FASTES – RENE CHAR


 

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FASTES – RENE CHAR

 

L’été chantait sur son roc préféré quand tu m’es apparue, l’été chantait à l’écart de nous qui étions silence, sympathie, liberté triste, mer plus encore que la mer dont la longue pelle bleue s’amusait à nos pieds.

L’été chantait et ton cœur nageait loin de lui.
Je baisais ton courage, entendais ton désarroi.
Route par l’absolu des vagues vers ces hauts pics d’écume où croisent des vertus meurtrières pour les mains qui portent nos maisons.
Nous n’étions pas crédules.
Nous étions entourés.

Les ans passèrent.
Les orages moururent.
Le monde s’en alla.
J’avais mal de sentir que ton cœur justement ne m’apercevait plus.
Je t’aimais.
En mon absence de visage et mon vide de bonheur.
Je t’aimais, changeant en tout, fidèle à toi.

René Char

 

 

 

 

ANCRE VERTE


 

CERISIER EN AVRIL

ANCRE VERTE

Le merle affûte son sifflet et graisse la bille

il a vu l’intérêt marqué par tes seins pour mes créoles

Le combat sera féroce

pour plus d’une nuit de noces

A rouge baiser tu vas voir comme ça croque

au point de me les faire se développer à l’eau-de-vie

Niala-Loisobleu – 29 Avril 2020