L’EPOQUE 2020/10: LA POITRINE DES ANGES


L’EPOQUE 2020/10: LA POITRINE DES ANGES

 

Après les Époques 2018 et 2019, voici le dixième de cette nouvelle Époque 2020 avec BARBARA AUZOU : LA POITRINE DES ANGES . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

 

la poitrine des anges

 

L’EPOQUE 2020/10« La poitrine des Anges »NialaAcrylique s/toile 61×46

 

 

Je t’aurais aimée

Et le ciel déborde jusque dans les maisons

Avec le bourdonnement continu de ses fleurs

De lierre  À la poitrine des anges je viens triturer

De menues prières pour que le môle s’allonge

Vers nos circuits de sel et leurs étranges visions

Je t’aurais aimée

Ton tablier chante la pêche dorée de ton quotidien

Et les nuages n’évoluent qu’en coulisse

Avec leurs trésors à toi seule dédiés

Sur sa pierre tourne le volet vers nos yeux au matin

Des lampistes en quête de vérité et d’habitudes

Sont venus habiter en nombre notre jardin

 

Et moi je peins ce ciel d’oranges

Pour que tu ne puisses plus douter

Que tu es dans ma vie le fruit gonflé

De toutes mes latitudes

 

 

BARBARA AUZOU.

GARE FERMEE


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GARE FERMEE

 

Ma connexion internet  a toujours été mauvaise

aujourd’hui elle est si déplorable qu’elle m’interdit d’utiliser mon ordinateur pour faire un  réglement bancaire, plus possible de télécharger des documents, un vrai bonheur pour sortir de son confinement limité à sa simple survie

Bonne journée à vous

 

Niala-Loisobleu – 5 Avril 2020

 

APRES MA MORT


Henri Michaux. De l'autre côté | Musée Guggenheim Bilbao

APRES MA MORT

 

Je fus transporté après ma mort, je fus transporté non dans un lieu confiné, mais dans l’immensité du vide éthérique.
Loin de me laisser abattre par cette immense ouverture en tous sens à perte de vue, en ciel étoile, je me rassemblai et rassemblai tout ce que j’avais été, et ce que j’avais
été sur le point d’être, et enfin tout ce que au calendrier secret de moi-même, je m’étais proposé de devenir et serrant le tout, mes qualités aussi, enfin
mes vices, dernier rempart, je m’en fis caparace.

Sur ce noyau, animé de colère, mais d’une colère nette, que le sang n’appuyait plus, froide et intégrale, je me mis à faire le hérisson, dans une suprême
défense, dans un dernier refus.

Alors, le vide, les larves du vide qui déjà poussaient tentaculairement vers moi leurs poches molles, me menaçant de l’abjecte endosmose, les larves étonnées après
quelques vaines tentatives contre la proie qui refusait de se rendre, reculèrent embarrassées, et se dérobèrent à ma vue, abandonnant à la vie celui qui la
méritait tellement.

Désormais libre de ce côté, j’usai de ma puissance du moment, de l’exaltation de la victoire inespérée, pour peser vers la
Terre et repénétrai mon corps immobile, que les draps et la laine avaient heureusement empêché de se refroidir.

Avec surprise, après ce mien effort dépassant celui des géants, avec surprise et joie mêlée de déception je rentrai dans les horizons étroits et fermés
où la vie humaine pour être ce qu’elle est, doit se passer.

 

Henri Michaux