L’EPOQUE 2020/36: LES ENFANTS DE GAÏA 2


 

L’EPOQUE 2020/36: LES ENFANTS DE GAÏA 2

 

Après les Époques 2018 et 2019, voici le trente-cinquième de cette nouvelle Époque 2020 avec BARBARA AUZOU : LES ENFANTS DE GAÏA 2  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

 


L’EPOQUE 2020/36″Les enfants de GaÏa 2″ –  Niala – Acrylique s/toile 92×73

 

 

Il est des gestes poussés sur l’intime pourtant

qui semblent faits pour créer l’autre côté des nuits

et les fleurs reviennent toujours à la bouche où elles ont fleuri

La main sur la fureur douce des flancs j’ai vu un matin

les cuisses musclées de la joie se dresser sur une terre mal fagotée

pour réclamer l’aube du corps sans atours

Des roues de vins clairs tournaient alors entre des roseaux ravis

et les soleils se recomposaient tout en lenteur sableuse en mers reculées

 en sexes d’oiseaux

De fruits superposés en confidences 

de confidences en testament

comme il a fallu que je vous pense bien haut

mes enfants pour que vous soyez là suspendus à l’arbre de votre propre vie

avec vos roitelets dans la voix qui tomberaient en saison

pareilles aux nôtres dans les graves éblouis de l’amour

 

Barbara Auzou.

Condolence» par Benjamin Clementine


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Condolence» par Benjamin Clementine

 

I swear that you’ve seen me
Je te jure que tu m’as vu
Yes you’ve seen me here before, before
Oui tu m’as déjà vu ici autrefois, autrefois
And so don’t tell it
Et ne le dis pas
Don’t tell it otherwise
Ne le dis pas, sinon
This voice, this particular voice
Cette voix, cette voix particulière
Yes you’ve heard it before, before
Oui tu l’as déjà entendue autrefois, autrefois
And so don’t you dare tell it
Et tu n’oses pas le dire
Don’t you dare tell it otherwise
Tu n’oses pas le dire, sinon

No wonder why the road seems so long
Je ne me demande pas pourquoi la route semble si longue
Cause I have done it all before
Car je l’ai déjà prise auparavant
And I won
Et j’en suis venu à bout
You felt this feeling
Tu as connu ce sentiment
Tell me, don’t be ashamed
Dis-moi, ne sois pas gêné
You felt it before, before
Tu l’as ressenti autrefois, autrefois
And so don’t tell it
Et ne m’en parle pas
Don’t tell it otherwise
Ne m’en parle pas, sinon
I almost forgot, foolish me
J’ai presque oublié, je me mens
I almost forgot, forgot
J’ai presque oublié, oublié
Where I’m from you see the rain
D’où je viens on voit la pluie
Before the rain even starts to rain
Avant même qu’elle ne commence à tomber
Before I was born there was a storm
Avant ma naissance il y avait une tempête
Before that storm there was a fire
Avant cette tempête il y avait un feu
Burning everywhere, everywhere
Brûlant partout, partout
And everything became nothing again
Et tout est redevenu poussière
Then out of nothing
Et puis sorti de nulle part
Out of absolutly nothing
Sorti d’absolument nulle part
I, Benjamin, I was born
Moi, Benjamin, je suis né
So that when I become someone one day
Pour que le jour où je deviens quelqu’un
I’ll always remember I came from nothing
Je me rappelle à jamais que je ne suis parti de rien

 

 

 

 

DES BUEES D’ANEMONES


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DES BUEES D’ANEMONES

 

Riches fleurs du pauvre qu’une tige serre au poignet

bras scellés

au vase des larmes

Coin de table

chevet

travers seins

asparagus retenu à quai chez le fleuriste

Au bout de la pointe

l’oiseau crève l’oeil noir

et hisse en

rouge carminé

bleu outremer

violet foncé

l’effacé de la grandeur miserere

La voile azur carguée au mât des cornes

sabot du sombre gardé en traîne du trémail

remontant des villages blancs des ors du sable rougi de sang…

 

Niala-Loisobleu – 22 Août 202

 

 

 

A PAS DE LOUP MA MUSE


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A PAS DE LOUP MA MUSE

 
J’avance les yeux fermés, dans cette nuit de chien.
J’avance en attendant ma Muse.
Ma muse, qui me dévale, accroché au destin
Pas celui là ! L’autre ! Celui qui marche seul
Celui qu’on ne rencontre pas.

Lui, Mon destin et Ma Muse
Aux olympiades de mon nombril
Avec mes mises à l’heure
Dans la broussaille bi-journalière d’une extraction de verbes, à lui prêter des mots.

Lui, mon destin et ma Muse, d’une autre destinée
Dans la sensualité de gestes imaginaires
L’autre partie de moi, dans les matins d’un autre.
D’autres cotés des mots

Elle et cet autre
Elle et ma triste vie, dans l’invisible monde
Avec la sénescence de ma chienne de peau.

Elle, ma Muse
Elle, des toujours…
Ma Muse démuselée, dans les passages étroits de mes lignes de mire…
A ses seins libérés, son ventre disponible
Dans l’ombre cavalière des draps d’un autre lit.

A sa bouche rassasier; de fleurs, à fleur de peau; Au centre des écumes…
A ses lèvres abusées, à la syntaxe que j’injecte, dans des rêves à distance …
Quand se pointe mon verbe
Quand se pointent ses gorges, au piano de mes doigts.
Ma Muse comme la mer, haute dans ses trafics.
Dans sa petite mort
Ma Muse comme au jusant; Qui me va, qui me vient.
Dans mes mains.
Dans le vide.
Et qui meure d’encore.

Ma Muse quand tout s’en va
Dans un gris cathédral
Aux semblants, sans nos gestes.
Dans nos mises à l’épreuve des hallucinogènes.
De voyages en dedans !

Ma Muse, moi et mon chien et le temps qui m’affale

Avec sa voix dissimulée, derrière mes mains aveugles
Dans nos petits papiers pliés sur l’écriture
Avec… les mots que l’on avale, ruisselant nos murmures
Nos langues diluées des éclats de silence
Nos pouls synchronisés… aux rythmes des horloges

Moi et Ma Muse…
Dans la géométrie des gouffres horizontaux, nos yeux ouverts à l’aventure, d’une insatisfaction.
A peindre l’immobile…
Un rêve
Un sentiment
L’amour invulnérable
Quant tout nous semble encore
Fait d’aurore et de vérités…

Dans nos espaces intimes, humés d’imaginaire, où l’inconscience oblique, du coté d’un Ailleurs…
Cet autr’ coté de nous, de l’autr’ coté des heures, à supporter le temps, d’infiniment sans elle, aveugle et sans sa voix

Des lignes aux écritures… A peine imaginaires, qui nous parlent de nous…

Comme un rêve rêvé…
D’Amour…
A pas de loup..

 

 

Extrait de:
poète sale type
Jacques Gourvennec

ET LA MER


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ET LA MER

 

Le regard ne rencontre qu’un voilier posé sur un trait d’hippocampe

les sternes sont encore à table

sans que le grincement des élingues ne contredise la promesse du jour

Depuis les carreaux du marais le paludier monte ses cônes vers les sphères

tandis qu’à terre les vignes se portent garantes de vendanges imminentes.

 

Niala-Loisobleu – 22 Août 2020