DES MENAGEMENTS


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DES MENAGEMENTS

Sein Valentin passé je n’attends pas l’an prochain pour un cadeau à mon amoureuse, je profite du moment charmant où arrosant ses fleurs elle en exalte le bleu en le transformant en tubéracées

Des aéronefs de balcon n’est-ce pas signe de parenté avec le gonflement de sa poitrine ?

Ah ses mains , je sens leur pouvoir d’apposition, je cours déjà sur l’eau, grimpe à la cave et descends au mont, l’esprit si plein de grâce que je fais le somnambule dans Hamlet et ne réponds pas à la question subsidiaire: Poètes vos papiers

je continue et sans faire coucou, sors sur le balcon secouer la nappe phréatique genre castor, pour faire barrage à la pénurie d’huiles essentielles

je prie comme un mécréant, allumant plus de bougies qu’un camp délabré de vide-grenier

Tant et si bien que je disparais sans avoir plié mon pantalon ni accroché mon veston

Le sourire qu’elle affiche rassurera je l’espère le likeur idiot ne pouvant comprendre faute d’avoir lu avant…

Niala-Loisobleu – 19/02/20

2 réflexions sur “DES MENAGEMENTS

    • LE PUITS ENCHANTÉ

      Du dehors l’air est à se refroidir

      Le feu éteint sous la bouillotte bleue des bois

      La nature crache dans sa petite boite de nuit

      Sa brosse sans épaisseur commence à

      faire luire les arêtes des buissons et des navires

      La ville aux longues aiguillées de fulgores

      Monte jusqu’à se perdre

      Le long d’une rampe de chansons qui tourne en vrille dans les rues désertes

      Quand les marelles abandonnées se retournent l’une

      après l’autre dans le ciel
      Tout au fond de l’entonnoir

      Dans les fougères foulées du regard
      J’ai rendez-vous avec la dame du lac

      Je sais qu’elle viendra

      Comme si je m’étais endormi sous des fuchsias

      C’est là

      A la place de la suspension du dessous dans la maison des nuages

      Une cage d’ascenseur aux parois de laquelle éclate par

      touffes du linge de femme
      De plus en plus vert

      A moi

      A moi la fleur du grisou

      Le ludion humain la roussette blanche

      La grande devinette sacrée

      Mieux qu’au fil de l’eau
      Ophélie au ballet des mouches

      de mai
      Voici au reflet du fil à plomb celle qui est dans le

      secret des taupes

      Je vois la semelle de poussière de diamant je vois le paon blanc qui fait la roue derrière l’écran de la cheminée

      Les femmes qu’on dessine à l’envers sont les seules qu’on n’ait jamais vues

      Son sourire est fait pour l’expiation des plongeurs de

      perles
      Aux poumons changés en coraux

      C’est
      Médu3e casquée dont le buste pivote lentement

      dans la vitrine
      De profil je caresse ses seins aux pointes ailées

      Ma voix ne lui parviendrait pas ce sont deux mondes
      Et même

      Rien ne servirait de jeter dans sa tour une lettre toute ouverte aux angles de glu

      On m’a passé les menottes étincelantes de
      Peter
      Ibbetson

      Je suis un couvreur devenu fou

      Qui arrache par plaques et finirai bien par jeter bas

      tout le toit de la maison
      Pour mieux voir comme la trombe s’élève de la mer
      Pour me mêler à la bataille de fleurs
      Quand une cuisse déborde l’écrin et qu’entre en jeu la

      pédale du danger

      La belle invention

      Pour remplacer le coucou l’horloge à escarpolette

      Qui marque le temps suspendu

      Pendeloque du lustre central de la terre

      Mon sablier de roses

      Toi qui ne remonteras pas à la surface

      Toi qui me regardes sans me voir dans les jardins de

      la provocation pure
      Toi qui m’envoies un baiser de la portière d’un train

      qui fuit

      André Breton

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