’insulte ou qu’on le loue,
Comme une torche qu’il secoue,
Faire flamboyer l’avenir !

Il voit, quand les peuples végètent !
Ses rêves, toujours pleins d’amour,
Sont faits des ombres que lui jettent
Les choses qui seront un jour.
On le raille. Qu’importe ! il pense.
Plus d’une âme inscrit en silence
Ce que la foule n’entend pas.
Il plaint ses contempteurs frivoles ;
Et maint faux sage à ses paroles
Rit tout haut et songe tout bas !

Peuples ! écoutez le poète !
Ecoutez le rêveur sacré !
Dans votre nuit, sans lui complète,
Lui seul a le front éclairé.
Des temps futurs perçant les ombres,
Lui seul distingue en leurs flancs sombres
Le germe qui n’est pas éclos.
Homme, il est doux comme une femme.
Dieu parle à voix basse à son âme
Comme aux forêts et comme aux flots.

C’est lui qui, malgré les épines,
L’envie et la dérision,
Marche, courbé dans vos ruines,
Ramassant la tradition.
De la tradition féconde
Sort tout ce qui couvre le monde,
Tout ce que le ciel peut bénir.
Toute idée, humaine ou divine,
Qui prend le passé pour racine,
A pour feuillage l’avenir.

Il rayonne ! il jette sa flamme
Sur l’éternelle vérité !
Il la fait resplendir pour l’âme
D’une merveilleuse clarté.
Il inonde de sa lumière
Ville et désert, Louvre et chaumière,
Et les plaines et les hauteurs ;
A tous d’en haut il la dévoile ;
Car la poésie est l’étoile
Qui mène à Dieu rois et pasteurs !

Victor Hugo, Les Rayons et les ombres

MÉMOIRE D’OCTOBRE


MÉMOIRE D’OCTOBRE

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II pleut sur les champs
Où sont cachés
Des ossements et des soupirs
Des êtres calcinés

Il pleut sur les décombres
Des maisons des bourgades
Anéanties sans traces
Aujourd’hui des non-lieux

Il pleut sur les cendres
Et sur la fumée ensevelie
Des anonymes assassinés
Coupables d’être nés

Il pleut sur les chemins
De la déportation sans retour
Où les bois poussent,
Où le ruisseau bruit

Il pleut sur les jours décapités
Et sur ces multitudes abattues
Autrefois si joyeuses cohues
Des jeunes gens et des jeunes filles

Il pleut sur ces champs de pierres
Où sont cachés les chants rituels
Des messagers habillés de prières
Devenus montagne de chair et de sang

Il pleut sur ce lopin de terre
Où dans le saignement de l’aube À travers les bûchers du

sacrifice
Surgissent les offrandes des suppliciés

Il pleut sur les souffles carbonisés
Et les cris, longs et perçants
Serre-moi encore une fois
Mémoire d’octobre, buisson ardent !

Tristan Janco