ENTRE TIEN EMOI 127


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ENTRE TIEN EMOI 127

 

Appuyé à la pierre à écrire et les yeux dans l’épaisseur de l’arbre à soie, le vent chantonnait des paroles sur l’air d’un moment réservé à la visite. Nous avions laissé le cheval en compagnie de l’âne de la concierge du Musée. Sans l’attacher, au pied de la montagne qui dominait la mer. Pas un petit-baigneur, pour nous troubler l’eau, la plage était déserte et elle criait mon nom. Alain. Les raisins prêts à vendanger tant l’été les avait gonflés, on sentait bien qu’on nous disait pas toute la vérité sur l’état du climat. On fait plus que parler que du masque, on isole l’essence-ciel.

C’est alors qu’on sortit en profitant de l’ouverture de la porte de derrière, laissant le guide mentir l’histoire aux touristes. Des anglais qui avaient du bien d’être en France, étaient parmi eux, en fait je crois que la guerre de Cent ans n’a jamais fini.

Vînt à se poser à Mornac, source de la Charente, une trentaine de cigognes remontant sur l’Alsace avant qu’on  la reconfine

Je te regardai entre cet espace privilégié

Sans une parole, tu me tiras par la main dans un désir d’enfant pas caché…

Niala-Loisobleu – 17 Août 2020

A L’IMAGE DE SON CRI


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A L’IMAGE DE SON CRI

 

L’oeil en voix

ce cri me traverse sans avoir vieilli

réanimé m’aime

par un peint saut

Les cinq versions symphoniques  maintiennent la crise existentielle

au Cercle Polaire en voie de disparaître

Chalom

Sale homme

nitrate en baie des routes

Je me masque pileusement au centre de cet estuaire hurlant par lequel je traverse à cheval Graal à la rencontre de Guenièvre.

 

Niala-Loisobleu – 17 Août 2020

ENTRE SOIE


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ENTRE SOIE

 

Intérieure atmosphère

les raisins sur la table ne rentrent pas dans une médaille d’or de comice à piquette

pas plus que le régime ne m’oblige à me relever la banane d’un Presley

si la table est ronde ne mettez pas ça sur le compte du hasard

surtout qu’à volets clos

le Je Nous et Irène vont pas ensemble

Le tout demeure entre soie

 

Niala-Loisobleu – 17 Août 2020

ROBERTO JUARROZ EST MON COMPTE QUI CONTE


ROBERTO JUARROZ EST MON COMPTE QUI CONTE

 

 

La poésie verticale e Roberto Juarroz m’a amené à numéroter mes oeuvres

Niala-Loisobleu – 17 Août 2020

 

 

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Dans une conférence que Roberto Juarroz donne au sein du Centre International de Recherche et Études Transdisciplinaires, en 1994 au Portugal, il se réfère à Emerson « disant que l’homme est seulement la moitié de lui-même, l’autre moitié étant son langage. » et Wittgenstein  » Les limites de mon langage sont les limites de mon monde et les limites de ma réalité « . Par le langage, le poète Juarroz, opère ce travail d’accéder à la liberté vis-à-vis du monde et de sa réalité, soit des représentations du monde qu’il se fait et qui le limitent. Au fil de ses 15 recueils tous intitulés Poésie verticale, et des trois livres entretiens Poésie et création, Poésie et réalité, Fidélité à l’éclair, Roberto Juarroz réitère sa place de créateur du langage et du monde, se mettant quotidiennement à la place d’un Adam à qui dieu – de dos – demande de nommer les animaux.

« Périodiquement,
il faut faire l’appel des choses,
vérifier une fois de plus leur présence.
Il faut savoir
si les arbres sont encore là,
si les oiseaux et les fleurs
poursuivent leur invraisemblable tournoi,
si les clartés cachées
continuent de pourvoir la racine de la lumière,
si les voisins de l’homme
se souviennent encore de l’homme,
si dieu a cédé
son espace à un remplacement,
si ton nom est ton nom
ou déjà le mien,
si l’homme a terminé son apprentissage
de se voir de l’extérieur.

Et en faisant l’appel
il s’agit de ne pas se tromper :
aucune chose ne peut en nommer une autre.
Rien ne doit remplacer ce qui est absent. »

In Douzième Poésie verticale, traduit par Fernand Verhesen, © Éditions Orphée La Différence, 1993, p.29