CAPARÌCA


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CAPARÌCA

 

à Mattia

Forse la febbre, o un effetto della luce. Caparìca
è qui, comunque, case in fila, sfarinate.
Una mercedes verde alza la polvere, posteggia,
e chi ne scende è un gobbo che s’avvia.
Barache, condomini. Qualche cane. Lungo il mare
va un uomo senza bocca, cicatrice
di sabbia, per chilometri e chilometri.
E non posso risponderti che questo : vertigini,
una calma simulata. O anche : l’assenzio.
Sopra la spiaggia dei poveri
cade una roccia gialla.
CAPARÌCA

a Mattia

Peut-être la fièvre, ou un effet de la lumière. Caparìca
est ceci, tout de même, rangées de maisons, décrépies.
Une Mercedes verte fait voler la poussière, se gare,
un bossu en descend et se met en chemin.
Baraques, copropriétés. Quelques chiens. Longeant la mer,
un homme marche sans bouche, cicatrice
de sable, sur des kilomètres et des kilomètres.
Et je ne peux te répondre que ceci : vertiges,
une tranquillité simulée. Et aussi : l’absinthe.
Une roche pauvre surplombe
la plage des pauvres.

Fabio Pusterla, Les Choses sans histoire, Éditions Empreintes, Poche Poésie, Moudon (Suisse), 2002, pp. 202-203. Traduit de l’italien par Mathilde Vischer.

 

Source : Terre de Femmes

HOULE LA LA


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HOULE LA LA

Le son des sabots est proche

telle une étreinte de ruade

Si la porte grince ça ne peut-être ici

la cavalcade  a rattrapé la mer

et avant que l’horizon la cache

le phare pointe plus haut que le cimetière marin

tu restes la seule accrochée en pavois imprimé de fleurs…

Niala-Loisobleu – 25 Février 2020

L’OR LOGE A L’INTERIEUR


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L’OR LOGE A L’INTERIEUR

Espèce de parc jurassique qui s’entre-dévore

des maisons de passe

aux néons pornographes

et un phallus gonflable pour denser en file indienne

Qui s’étonnerait , un con et plus, mis à part, que la mer rogne la Terre

elle fait que blanchir les dents des côtes

Et là, à l’extrême bout

la femme en rouge se vide pour un asile neuf

loin du Chemin-des-Dames, ses croix blanches

les seins en cadran solaire

Elle voit l’heur d’un oeil neuf

s’étendre sous les peaux pierres de son Epoque.

Niala-Loisobleu – 25 Février 2020

ROULE COMME IL FAIT CLAIR


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ROULE COMME IL FAIT CLAIR

Dans l’obscure informatique où je navigue

le lien fort m’attrape la chair à la transpirer

toute migraine éradiquée

Déjà que j’aime pas les saints qui se tiennent en gisants droits

qu’on en voit que la fausse pierre

te dépêchant un tatouage avant que tu aies commencé à te recueillir

la pression de ma roue de maison cherche le frôlement de l’herbe

a veut pas de gonflable synthétique

Garde ta fenêtre ouverte

que mon âne vienne épandre

avec Ernesto

le savoir-vivre cancre et sans-culotte

J’ai une brassée de Marguerite dans le delta…

Niala-Loisobleu – 25 Février 2020