A case of you – Joni Mitchell


On the back of a cartoon coaster
In the blue TV screen light
I drew a map of Canada
Oh Canada
With your face sketched on it twice

Oh you are in my blood like holy wine
You taste so bitter
And so sweet oh
I could drink a case of you darling and I would
Still be on my feet
Oh I would still be on my feet

Oh I am a lonely painter
I live in a box of paints
I’m frightened by the devil
And I’m drawn to those ones that ain’t afraid
I remember that time that you told me, you said
« Love is touching souls »
Surely you touched mine ’cause
Part of you pours out of me
In these lines from time to time

Oh you are in my blood like holy wine
You taste so bitter
And so sweet oh
I could drink a case of you darling
Still I’d be on my feet
I would still be on my feet

I met a woman
She had a mouth like yours, she knew your life
She knew your devils and your deeds and she said
« Go to him
stay with him if you can
But be prepared to bleed »

Oh but you are in my blood you’re my holy wine
You’re so bitter
bitter and so sweet oh
I could drink a case of you darling
Still I’d be on my feet
I would still be on my feet
hmm

Sur le dos d’un coaster de dessin animé
Dans la lumière bleue de l’écran de télévision
J’ai dessiné une carte du Canada
Oh Canada
Avec ton visage dessiné dessus deux fois
Oh, tu es dans mon sang comme du vin sacré
Tu as un goût si amer et si doux
Oh je pourrais boire une caisse de toi, chérie
Et je serais toujours debout
Oh je serais toujours debout

Oh je suis un peintre solitaire
Je vis dans une boîte de peintures
J’ai peur du diable
Et je suis attiré par ceux qui n’ont pas peur
Je me souviens de cette fois où tu m’as dit, tu as dit,
« L’amour touche les âmes »
Tu as sûrement touché le mien

Parce qu’une partie de toi se déverse de moi
Dans ces lignes de temps en temps
Oh, tu es dans mon sang comme du vin sacré
Tu as un goût si amer et si doux
Oh je pourrais boire une caisse de toi, chérie
Pourtant, je serais debout
Je serais toujours debout

J’ai rencontré une femme
Elle avait une bouche comme la tienne
Elle connaissait ta vie
Elle connaissait vos démons et vos actes
Et elle dit,
« Va vers lui, reste avec lui si tu peux
Mais soyez prêt à saigner « 
Oh mais tu es dans mon sang
Tu es mon vin sacré
Tu es si amer, amer et si doux

Oh, je pourrais boire une caisse de toi, chérie
Je serais toujours debout
Je serais toujours debout

René Char. Fureur et Mystère – Biens égaux. (Gallimard)


René Char. Fureur et Mystère – Biens égaux. (Gallimard)

BIENS ÉGAUX 

   Je suis épris de ce morceau tendre de campagne, de son accoudoir de solitude au bord duquel les orages viennent se dénouer avec docilité, au mât duquel un visage perdu, par instant s’éclaire et me regagne.  De si loin que je me souvienne, je me distingue penché sur les végétaux du jardin désordonné de mon père, attentif aux sèves, baisant des yeux formes et couleurs que le vent semi-nocturne irriguait mieux que le main infirme des hommes.  Prestige d’un retour qu’aucune fortune n’offusque.  Tribunaux de midi, je veille.  Moi qui jouis du privilège de sentir tout ensemble accablement et confiance, défection et courage, je n’ai retenu personne sinon l’angle fusant d’une Rencontre.


     Sur une route de lavande et de vin, nous avons marché côte à côte dans un cadre enfantin de poussière à gosier de ronces, l’un se sachant aimé de l’autre.  Ce n’est pas un homme à tête de fable que plus tard tu baisais derrière les brumes de ton lit constant.  Te voici nue et entre toutes la meilleure seulement aujourd’hui où tu franchis la sortie d’un hymne raboteux.  L’espace pour toujours est-il cet absolu et scintillant congé, chétive volte-face?  Mais prédisant cela j’affirme que tu vis;  le sillon s’éclaire entre ton bien et mon mal. La chaleur reviendra avec le silence comme je te soulèverai, Inanimée.


René Char. Fureur et Mystère – Biens égaux.  (Gallimard)

AU FAIT, L’EXISTENCE ?


AU FAIT, L’EXISTENCE ?

J’étale mes paumes sur la claie

je les ai cueillies aux branches de l’Arbre de sa Vérité

son jardin est si grand qu’on s’y perd d’où la necessité de planter des repaires

La menthe en voilà un de sûr

il sent toute l’année

on croise des fleurs en mouvement comme l’anémone marine et l’arôme terrestre en vitrine dans l’Atlantide

je crois dit Michael, l’illégitime y favorise

moi le mécréant je sais qui est mon père

mais exception faite je le crois son mystique à Lonsdale

il sent l’amour comme la femme qu’on traverse pour rester

sacrée Marguerite nom de Dieu autre

J’étale mes paumes sur la claie

elle sourit verte

la Vie Bleue en franchissant la mort.

Niala-Loisobleu – 22 Septembre 2020