L’EPOQUE 2020/14: TOUJOURS A BONNE DISTANCE.


Après les Époques 2018 et 2019, voici le quatorzième de cette nouvelle Époque 2020 avec BARBARA AUZOU : TOUJOURS À  BONNE DISTANCE. Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa..

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L’EPOQUE 2020/14

« TOUJOURS A BONNE DISTANCE »NialaAcrylique s/toile 61×46

 

 

Et c’est dans le brasier

Fauve de la nudité

Des âmes que j’ai trouvé

Le sexe géant et rudoyé

De l’espoir son pourpre

Et sa plaie Ma liberté

Scandaleuse doucement cambrée

Sur la partition du poème

C’est assez pour me proclamer

Innocent L’amande changeante

Des yeux dont nous sommes tour à tour l’élan

Et le sourire étreint le midi des choses nues

Gouvernées par le même éclair

Le même nombre et les mêmes symboles

Au heurtoir de l’infini

Je frappe un rêve qui n’en finit plus

De s’écrire

De la mangeoire de l’enfance

Au rose d’une aisselle peu craintive

Et décemment possédée

 

 

Barbara Auzou.

L’Inoffensif – René Char


Scan L'Inoffensif

L’Inoffensif – René Char

Je pleure quand le soleil se couche parce qu’il te dérobe à ma vue et parce que je ne sais pas m’accorder avec ses rivaux nocturnes. Bien qu’il soit au bas et maintenant sans fièvre, impossible d’aller contre son déclin, de suspendre son effeuillaison, d’arracher quelque envie encore à sa lueur moribonde. Son départ te fond dans son obscurité comme le limon du lit se délaye dans l’eau du torrent par-delà l’éboulis des berges détruites. Dureté et mollesse au ressort différent ont alors des effets semblables. Je cesse de recevoir l’hymne de ta parole;  soudain tu n’apparais plus entière à mon côté; ce n’est pas le fuseau nerveux de ton poignet que tient ma main mais la branche creuse d’un quelconque arbre mort et déjà débité. On ne met plus un nom à rien, qu’au frisson. Il fait nuit. Les artifices qui s’allument me trouvent aveugle.
Je n’ai pleuré en vérité qu’une seule fois. Le soleil en disparaissant avait coupé ton visage. Ta tête avait roulé dans la fosse du ciel et je ne croyais plus au lendemain.
Lequel est l’homme du matin et lequel celui des ténèbres ?

***

René Char (1907-1988) – La Parole en archipel (1962)

LE ONZIÈME HOMME


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LE ONZIÈME HOMME

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Dernier échappé du tunnel quand il salue l’alignement s’est déjà défait et les clameurs ont volé son nom

exilé en embuscade il tangue sur la ligne fictive du hors-jeu limite mouvante

qui d’un coup d’ceil ressuscite

le coup de rein

c’est après le regard en attente

le choix de l’angle d’attaque

le jaillissement

la vitesse

le souffle coupant

on dit

torrent saisi par la tempête

qu’il déborde

on dit

qu’il trace au bord des marges

un écart pour ouvrir le champ

on dit que lui

le déboussolé

centre pour aimanter les têtes

on dit qu’il est dans les nuages
Icare en bout de course et qu’il a filé sur l’aile

André Velter

DU PAPIER-PEINT DE MA NATURE


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DU PAPIER-PEINT DE MA NATURE

Au moment où le vent – un gout d’origami dans l’esprit – plia à mêler les essences végétales , l’iris tête basse se cramponna aux accoudoirs de l’allée. Ras et cinglant comme fouet à tirer le cri c’est le vent

L’atelier serre le cheval à l’abri et fer comme si

D’un ton donner la parole au silence

il fait beau de palette alors

quand la couleur te rentre dans l’imaginaire

Retapisse

retapisse

retapisse et tend ton lé de chaque côté du canal

Ferrat met sa montagne du côté qui chante pour tenir un espace clair

voilà l’endroit idéal pour ton cheval, Alain

peint ton papier avec les mots de l’amour

et ne garde que la beauté de la vie…

 

Niala-Loisobleu – 1er Mai 2020