ECRIRE COMME A BOUT PORTANT


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ECRIRE COMME A BOUT PORTANT

La sale bête a beau jeu de se terrer dans son anonymat. Maintenant  je cherche à mon tour comment en sortir. Le coup du masque et des gants qu’on doit mettre et qu’on recommande d’enlever, ajouté à mes graves problèmes de connexion me monte au créneau

Anguillé en poisson pour entrer dans les trous, j’ai acheté au bon coin un futale auto-destructible

Il s’efface tout seul en arrivant à destination dès que son pli frôle la boîte-à-lettre du destinataire

le missile à tête-chercheuse part en chasse à la cible

Jojo ça me plaît bien comme petit-nom alors je m’ai fait mérou, un bon gros gentil, joueur, bon vivant amateur de lieux sauvages, avec mon panama je traverse à l’aise

Me voici arrivé à la vallée, le chien m’a vu en premier et se fait une Fête des Fous qui va bien dans notre Moyen-Âge actuel

Je vois clair d’un seul coup

la pandémie a pris naissance en Chine, et en sort pour établir son foyer en Europe

j’avais une dent pour le Marché Commun depuis le premier jour et pareil pour les fausses démocraties, alors si le totalitarisme en guérit faut que Macron ait le courage de reconnaître sa véritable identité en utilisant le 49.3 pour interdire toute sortie et fermer l’activité le temps de tout guérir, parce que notre système du cul entre deux chaises c’est inadmissible comme remède.

Niala-Loisobleu – 11 Avril 2020

LANGUE DE SEL


Instagram photo by Alex Kanevsky • Jan 4, 2015 at 7:43 PM

LANGUE DE SEL

Seule à des kilomètres la maison sur la mer souffle un autre air au fond des yeux. La première vue rassemble les angles esquissés des passages clandestins de la frontière surveillée. Quand les palmiers sortent d’une trouée de bougainvilliers le potier redresse le col de son amphore pour tendre à la fraîcheur des heures épargnées aux troubles du confinement. L’ouïe tendue tente une sortie. Le brouillage d’une misérable connexion crécelle plus qu’un bruit désagréable. La chambre sent la montée du kidnapping d’affinités , trop de sandales abandonnées à la porte lui confèrent un côté Mecque. J’ai demandé à l’âne de remplir son autorisation de sortir du relevage des seaux à la noria. Qu’il nous conduise entre les villages blancs, les torils et le chant des fontaines au bord d’un quelconque quartier de lune. Je désire te lécher des flammes d’un feu sur la plage, en t’arrosant de grappes pressées et de fruits pulpeux. L’excitation rauque du pouls pris à témoin par les guitares assises contre les chiens au bord des roues du chemin. Un passage fendu entre les murs à se toucher les grilles aux fenêtres, toi pour patio voilà ce qui m’obsède à briser l’état d’enlisement. Ton profil pastèque entre les dents.

Niala- Loisobleu – 11 Avril 2020

TOUR


Blaise Cendrars

TOUR

1910

Castellamare

Je dînais d’une orange à l’ombre d’un oranger

Quand, tout à coup…

Ce n’était pas l’éruption du
Vésuve

Ce n’était pas le nuage de sauterelles, une des dix plaies

d’Egypte
Ni
Pompéi

Ce n’était pas les cris ressuscites des mastodontes géants
Ce n’était pas la
Trompette annoncée
Ni la grenouille de
Pierre
Brisset
Quand, tout à coup,
Feux
Chocs

Rebondissements

Étincelle des horizons simultanés
Mon sexe

O
Tour
Eiffel!
Je ne t’ai pas chaussée d’or
Je ne t’ai pas fait danser sur les dalles de cristal
Je ne t’ai pas vouée au
Python comme une vierge de
Carthage

Je ne t ai pas revêtue du péplum de la
Grèce

Je ne t ai jamais fait divaguer dans l’enceinte des menhirs

Je ne t ai pas nommée
Tige de
David ni
Bois de la

Croix
Lignum
Crucis

O
Tour
Eiffel
Feu d’artifice géant de l’Exposition
Universelle!

Sur le
Gange

A
Bénarès

Parmi les toupies onanistes des temples hindous

Et les cris colorés des multitudes de l’Orient

Tu te penches, gracieux
Palmier
I

C’est toi qui à l’époque légendaire du peuple hébreu

Confondis la langue des hommes

O
Babel!

Et quelque mille ans plus tard, c’est toi qui retombais en langues de feu sur les
Apôtres rassemblés dans ton église

En pleine mer tu es un mât

Et au
Pôle-Nord

Tu resplendis avec toute la magnificence de l’aurore boréale de ta télégraphie sans fil

Les lianes s’enchevêtrent aux eucalyptus

Et tu flottes, vieux tronc, sur le
Mississipi

Quand

Ta gueule s’ouvre

Et un caïman saisit la cuisse d’un nègre’

En
Europe tu es comme un gibet

(Je voudrais être la tour, pendre à la
Tour
Eiffel!)

Et quand le soleil se couche derrière toi

La tête de
Bonnot roule sous la guillotine

Au cœur de l’Afrique c’est toi qui cours

Girafe

Autruche

Boa

Equateur

Moussons

En
Australie tu as toujours été tabou

Tu es la gaffe que le capitaine
Cook employait pour diriget

son bateau d’aventuriers
O sonde céleste!

Pour le
Simultané
Delaunay, à qui je dédie ce poème,
Tu es le pinceau qu’il trempe dans la lumière

Gong tam-tam
Zanzibar bête de la jungle rayons-X

express bistouri symphonie
Tu es tout
Tour

Dieu antique
Bête moderne
Spectre solaire
Sujet de mon poème
Tour

Tour du monde
Tour en mouvement

Août 1913.