OMBRES ADOUCIES


L’après-midi s’étend les jambes à quai

juste une mouette tournant d’un mouvement d’archet sur sa corde à sauter l’horizon derrière

avec le soir qui arrive on peut s’approcher plus près de soi, le vers s’est rempli, sur la page on peut laisser la pensée pianoter des doigts

je marche pieds nus dans la couche chaude des fleurs tombées en sentant la saveur des fruits étendus dans les vanneries, un frôlé de soie, sarong noué, les marionnettes vont pouvoir exprimer la vie autrement

la forme d’un même mot change si vite d’orthographe que l’image devient méconnaissable

assis sur les coussins un moelleux renflement ramène quelque chose à laisser aux enfants; le bruit s’étouffe au dehors.

Niala-Loisobleu – 6 Septembre 2020