CONCERTO A QUATRE MAINS


CONCERTO A QUATRE MAINS

Avant les premières neiges l’or des feuilles se déplace du tronc des arbres veufs en tourbillonnant

Les merles pourraient choisir les brindilles qu’ils aiment trancher d’un coup de bec pour construire leurs nids si la saison était au nid. Quoique parler de saison ne corresponde plus à rien

L’oiseau garde le métier à tisser d’une certaine présence

il croise les brins de couleur et se promène dans la trame lâche ou serrée comme dans les lignes de ce qu’il vit

quelques fous de Bassan se proposent en titre pour enseigner la façade du nom de sa spécialité

J’écris le principal ailleurs et mets le petit -carnet à ruban dans l’aumônière, les mots propres à ma pensée sont volés par des rats puants. Il faut tenir compte du véritable viol qu’on tolère.

Niala-Loisobleu – 30 Septembre 2020

BORDERIES


BORDERIES

Zone verte accrochée en frise à la tenture

le vent me dépose entre les trumeaux de tes jambes

on peut voir les instruments aratoires descendre à coeur de pensée

leurs mouvements disent clairement la promesse qui s’est faite entre eux

Puis c’est le balancement du percheron se dirigeant aux fosses du lavoir dans lesquelles la lavandière plonge largement son décolleté

tandis que la brouette à l’arrêt n’a pas effacé ce grincement qui lui est chair, tu t’étales pour prendre le soleil au séchage des draps

un échassier dépasse des iris d’où les grenouilles sautent sur les nénuphars. Ton lotus m’étonne dans l’extase alangui où il se laisse flotter. Plus gros qu’une chanson sans paroles il montre un souffle de ioule qui rameute le rossignol

Tu dénoues le large rayon de soleil de tes cheveux pour l’étaler dans la paille, queue-de-vache en regain nous en gardons l’existence hors de la tonte.

Niala-Loisobleu – 30 Septembre 2020

PEAU DE BALLE


PEAU DE BALLE

La branche de buis jaunit en tête du lit

je pioche une fenêtre à sa place

et lapide le racoleur avec les gravats

sur la plage enfin déserte le virus entre dans la saison de ramassage du sel impropre à la consommation mais mis en promo

Ils me tournent le dos, je leur fais peur, la vérité est dangereuse, depuis que le messie se fait attendre pas une tranche de l’Histoire n’a manqué de candidat à la fonction divine

A tel point que les urnes à part éventuellement pour pisser, n’intéressent plus personne, la politique s’auto-détruit. Si tu demandes à un enfant qui fut Jaurès il te répond à la limite, une station de métro. Quant à la révolution d’Octobre, le communisme en a confié la suite à Poutine. Macron c’est une salade russe à faire ce qu’il jure qu’il ne commencera jamais

Les enfants ne sont pas répréhensibles d’ignorance, je comprends le dégoût qu’ils peuvent avoir de parents irresponsables qui s’acharnent à leur faire gagner des diplômes

Le monument aux morts de mes humanités où Jules Ferry est dans chaque ville et village de France reste fleuri de l’immense évolution que des instituteurs ont apporté en apprenant à lire et à écrire au peuple tout entier

Aujourd’hui le personnel soignant marche pour avoir sa gravure réservée dans la pierre

J’suis vraiment un sale type, mais je t’aime toi qui te reconnaîtras.

Niala-Loisobleu – 30 Septembre 2020

EMEL MATHLOUTHI – KHAYEF (J’ai peur)


EMEL MATHLOUTHI – KHAYEF (J’ai peur)

J’ai peur du temps Et le temps est long J’ai peur que le temps, s’arrête… Et ma journée se rallonge à l’ infini… J’ai peur que le temps et mes amis m’oublient Je passé ma vie à attendre un instant de joie qui ne dure jamais J’en ai assez des gens… Ces gens qui ne sentent pas qui ne comprennent pas… Je crains, Je crains La solitude. Mais, seule, toujours seule, Je suis muré dans le silence. Je ne peux ni parler, ni écrire. La maison… une prison, Et la rue une geôle dont les murs sont les gens ! J’ai peur de perdre tout sentiment, J’ai peur que disparaisse mon art, J’ai peur de périr de mon vivant. Hélas, je suis toujours solitaire, Isolé dans une bulle de verre. Et je marche sur un chemin plan, Un plan qui s’incline, qui s’incline Mais jusqu’où? du temps Et le temps est long J’ai peur que le temps, s’arrête… Et ma journée se rallonge à l’ infini… J’ai peur que le temps et mes amis m’oublient Je passé ma vie à attendre un instant de joie qui ne dure jamais J’en ai assez des gens… Ces gens qui ne sentent pas qui ne comprennent pas… Je crains, Je crains La solitude. Mais, seule, toujours seule, Je suis muré dans le silence. Je ne peux ni parler, ni écrire. La maison… une prison, Et la rue une geôle dont les murs sont les gens ! J’ai peur de perdre tout sentiment, J’ai peur que disparaisse mon art, J’ai peur de périr de mon vivant. Hélas, je suis toujours solitaire, Isolé dans une bulle de verre. Et je marche sur un chemin plan, Un plan qui s’incline, qui s’incline Mais jusqu’où?

VOL A L’ETALAGE


L

VOL A L’ETALAGE

Le corps de ferme se fait muet de ses odeurs

on garde les élèves de crainte de voir la pandémie gagner les faubourgs, mais une torpeur falote cerne les yeux des bergers

Sous leur chapeau à part le masque plus rien d’eux ne résonne

Ils étaient professeurs au départ, les voici vigiles-nounous, le sein sur les genoux, vide de ressort. Personnage falot que l’épuisement dévie de la flûte joyeuse auquel il s’adonne quand la vocation est respectée

On marche sur l’enseignement pour faire consigne d’enfants comme dans une gare entre deux trains au prétexte que l’enfant est rebelle au virus bien qu’en étant porteur

Dites-moi que ce n’est pas par mauvais esprit que les enseignants peuvent l’attraper des élèves. Ubu remplacerait Jean-Michel sans qu’on y voit un changement

Sinistre incompétence d’une légèreté estivale qui tend l’oreille et menace. Je n’ai jamais cru à la vertu du sable pour se tenir la tête hors du seau…

Niala-Loisobleu – 29 Septembre 2020

RROSE SÉLAVY


Robert Desnos

RROSE SÉLAVY

Dans un temple en stuc de pomme le pasteur dis-tillait le suc des psaumes.

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Rrose
Sélavy demande si les
Fleurs du
Mal ont modulé les mœurs du phalle : qu’en pense
Omphale?

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Voyageurs, portez des plumes de paon aux filles de
Pampelune.

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La solution d’un sage est-elle la pollution d’un page?

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Je vous aime, ô beaux hommes vêtus d’opossum.

Question aux astronomes:

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Rrose
Sélavy inscrira-t-elle longtemps au cadran des astres le cadastre des ans?


O mon crâne, étoile de nacre qui s’étiole.

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Au pays de
Rrose
Sélavy on aime les fous et les loups sans foi ni loi

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Suivrez-vous
Rrose
Sélavy au pays des nombres décimaux où il n’y a décombres ni maux?

zo.
Rrose
Sélavy se demande si la mort des saisons fait tomber un sort sur les maisons.

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Fassez-moi mon arc berbère, dit le monarque – barbare.

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Les planètes tonnantes dans le del enrayent les cailles amoureuses des plantes étonnantes aux feuilles d’écaillé cultivées par
Rrose
Sélavy.

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Rrose
Sélavy connaît bien le marchand du seL

Êpitaphe :

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Ne tourmentez plus
Rrose
Sélavy, car mon génie est énigme.
Caron ne le déchiflre pas.

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Perdue sur la mer sans fin,
Rrose
Sélavy mangera-t-elie du fer après avoir mangé ses mains?

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Aragon recueille in extremis l’âme d’Aramis sur un lit d’estragon.

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André
Breton ne s’habille pas en mage pour combattre l’image de l’hydre du tonnerre qui brame sur un mode amer.

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Francis
Picabia l’ami des castors
Fut trop franc d’être un jour picador
A
Cassis en ses habits d’or.

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Rrose
Sélavy voudrait bien savoir si l’amour, cetie colle à mouches, rend plus dures les molles couches.

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Pourquoi votre incarnat est-il devenu si terne, petite fille, dans cet internat où votre œil se cerna?

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Au virage de la course au rivage, voici le secours de
Rrose
Sélavy.

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Rrose
Sélavy peut revêtir la bure du bagne, elle a une monture qui franchit les montagnes.

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Rrose
Sélavy décerne la palme sans l’éclat du martyre à
Lakmé bergère en
Beauce figée dans le calme plat du métal appelé beauté.

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Croyez-vous que
Rrose
Sélavy connaisse ces jeux de fous qui mettent le feu aux joues?

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Rrose
Sélavy, c’est peut-être aussi ce jeune apache qui de la paume de sa main colle un pain à sa môme.

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Est-ce que la caresse des putains excuse la paresse des culs teints?

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Le temps est un aigle agile dans un temple.

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Qu’arrivera-t-il si
Rrose
Sélavy, un soir de
Noël, s’en va vers le piège de la neige et du pôle?

Ah! meurs, amour!

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Quel hasard me fera découvrir entre mille l’ami plus fugitif que le lézard?

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Un prêtre de
Savoie déclare que le déchet des calices est marqué du cachet des délices : met-il de la malice dans ce match entre le ciel et lui?

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Voici le cratère où le
Missouri prend sa source et la cour de
Sara son mystère.

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Nomades qui partez vers le nord, ne vous arrêtez pas au port pour vendre vos pommades.

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Dans le sommeil de
Rrose
Sélavy il y a tu» nain sorti d’un puits qui vient manger son pain, la nuit.

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Si le silence est d’or,
Rrose
Sélavy abaisse ses cils et s’endort.

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Debout sur la carène, le poète cherche une rime et croyez-vous que
Rrose
Sélavy soit la reine du crime?

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Au temps où les caravelles accostaient
La
Havane, les caravanes traversaient-elles
Laval?

Question d’Orient:

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A
Sainte
Sophie, sur un siège de liège, s’assied la folie.

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Rrose
Sélavy propose que la pourriture des passions devienne la nourriture des nations.

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Quelle est donc cette marée sans cause dont l’onde amère inonde l’âme acérée de
Rrose?

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Benjamin
Péret ne prend jamais qu’un bain par an.

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Paul Éluard : le poète élu des draps.

Êpitaphe pour
Apollinaire:

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Pleurez de nénies, géants et génies, au seuil du néant.

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Amoureux voyageur sur la carte du tendre, pourquoi nourrir vos nuits d’une tarte de cendre?

Martyre de saint
Sébastien:

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Mieux que ses seins ses bas se tiennent.

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Rrose
Sélavy a visité l’archipel où la reine
Irène-sur-les-Flots de sa rame de frêne gouverne ses flots.


From
Everest mountain
I am falling dovm to your feet for ever,
Mrs.
Everling.

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André
Breton serait-il déjà condamné à la tâche de tondre en enfer des chats d’ambre et de jade?


Rrose
Sélavy vous engage à ne pas prendre les verrues des seins pour les vertus des saintes.

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Rrcse
Sélavy n’est pas persuadée que la culture du moi puisse amener la moiteur du cul.

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Rrose
Sélavy s’étonne que de la contagion des reliques soit née la religion catholique.

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Possédé d’un amour sans frein, le prêtre savoyard jette aux rocs son froc pour soulager ses reins.

Devise de
Rrose
Sélavy:

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Plus que poli pour être honnête
Plus que poète pour être honni

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Oubliez les paraboles absurdes pour écouter de
Rrose
Sélavy les sourdes paroles.

Epiphanie :

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Dans la nuit fade les rêves accostent à la rade pour décharger des fèves.

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Au paradis des diamants les carats sont des amants et la spirale est en cristaL

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Les pommes de
Rome ont pour les pages la saveur de la rage qu’y imprimèrent les dents des
Mores.

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Lancez les fusées, les races à faces rusées sont usées!

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Rrose
Sélavy proclame que le miel de sa cervelle est la merveille qui aigrit le fiel du ciel.

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Aux agapes de
Rrose
Sélavy on mange du pâté de pape dans une sauce couleur d’agate.

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Apprenez que la geste célèbre de
Rrose
Sélavy est inscrite dans l’algèbre céleste.

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Habitants de
Sodome, au feu du ciel préférez le fiel de la queue.

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Tenez bien la rampe, rois et lois qui descendez à la cave sans lampe.

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Morts férus de morale, votre tribu attend-elle toujours un tribunal?

.
Rrose
Sélavy affirme que la couleur des nègres est due au tropique du cancer.

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Beaux corps sur les billards, vous serez peaux sur les corbillards!

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Du palais des morts les malaises s’en vont par toutes les portes.

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Rocambole de son cor provoque le carnage, puis carambole du haut d’un roc et s’échappe à la nage.

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De cirrhose du foie meurt la foi du désir de
Rrose.

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Amants tuberculeux, ayez des avantages phtisiques.


Rrose
Sélavy au seuil des deux porte le deuil des dieux.

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Les orages ont pu passer sur
Rrose
Sélavy, c’est sans rage qu’elle atteint l’âge des oranges.

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Ce que
Baron aime, c’est le bâillon sur l’arme!

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Les idées de
Morise s’irisent d’un charme démodé.

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Simone dans le silence provoque le heurt des lances des démones.

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Les yeux des folles sont sans fard.
Elles naviguent dans des yoles, sur le feu, pendant des yards, pendant des yards.

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Le mépris des chansons ouvre la prison des méchants.

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Le plaisir des morts, c’est de moisir à plat.

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Aimez, gens,
Janine, la fleur d’hémérocalle est si câline.

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Sur quel pôle la banquise brise-t-elle le bateau des poètes en mille miettes?

.
Rrose
Sélavy sait bien que le démon du remords ne peut mordre le monde.

.
Rrose
Sélavy nous révèle que le râle du monde est la ruse des rois mâles emportés par la ronde de la muse des mois.

Dictionnaire
La
Rrose :

.
Latinité —
Les cinq nations latines.
La
Trinité —
L’émanation des latrines.

.
Nul ne connaîtrait la magie des boules sans la bougie des mâles.

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Dans un lac d’eau minérale
Rrose
Sélavy a noyé la câline morale.

.
Rrose
Sélavy glisse le cœur de
Jésus dans le jeu des
Crésus.

Conseil aux catholiques :

.
Attendez sagement le jour de la foi où la mort vous fera jouir de la faux.

.
Au fond d’une mine
Rrose
Sélavy prépare la fin du monde.

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La jolie sœur disait : «
Mon droit d’aînesse pour ton doigt,
Ernest. »

.
Cravan se hâte sur la rive et sa cravate joue dans le vent.

.
Dans le ton rogue de
Vaché il y avait des paroles qui se brisaient comme les vagues sur les rochers.

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Faites l’Aumône aux riches, puis sculptez dans la roche le simulacre de
Simone.

Question :

.
Cancer mystique, chanteras-tu longtemps ton cantique au mystère?

Réponse :

.
Ignores-tu que ta misère se pare comme une reine de la traîne de ce mystère?

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La mort dans les flots est-elle le dernier mot des forts?

.
L’acte des sexes est l’axe des sectes.

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Le suaire et les ténèbres du globe sont plus suaves que la gloire.

.
Frontières qui serpentez sur les cimes, vous n’entourez pas les cimetières abrités par nos fronts.

.
Les caresses de demain nous révéleront-elles le carmin des déesses ?

.
Le parfum des déesses berce la paresse des défunts.

.
La milice des déesses se préoccupe peu des délices de la messe.

.
A son trapèze
Rrose
Sélavy apaise la détresse des déesses.

.
Les vestales de la
Poésie vous prennent-elles pour des vessies, ô
Pétales !

.
Images de l’amour, poissons, vos baisers sans poison me feront-ils baisser les yeux ?

.
Dans le pays de
Rrose
Sélavy les mâles font la guerre sur la mer.
Les femelles ont la gale.

.
A tout miche, pesez
Ricord.

.
Mots, êtes-vous des mythes et pareils aux myrtes des morts?

.
L’argot de
Rrose
Sélavy, n’est-ce pas l’art de transformer en cigognes les cygnes?

.
Les lois de nos désirs sont des dés sans loisir.

lia
Héritiers impatients, conduisez vos ascendants à la chambre des tonnerres.

m.
Je vis où ta vis, voyou dont k visage est le charme des voyages.

.
Phalange des anges, aux angélus préférez les phallus.

.
Connaissez-vous la jolie faune de la folie? —
Elle est jaune.

.
Votre sang charrie-t-il des grelots au gré de vos sanglots?

.
La piété dans le dogme consiste-t-elle à prendre les dogues en pitié?

.
Le char de la chair ira-t-il loin sur ce chemin si long?

.
Qu’en pensent les cocus?

Recette culinaire : plutôt que
Madeleine l’apotro-phage, femmes! imitez la vierge cornivore.

.
Corbeaux qui déchiquetez le flanc des beaux corps, quand éteindrez-vous les flambeaux?

.
Prométhée moi l’amour!

.
O ris cocher des flots!
Auriç, hochet des flots au ricochet des flots.

.
L’espèce des folles aime les fioles et les pièces fausses.

Définition de la poésie pour :

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Louis
Aragon :
A la margelle des âmes écoutez les gammes jouer à la marelle.

.
Benjamin
Péret :
Le ventre de chair est un centre de vair.

.
Tristan
Tzara :
Quel plus grand outrage à la terre qu’un ouvrage de ! v^^
I ?
Qu’en dis-tu, ver de terre?

.
Max
Emst :
La boule rouge bouge et roule.

.
Max
Morise :
A figue dolente, digue affolante.

.
Georges
Aurie :
La portée des muses, n’est-ce pas la mort duvetée derrière la porte des musées?

.
Philippe
Soupaidt :
Les oies et les zébus sont les rois de ce rébus.

.
Roger
Vitrac :
Il ne faut pas prendre le halo de la lune à l’eau pour le chant « allô » des poètes comme la lune.

.
Georges
Limbour ;
Pour les
Normands le
Nord ment.

.
Francis
Picabia :
Les chiffres de bronze ne sont-ils que des bonzes de chiffes : j’ai tué l’autre prêtre, êtes-vous prête,
Rrose
Sélavy?

.
Marcel
Ducliamp :
Sur le chemin, il y avait un bœuf bleu près d’un banc blanc.
Expliquez-moi la raison des gants blancs, maintenant?

.
G. de
Chirico :
Vingt fois sur le métier remettez votre outrage.

.
Quand donc appellerez-vous
Prétéritions,
Paul Éluard, les
Répétitions?

*-
O laps des sens, gage des années aux pensées sans langage.

.
Fleuves! portez au
Mont-de-Piété les miettes de pont.


Les joues des fées se brûlent aux feux de joies.

.
Le mystère est l’hystérie des mortes sous les orties.

.
Dans le silence des cimes,
Rrose
Sélavy regarde en riant la science qui lime.

.
Nos peines sont des peignes de givre dans des cheveux ivres.

.
Femmes! faux chevaux sous vos cheveux de feu.

.
Dites les transes de la confusion et non pas les contusions de la
France.

.
De quelle plaine les reines de platine monteront-elles dans nos rétines?

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La peur, c’est une hanche pure sous un granit ingrat.

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Les menteurs et les rhéteurs perdent leurs manches dans le vent rêche quand les regarde
Alan
Ray.

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Si vous avez des peines de cœur, amoureux, n’ayez plus peur de la
Seine.

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A cœur payant un rien vaut cible.

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Plus fait violeur que doux sens.

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Jeux de mots jets mous.

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Aimable souvent est sable mouvant.

Robert Desnos

«Cucurucucu Paloma (Cucurucucu Colombe) Silvia Perez Cruz


Cucurucucu Paloma (Cucurucucu Colombe) Silvia Perez Cruz

Dicen que por las noches
Ils disent qu’il passait
Nomas se le iba en puro llorar,
Ses nuits a pleurer
Dicen que no comia,
Ils disent qu’il ne mangeait pas
Nomas se le iba en puro tomar,
Il ne faisait que boire
Juran que el mismo cielo
Ils jurent que le ciel lui meme
Se estremecia al oir su llanto ;
Se retrecissait en ecoutant ses pleurs
Como sufrio por ella,
Comme il a souffert pour elle
Que hasta en su muerte la fue llamando
Meme dans sa mort il l’appellait
Ay, ay, ay, ay, ay, … cantaba,
Ay, ay, ay, ay. , ay…. il chantait
Ay, ay, ay, ay, ay, … gemia,
Ay, ay, ay, ay, ay…il gemissait
Ay, ay, ay, ay, ay, … cantaba,
Ay, ay, ay, ay, ay…. il chantait
De pasión mortal… moria
De passion mortelle…il mourrait
Que una paloma triste
Qu ‘une colombe triste
Muy de manana le va a cantar,
Va lui chanter tot le matin
A la casita sola,
A la maisonette seule
Con sus puertitas de par en par,
Avec ses petites portes
Juran que esa paloma
Ils jurent que cette colombe
No es otra cosa mas que su alma,
N’est rien d’autre que son ame
Que todavia la espera
Qui attend toujours
A que regrese la desdichada
Le retour de la malhueureuse
Cucurrucucu… paloma,
Cucurrucucu…. colombe
Cucurrucucu… no llores,
Cucurrucucu…ne pleure
Las piedras jamas, paloma
Jamais les pierres, colombe
¡Que van a saber de amores !
Que savent elles d’amour !
Cucurrucucu… paloma, ya no llores
Cucurrucucu…colombe, ne pleure plus

Le brouillard mélange une certaine souffrance et les larmes comme la porte d’un couloir sur l’impasse

barricade dans la voix du soir aimant

qui éteint l’étoile

Une idée clouée sur la porte mange la lumière

blanche colombe gare aux griffes du fauve aveugle lâché par les autres comme une cage…

Niala-Loisobleu – 29 Septembre 2020