L’EPOQUE 2020/20: LES BAIGNEURS 2


 

L’EPOQUE 2020/20: LES BAIGNEURS 2

 

Après les Époques 2018 et 2019, voici le vingtième de cette nouvelle Époque 2020 avec BARBARA AUZOU : LES BAIGNEURS 2 . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

     L’EPOQUE 2020/20″Les baigneurs 2″ – Niala – Acrylique s/toile 61×50

 

 

Jamais on ne marchandera la mer son sel roux

Je te maintiendrai bien au-dessus du mot son 

Aérienne inconstance son cielleux bestiaire

Et s’il le faut même bien au-dessus de Nous

De Charybde en Scylla  l’injonction

À être heureux est un galet plat

Qui ne ricoche que quand on a l’âme au travers des yeux 

Et s’il faut remercier la vie on le fera

Comme des oiseaux sauvages 

Engendrés par sa bonté imprévue

Sa tardive récompense nous serons

Si peu surpris de notre propre délestage

Que nous attendrons

Les monstres debout

 

 

Barbara Auzou

 

 

LE PRE SOUS LES TOITS


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LE PRE SOUS LES TOITS

A la première haie je tourne à gauche

un vol de moineaux bruisse

faux-méplat, ça s’arrondit passé la barrière

Un trou d’eau  entre deux gros arbres

à la pancarte

« CHEMINEES DU DIABLE »

je remplis  la charrette d’un stère

La belette passe la tête

autre haie d’églantine

sous l’aisselle je m’allonge et rêve

d’une cabane

Un train électrique sort ses rails du coffre à jouets

les animaux de la ferme conduisent la vache à la gare

Je descends de vélo et monte à cheval

passe-montagne

le défilé n’a rien d’un 14 Juillet

pourtant c’est bien la Légion qui l’ouvre

quel beau tablier a ce sapeur

Mais que de haies cachent  en corps

les pommiers

avant les premières falaises de la mer

Le Normandie sort de l’estuaire

j’ai demandé sur la porte qu’on ne me dérange plus…

Niala-Loisobleu – 3 Juin 2020

L’EPOQUE 2020/19: LES BAIGNEURS 1


L’EPOQUE 2020/19: LES BAIGNEURS 1

 

 

Après les Époques 2018 et 2019, voici le dix-neuvième de cette nouvelle Époque 2020 avec BARBARA AUZOU : LES BAIGNEURS 1 . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…


      L’EPOQUE 2020/19″Les baigneurs 1″- Niala – Acrylique s/toile 35×24

 

 

Vivre 

Est autre chose disais-tu

Que notre propre nuit

transpercée d’un fanal

Qui s’éteint perdu

Dans les premières brumes du matin

Et la mort n’a rien de littéraire

Elle est la mort elle emporte nos désirs déçus

Il faudra tuer la bête et sa démarche de rose fatale

Coutumière d’une chasse étrangère à la vie

Où l’âme découche

Il y a à la bouche des terriers humides

Qui boivent le retour des années

Et remettent au bain l’épine rose du sein

Viens

Au plus près accordée

Enfanter des mers

Baigner l’enfant serein

Dans le grand secret 

De nos visages enfin lavés

De leur fièvre

 

 

Barbara Auzou.

ETAT DE MUSC-ULATION


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ETAT DE MUSC-ULATION

 

Jonction à l’identique au moment exactement contraire  de l’alliage. La fraîcheur retient en arrêt l’étouffante chaleur. En tombant la nuit caresse le tronc mâle du cerisier, l’emportant dans cette intensité d’étoiles filantes. Tourbillon céleste que balaie le grand phare. La chair du fruit écrase sa pulpe , l’herbe rompue par la fatigue respire de quoi se redresser et emporte l’image. Beauté du mouvement charnel où finit l’un commencé de l’autre. Il est 23h15 la gare se vide pendant que la lanterne rouge du train s’éteint.

Premier souffle du matin, dans la mi-ombre du coq absent le rideau glisse. Tout est là. Rien n’a bougé et personne n’a pu touché le moindre mouvement. Les bras et les jambes, les poitrines et les ventres sont à l’amble. Le passage à niveau à maintenu le transport des rails. Voici la clarté qui monte des buissons les plus proches. L’oiseau regarde. Se lève. Rassuré par l’absence prédatrice. Il envoie la couverture nocturne au bassin de l’aube. Il est 5h10 le train s’arrête pour laisser monter le contenu de la boîte d’odeurs.

Niala-Loisobleu – 3 Juin 2020