RITUEL


RITUEL

Les dernières heures baignent

la plage fermée côté terre se lèche comme un chat

pendant que sur le pont le bois de teck a pris l’odeur de peau

un balancement parti du premier âge s’est fixé à la baume

en un horizontal déplacement lancinant

l’anénomètre fait son bruit de gorge en haut du mât

accompagné par le frottements des haubans mis aux taquets

à part l’oiseau posté en relais pas une serviette ne bouche les rias

les bois flottés peuvent se dire à haute-voie le parcours de traversées solitaires

jusqu’au rituel amoureux qui réunit autour du phallique insigne tribal les cuirs tendus sous les mains

Niala-Loisobleu – 8 Septembre 2020

EN TORSIONS


EN TORSIONS

Le cheval sous la garde du clos hure

au bout des bronches il respire calmement

Voici l’archipel

à quelques pas le navire-hôpital donne asile aux naufragés victimes des haines équines

franchi la barrière, les hanches comme des clarinettes montent en torsions leurs spirales faméliques

Enfin du chameau qui traverse le désert nous sommes arrivés au caravansérail

seins et saufs

La transparence des voiles autorisant à connaître la vérité sur la blondeur, en chargeant la cale inutile d’ajouter du colorant

Les épices d’ô riant

à l’embarcadère les tapis font l’aqueux

Niala-Loisobleu – 8 Septembre 2020

L’AMOUR EST UNE COMPAGNIE


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Fernando Pessoa

L’AMOUR EST UNE COMPAGNIE

L’amour est une compagnie.
Je ne peux plus aller seul par les chemins,
parce que je ne peux plus aller seul nulle part.
Une pensée visible fait que je vais plus vite.
et que je vois bien moins, tout en me donnant envie de tout voir.
Il n’est jusqu’à son absence qui ne me tienne compagnie.
Et je l’aime tant que je ne sais comment la désirer.

Si je ne la vois pas, je l’imagine et je suis fort comme les arbres hauts.
Mais si je la vois je tremble, et je ne sais de quoi se compose ce que j’éprouve en son absence.
Je suis tout entier une force qui m’abandonne.
Toute la réalité me regarde ainsi qu’un tournesol dont le coeur serait son visage.

Extrait de:  1960, Le Gardeur de Troupeaux (Gallimard)

Fernando Pessoa