Mes Yeux Dans Ton Regard par Nilda Fernandez


Mes Yeux Dans Ton Regard par Nilda Fernandez

Quand tu veux tu m’appelles
Tu connais mon numéro
45 12 20 00

Quand tu veux tu m’entraînes
En face de toi dans un bar
Comme autrefois j’ai envie de te voir
De voir, de voir…
Mes yeux dans ton regard

Mais s’il faut pour te plaire
Devenir presque un idiot
Je ne suis pas celui qu’il te faut

Laisse tomber ce qui pèse
Oublie les adieux dans les gares

Laisse-moi seulement l’envie de revoir, revoir…

Quand tu veux tu m’appelles
Tu connais mon numéro
45 12 20 00

Et quand les années qui viennent
Te feront casser les miroirs
Garderas-tu l’envie de revoir, revoir…

Revoir, revoir
Mes yeux dans ton regard

A BARBARA, BARBE EN SCENE


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A BARBARA, BARBE EN SCENE

Longue très longue

Elle  (la logique) entra dans sa tête (d’un docteur) par la brèche, et la renversa du premier effort et de ses simples prolégomènes – Balzac – Le Barbon

Jeu de massacre des têtes spectatrices qui bissent

à l’ordre du prompteur

comme au tabouret d’un monarque qui se prit pour le soleil

J’illustrerais côtés cour et jardin

sanguine couleur et matière

ta didactique mise en préface

oiseau

ne retenant que le cri de ton orthographe

comme les caniveaux qui m’ont élevés au balai de bouleau

l’oeil épluché de sa crotte chiasseuse

nu

déshabillé de la pleureuse…

Niala-Loisobleu – 13 Juin 2020

DEUX FINS LAMBEAUX D’ÉTOILE


 

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DEUX FINS LAMBEAUX D’ÉTOILE

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Deux fins lambeaux d’étoile

deux cristaux de promesse

l’air pur et puis la nuit et puis et puis et puis

toute danse étreignant deux fins lambeaux d’étoiles

les ciseaux de lumière après la
Tour
Eiffel

et le printemps déjà qui déjà déjà luit

traînant sous ces arceaux un corps toujours revêche ce corps enfin s’adjoint ce corps qui l’avait fui la chair où court le sang la chair de toute nuit et les courbes marquant le
trajet des mains rêches

obscur mangeur de jour ces deux mains unité

la longueur d’un maintien la chaleur des deux paumes

tous les feux sont éteints il reste pour la nuit

la grande conjonction de l’herbe et de la pierre

 

Raymond Queneau

 

N’ÊTRE PAS


 

 

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N’ÊTRE PAS

Fermer le temps présent le temps nécessaire à s’en purger pour se replacer au bon endroit, besoin de ça pour sortir de ce temps de merde où tous, hommes et éléments s’accordent pour conduire à rien. Cézanne en premier pour héberger la révolte constructive. Des murs solides et vivants chassant les faiseurs de mots maîtres de la phrase creuse. Puis Marguerite pour approcher la netteté allant au but en sachant que peu comprendrons, mais ce peu devenant le tout il faut le jeter. Je ne peux peindre un monde qui base sa vérité sur un mensonge. Le non-dit actuel s’en prend à tout sans mesurer. Ce sens étant totalement dépassé. Personne ne veut plus se reconnaître. Nous sommes dirigés par un homme qui erre et dans cette reconnaissance de son inaptitude pense à démissionner pour se faire réélire. Ce n’est même plus pitoyable, c’est la loi du néant, son pouvoir totalitaire. Je vais pas me pisser dessus et me vomir, non je veux arrêter cette déchéance au moins sur le plan personnel.

Arrêter juste pour séparer le désastre d’un suicide au profit d’un choix de l’ignorance globale qui se vante de savoir. Pouvoir se sauver et non vouloir le pouvoir d’en profiter. Internet héberge ce deuxième pouvoir, celui que je répudie.

Je ne veux pas perdre ma vitalité en vivant mon quotidien dans l’inaction d’aimer au premier chef. Le sujet onirique est affaibli par un autre virus. Celui d’une réalité matérialiste prête à tout pour occuper l’espace de marché. Réduite à ne plus pouvoir prendre en compte la stricte mesure de précaution.

L’économie mondialiste reprend autorité sur l’existence des individus pour n’être plus.

J’écrirai la couleur du vivre, la vigueur d’aimer isolé  de la masse pas de mon idéal, pour sauver le seul concept qui vaille.

Niala-Loisobleu – 13 Juin 2020