DES PAROLES RETENUES DE L’HERBE FOULEE


"REMEMBERING"

DES PAROLES RETENUES DE L’HERBE FOULEE

Dans le dos du nèflier le mur de pierres montées à la boue tient livre ouvert. Coiffé du palmier symbolique, il dresse un journal de bord au dressement de poil près.

De la fourmi déménageuse au lierre colonisateur, le regard d’un garenne de passage et encore un merle persifleur se sont inscrits, chacun dans son rôle. Il y eut un prunus majestueux dans l’ombre duquel les dames-élèves peignaient en papotant un moment d’évasion. Des enfants disparus aujourd’hui ont également mis leurs rires à la renversure de leurs boules

Par la grâce d’un soleil espéré, j’ai pu te conter en pâquerettes et herbe drue, fortement grasse. Le ronflement de la tondeuse s’étant accordé au bruit du moteur marin de ma pensée, le panama s’est vraiment cru au canal de passage. Petit-vitesse adoucit le bruit mécanique, tu parles à seins nus et robe vraiment courte en long dialogue. Les nouvelles d’ici-bas choisissent le ton . L’accord s’attache aux couleurs des façades comme  à la longueur des ponts au point large de l’estuaire. J’ai même entendu des élingues dirent des tempêtes dans un sourire redonné par la sécurité du quai

Il y eut sur la Chaume un reflet de toi en mésange bleue dans la vitrine pendant que je  chargeais les sacs de végétaux dans la voiture. De plus près je vis les liserons dans tes cheveux. L’envie d’aller m’asseoir dans mon fauteuil compléta le bien-être d’être ensemble à la fin du travail de jardin.

Un avion nous emportera très au-dessus du monde…

Niala-Loisobleu –  24 Avril 2020

Sous ton panama


Sous ton panama

j’ai bu têtue ta joie simple

toute occupée à me murmurer

à l’échelle des mots peu communs

que le temps immobile faisait monter

à mes yeux mordus de cils lourds

Sous ton panama

j’ai croqué les songes à vif

que tu me pelais pour maintenir

disais-tu à flot égal ce qui fuyait

et m’altérait le visage

Douce-amère disais-tu encore

la beauté survit au carnage

Et sur le plan des possibles

à carreaux blancs et rouges

tu étalais les fruits fraîchement

cueillis d’une saison revenue

et quelques branchages secoués

d’or et de rires

Barbara Auzou.

CE QUI TRACE TA VOIX


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CE QUI TRACE TA VOIX

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Ce qui trace ta voix

Dans ton silence désossé
C’est le chant de tant de voix
Qui animent ta bohème
Démultiplication
Avec le carré
De tes nerfs
Qui font la chair
De ton poème

Pendant que dort ton amour
Le clavier des lueurs
Joue dans le jour
Finissant
Comme pour tordre
Sa lumière

Ta vindicte aux étoiles invisibles
T’entraîne à toucher
Le lointain

Le hasard t’aspire

Et tu tends tes désirs
En offrande de veille
A l’innocente grâce
Qui te sourit
Aussitôt
Le soleil éteint

A la flamme de la bougie
Brûle ton long soupir …
Tu redresses ton souffle
Vers l’horizon feutré
Qui immole
Les ombres des humains
Et met à nu l’étranger
Assis sur la corde
De tes songes

Quelques embruns
De regards débordants
Viennent dépoussiérer
Ton propre ciel
Écumant

Et tu bâtis
Comme des insurrections
Aux yeux vifs d’amants
Où se souligne
L’attente
Comme un phare tendre
Qui plonge dans
Leurs paupières

Si la danse des voix
Cueille toutes les langues –
Elle accueille ta chance
D’éprouver l’art
Au pavois
De toutes couleurs

Un soupçon d’hiver
Rentre dans l’étreinte du hasard
Qui embrasse ta scène impromptue …
Tu les retrouve tes lunes
Au milieu des chemins
Où tu lances
Ta plume

Chaude est ta roche d’incertitudes
Où claquent et dansent
Les vagues immiscées
Dans ton cœur …
Elles sont
La pensée qui peuple tes songes
Elles sont cette dame
Qui roule ses pas
Contre tous
Les courants d’amertume

Et la terre – sous ce auvent –
Déploie un grand halo
Autour des désirs
Qui attendent …
Nous relevons même le ciel
Au-dessus des toits …
Nous lui avouons
Nos rêves
Et …
Il se teinte de tous les sourires

Le temps indistinct
En aura oublié son horloge …
Alors – gavé de présence –
Il nous renvoie aux
Feux des solitudes
Qui clament l’innocence
De plaisirs à atteindre
D’où se partagent
Les voix –
Malgré la distance
Qui les sépare –
Comme
En un seul silence
Interrompant le vide
De ta propre
Présence

 Alain Minod

 

 

SUINTEMENTS


SUINTEMENTS

Le temps poursuivi dans cette cavalcade que nous affectionnons à cru, nous sommes au bord de courir dans l’écume

La rivière est proche

les peupliers en ligne marquent l’obstacle à franchir après celui de l’helvète fouineuse qui en a été pour ses frais

Un groupe d’ânons se nourrit à sa maman sous l’oeil attendri d’une belle normande à l’écoute, oreilles collées sur les rails

Quand les anglais ont débarqué ici ont se les ait farci durant cent ans. C’est drôle mais ça me bat pas l’émotion de savoir que l’arène mère à paumé un rejeton et sa suite. Le monde est si pauvre qu’il lui faut des monarques pour sa tirelire

Je sue, tu sues, nous suons

Et jusqu’à les peaux greffées d’une m’aime brûlure. L’éperon émonde à sang. Ah oui, sans casaque tu gagnes à prendre le départ comme moi sans la bombe mais avec le panama

Quand j’aurai rentré le cheval à côté du vélo, j’irai changer les litières…

Niala-Loisobleu – 24 Avril 2020

L’EPOQUE 2020/13 – EX-VOTO: JE T’AIME, TAIS-TOI


Voici ma contribution à ce numéro 13 de l’Epoque 2020: EX-VOTO: JE T’AIME, TAIS-TOI

L’EPOQUE 2020/1’EX-VOTO : JE T’AIME; TAIS-TOI
Niala
Acrylique s/toile 81×65




Tais-toi
Je t’aime voici
L’ex-voto de la glace
Et du feu Vois
Comme tout s’attire
Et tout se repousse
Comme tout tremble
Malgré les innombrables
Manières d’exister
Comme tout tient ensemble
Voici mon improbable scène
La lune rousse étire son corps valeureux
Dans la vanité bue soupire
L’allégorie de tes seins
Tais-toi dans la forme même de l’écrire
Et dans le lien
Sur les sentiers de contre hallage
Passe la caravane de la beauté
Qui fleurit
Bleue l’utopie
De ceux qui se vouent
Au silence du langage
A la sereine violence de la vie

Barbara Auzou.