DU PORTRAIT


Émane le contenu du genou droit

Où le saule dépose ses pleurs

L’erreur des mots corrigée de juste souffrance

Que sommes-nous que la vibration continue lapidée ?

Tomber rappelle aux jambes leur bon sens mieux qu’un mot de cuisinier

Le fumet de ton regard n’oublie pas de donner le menu au moindre recoin de toute la maison…

Niala-Loisobleu -15 Septembre 2020


EN ÉTAT DE NATURE

EN ÉTAT DE NATURE

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Dans la vallée de
Gogulcar les norias
Tournent à l’antique avec un bouvier et des bœufs.
Virgile tout attendri contemple ce tableau,
Sourit au temps qui dure et reprend son scooter…

Il vient de loin en loin voir un peu s’il y a
Du bonheur en campagne ou de l’aigreur chez ceux
Qui restent dans les champs à remuer de l’eau,
S’il y a des secrets à ranimer ou taire.

Est-ce un aveuglement que l’harmonie visible?

Les femmes en saris rouges qui ramassent des piments

Ont-elles de la beauté une approche paisible?

Les heures, le labeur, la fatigue, les lourdes charges
Répètent la même pièce où l’on ne sait qui ment
Dans la lumière poudrée d’un Âge d’Or en marge.

André Velter

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MANDALAY


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MANDALAY

A Moulmein près de la vieille Pagode, regardant la mer à l’est,
Est assise une jeune Birmane, et je sais qu’elle pense à moi;
Car il y a du vent dans les palmiers, et les clochettes du temple disent:
« Reviens-t-en, soldat Britannique; reviens-t-en à Mandalay! »
Reviens-t-en à Mandalay,
Où la vieille Flottille est en panne:
N’entends-tu pas le lourd travail des aubes de Rangoon à Mandalay?
Sur la route de Mandalay,
Où jouent les poissons volants,
Et L’aurore se lève comme l’orage, en Chine, de l’autre côté de la Baie!

Son cotillon était jaune et son petit bonnet était vert,
Et son nom était Supi-yaw-lat-, exactement le même que celui de la reine épouse du roi Thibaud,
Et la première fois que je la vis, elle fumait dans un fume-cigare blanc,
Et gaspillait des baisers chrétiens au pied d’une idole païenne;
Idole repue faite de boue_
Qu’ils appelaient le Grand Dieu Boudd_
Brave petite, comme elle s’en souciait des idoles quand je l’embrassais sur place!
Sur la route de Mandalay…

Quand la bruine recouvrait les rizières et que le soleil descendait lentement,
Elle prenait son petit banjo et elle chantait « Kulla-lo-lo! »
Son bras sur mon épaule et sa joue contre ma joue
Nous regardions les vapeurs et les hathis* empilant le teck.
Elephants empilant le teck
Dans la crique boueuse, boueuse,
Où le silence pesait si lourd qu’on osait à peine parler!
Sur la route de Mandalay…

Mais tout cela, c’est table rase derrière moi. Il y a bien longtemps et c’est très loin,
Il n’y a pas de bus entre Bank et Mandalay;
Et j’apprends ici, à Londres ce que disent les vétérans:
« Si vous avez entendu l’appel de l’Orient, vous n’aurez jamais besoin de rien d’autre »
Non!vous n’aurez besoin de rien d’autre
Que ses fortes senteurs d’épices,
Et du soleil et des palmiers et des clochettes du temple qui tintent
Sur la route de Mandalay…

Je suis fatigué d’user mes semelles sur ces pavés râpeux,
Et cette fichue bruine Engliche réveille la fièvre dans mes os;
Même si je me promène avec cinquante bonnes, de Chelsea au Strand,
Elles parlent abondamment d’amour, mais Dieu, qu’en connaissent- elles?
Visage bovin, mains sales,
A l’Ordre! Qu’en connaissent-elles?
J’ai une jeune fille plus nette, plus douce, dans un pays plus propre et plus vert!
Sur la route de Mandalay…

Emmène-moi quelque part à l’est de Suez où le meilleur est comme le pire,
Où il n’y a pas de dix commandements et où tout homme peut boire jusqu’à plus soif;
Car les clochettes du temple appellent, et c’est là-bas que je voudrais être_
A Moulmein près de la vieille Pagode, regardant paresseusement la mer;
Sur la route de Mandalay,
Où la vieille Flottille est en panne,
Avec l’infirmerie sous le taud quand nous allâmes à Mandalay!

O la route de Mandalay,
Où jouent les poissons volants,
Et l’aurore se lève comme l’orage, en Chine, de l’autre côté de la Baie!Extrait de:  1892, Barrack-Room Ballad.

Rudward Kipling

Sous la grande verrière d’un instant

compas et pointe sèche collent les fumées

arc-en-ciel

entre le mouvement des voyages et le stationnement du souffle

un champignon perce dans le silence automnal

entre-deux d’un passage saisonnier

qui hésite à choisir le bout par lequel commencer ses courses

dans la gare côté départ on est ramené aux quais des arrivées

l’enfant cherche son âge véritable à l’état-civil existentiel

dans un endroit proche de St-Lazare

reviennent les bords de l’Oise où l’oiseau partait peindre

un rêve absolu comme un appel irrépressible.

Niala-Loisobleu – 15 Septembre 2020