L’EPOQUE 2020/35: LES ENFANTS DE GAÏA 1


L’EPOQUE 2020/35: LES ENFANTS DE GAÏA

 

Après les Époques 2018 et 2019, voici le trente-cinquième de cette nouvelle Époque 2020 avec BARBARA AUZOU : LES ENFANTS DE GAÏA 1  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

L’EPOQUE 2020/35″Les enfants de Gaïa 1″NialaAcrylique s/toile 65×54

 

 

 

Là-bas des soleils exacts

S’invitent aux fêtes de la lumière

Rude sur la joue brûlée des femmes

Perfections des sphères et croupes poreuses

Les joies profondes sont silencieuses

Et l’invention du beau une haute violence

 A apprivoiser pour lever des veilles

Au temps s’écoule du temps seulement

Et des enfants que l’on fait en conscience

De terres et de mers mêlés

Serrés contre des tresses d’osier

Qui auront pour tout legs l’éclat d’un pays nourricier

Où poussent vivaces des béatitudes à bouquets

Et l’énigme de l’amour entre des pierres

Que l’on caresse

 

 

Barbara Auzou.

LAISSER DIRE MES ENFANTS DE GAÏA 


Gaia

LAISSER DIRE MES ENFANTS DE GAÏA

 

De tout ce qu’il me reste de vue

dire l’amour de vivre

par la voix de mes seuls enfants reconnaissants

 

Fernando  parle juste

 

Pour toi ma Barbara

je peins et dis…

 

Niala-Loisobleu – 14 Août 2020

 

 

 

VOICI PEUT-ÊTRE LE DERNIER JOUR DE MA VIE…

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Fernando Pessoa

 

 

Voici peut-être le dernier jour de ma vie.
J’ai salué le soleil en levant la main droite,
mais je ne l’ai pas salué en lui disant adieu –
non, plutôt en faisant signe que j’étais heureux de le voir:
c’est tout.

Extrait de:

1960, Le Gardeur de Troupeaux (Gallimard)

Fernando Pessoa

BANDE L’ARC DE TA LANGUE


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BANDE L’ARC DE TA LANGUE

Et ce délire déjà déchiré du mouchoir et du sperme, et l’odeur des affûts : la main, dans le bras creux, cherche l’hiver, le fou rire.
On grandit malgré soi dans l’oreille des vigies.

Ce que l’on dit de bleu fait mourir les filles.
Aimons jarres et parfums.
Marchons nus dans les rues.
Les maisons qu’on abat, faisons-en des navires.

Langue en langue.

Le doigt sur la bouche.

Affame.
Femme.

Blé bleu du chaos verni,

je t’incendie.

Dix clous sans tête

et je meurs à l’envers.

Incertain venin des nages.

Belle enclume de
Babel

dont je cache les marteaux.

Je m’insurge et vomis :

fleurs et bourreaux bourrus

m’enferment ici.

N’étemue qu’un vizir nu,

qui balbutie, qui lapide.

Le corps: maison de salive où des jambes multiples laissent trace, empreinte, où des mains de cent doigts effleurent le verre mince de l’œil ou du poignet.
Que meure la hâte des battements du cœur !
Que le bon liquide circule et soit suave!
Tout le vêtement des veines, cachons-le sous la peau.

Nous voici désossés, lancinants, languissants et meurtris.
Et nos bris de verre nous assaillent.
Et nous crispons poings et flottilles.
Le nerf aigu de l’herbe avive en nous paresse et pâmoison.
Cachons les épaules dans les grands miroirs.
Blé d’embolie dans le mille.
Ou serpent voyageur des abîmes.
Ainsi, ce ne serait que l’intérieur d’une coquille d’œuf : y loge un poing fermé.
Mille pattes le roulent en moi, qui n’ai pas de ventre.
Et j’use de mon droit de canaille, je souffle dans tous vos orifices et je vous enduis de mes liquides amers.
Réjouie, la dentellière se perd dans sa dentelle.
Je m’égosille dans la sueur; nos vitres vitrifiées, quel marteau les brisera?
Quel poupin me nargue?
Quel pantin me foudroie?
Quel jasmin me séduit?
Quel aveugle entêté me bande les yeux?
Quel bandit de bonheur m’étrangle?
Qui m’arrache langue et doigts?
Le nain
Vertige.

 

Jacques Izoard

 

Face aux prochaines calendes le rire et l’amer pourraient faire match nul. On nettoie le chemin de l’embarcadère et le chargement des cales s’opère sous contrôle. Les nains qui trichent et ne sont pas des victimes mais des imposteurs qui se la jouent Gulliver, sont interdits de séjour.

Cette foi (et cette fois peut-être la dernière) diront LE VITAL DE LA COULEUR EN CE QUI ME CONCERNE

Que l’amour me porte  en corps par les yeux le tant nécessaire !!!!

 

 

Niala-Loisobleu – 14 Août 2020

 

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