Ma vie, mon œuvre – Jacques Bertin


Ma vie, mon œuvreJacques Bertin

Je n’ai pas su partir au loin
Convoquant les ports et les îles
Brisant les lignes du destin
Comme un joueur d’osselets malin
Bousculant la donne et les villesJe n’ai pas été l’homme-oiseau
Régnant sur la côte dalmate
Ni protecteur des pays Baltes
Avec son sceptre de roseau
Il étend son bras jusqu’à Malte

Au Vidame des ponts, à Pise
Avant de le tuer comme un chien
Il a racheté sept putains
Qui viennent manger dans sa main
Et l’aiment et qui le lui disent

Ses pirogues sont sur l’Ogooué
Chargées de son camphre et son miel
Le roi du Soudan amadoué
Lui paye des plants d’arbre à sel
Avec deux cents chevaux de selle

Il conquiert les Pays du Livre
Avec quatre cents cavaliers
– Mon manteau pourpre les rend ivres :
Livre ton âme et ta monnaie
Remercie Dieu qui te délivre !

J’ai menti plus qu’on ne peut dire
J’ai vendu des années durant
De faux ciboires en fer blanc
Disant la messe en allemand
Pour de faux moines durs à cuire

Piroguiers descendant l’Ogooué
Qui donc gémit dans ces barils ?
– Des âmes d’enfants étouffés
Des pierres bleues du dieu Avril
Des larmes gemmes pour les îles

J’ai sauvé les couvents de Bâle
Cernés par les Teutons haineux
Ils voulaient la peau des moniales
Ces démons se battaient mieux qu’eux
– La supérieure fut triviale

J’ai parcouru l’ancienne Épire
Fuyant l’Europe et ma moitié
Suivi d’un mamelück d’empire
Et deux femmes qui me battaient
– Battez-moi, mon ancienne est pire…

D’un ministre l’épouse en fuite
Blanche et grasse et toujours très nue
Serait-ce cela qui m’excite :
Des ministresses la vertu ?
Iconoclastie tu m’habites !

Puis la négresse belle et fine
Cadeau de son père à Sidney
– Je l’avais sauvé de la ruine
M’offrant sa fille il en pleurait :
« Prends ma fille et rends-moi ma mine »

Ils m’ont tendu une embuscade
Le Turc m’ayant brûlé les pieds
Je dus égorger mes beautés
Selon un rituel omeyade
Y pensant, j’en reste malade

La grosse reine de Bohême
Me fit fouetter par ses minets
Avant de me s’offrir soi-même
Mâle ou femelle, je ne sais
M’empalaient parmi les blasphèmes

Ô la nostalgie de l’Ogooué
Les chants des rameurs sur le Nil
L’enchantement du fleuve Avril
Les canons tirant de la baie
Et les peuples grouillant qui filent

J’ai lutté pour rien au Mexique
J’ai vaincu à Tenochtitlan
Bousculant une armée d’enfants
Faméliques, chacun douze ans
Ils chantaient des chants pathétiques

Puis tombaient parmi les blés maigres
Ce tableau naïf est vendu
– Le commodore fut pendu
J’en garde un souvenir ému
Et des fusils à Port-Alègre

On fait des festins sur l’Ogooué
Vous n’imaginez pas lesquels
Le fiel coule de la cervelle
D’un jeune singe ébouillanté
Pour Pâques, bouffez de la pucelle

Oui, le Négus trichait aux cartes
Oui, un beau jour j’ai abordé
Salomé, Sarah, Jacobé
Gouinant sur leur petit voilier
Qui voulaient plus que je reparte

Une autre fois, rôdant dans l’Indre
J’ai vu la mission Lavilliers
Cherchant le Pérou sur l’Allier
Croisant l’expédition Hallier
Qui faisait semblant d’être aux Indes

Beaux mensonges, beaux mariniers
Emportez-moi vers d’autres rades
Faux palais, faux marbres, faux jades
Auprès de vous des Templiers
Le secret me paraît bien fade

Mais l’aventure la plus folle
C’est la fille que j’ai aimée
À vingt ans qui dans la corolle
De ses bras m’a emprisonné
Et qui veut plus que j’en décolle

La moue de tes lèvres cruelles
Me fouaille plus que coups de fouet
Toiles claquant des caravelles
Tes vrais yeux sont des faux billets
Chaque nuit j’en oublie la belle

Ta sainte alcôve pour moi compte
Plus que les bouges de Tanger
Tu me parles à l’oreille et honte
Me vient, l’orage au ciel chargé
Je te soudoie et on se monte

Certaines fois le vent se lève
Pour la migration des regards
« Maîtresse, rentrons, il est tard »
– J’aime ce léger désespoir
Qui donne son parfum aux rêves

Certaines fois je crois en l’Homme
Tu me convaincs et tu m’absous
Par le rire et l’amour. En somme
La foi y est cachée dessous
Je crois au monde ou c’est tout comme

Et tu es toute ma frontière
On y passe en fraude un baiser
Un de plus et la vie entière
J’affrête pour appareiller
Ma pirogue sur l’oreiller

 

DE PORT EN PORC


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DE PORT EN PORC

Saumures et salaisons d’un commerce non équitable qui pour en gagner plus défend tout et son contraire

Le fléau de la drogue qu’on dit poursuivre en même temps qu’on développe son emploi pharmaceutique

La criminalité du commerce des armes et la console vidéo en cadeau de Noël pour apprendre la violence à l’enfant sous forme de jeux

Ce qui fait la une actuellement c’est la révélation d’abus sexuel à tous les niveaux

Le féminisme pelouse au maudit comme jamais

Et relayé par l’opportunisme financier, trouve écho au point de devenir une terrifiante nouvelle injustice qui en plus fera contre-feu pour toutes sortes de pratiques frauduleuses

Je n’ai aucune envie de disculper la pédophilie, juste envie de poser cette question:

Qui va se faire comptable des jeunes personnes qui n’ont aucuns scrupules à user de leurs charmes pour combler leur ambition ?

Dans un monde qui n’a pas de limites dans l’usage de l’abus de l’autre, j’aurais pas pu fermer ma gueule en la laissant se faire foutre

Pauvre marin t’es vraiment ras d’ô

tu deales, traficotes, abuses, vas à la messe en manifestant dans les médias « A BAS LES »…

 

Niala-Loisobleu – 06/02/20

LE PETIT-CHEVAL ET LE COUP DU SOLEIL


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LE PETIT-CHEVAL

ET LE COUP DU SOLEIL

 

L’aile étirée couvre l’amer de son voile d’un bout à l’autre

la coque couve l’oeuf

le pouls sain ira sur ses jambes pareil au bateau qui prend acte de sa mère

 

 

Mais c’est du Chagall

Ah bon ça vous gratte ?

 

 

Le chiot équin

oui ça existe

je suis un cheval qui mors

A preuve les vestales d’une superstition refoulée que je botte en touches pendant que

collée à moi de toutes ses vertèbres, elle me dit maries-moi j’t’ai dans la moelle

Ah voui

sabotes-moi l’attente et l’agonie des pas perdus, j’veux qu’tu m’traverses…

 

Niala_Loisobleu

6 Février 2020

EQUINE PRESENCE


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EQUINE PRESENCE

Terre d’album sanguin

dans le négatif épandu, l’image claire montre sa vraie nature

Au point d’ars

l’enfant carotide

des cochons, des vélos, des autobus et des carrosses tournant et montant en manège

sur les trous d’un orgue de Barbarie

Petit cavalier des longues chevauchées de l’Epopée

Frère de l’Arbre

Fils du Vent

Pierre de la Colonne

Rayon du Temps

Soulève des mottes le grain du Vivant…

Niala-Loisobleu – 6 Février 2020

DEVANT L’ETENDUE BLEUE


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DEVANT L’ETENDUE BLEUE

Le jeu de lumière tient les deux bouts de l’horizon

Touffes de thym en quinconce, alignement de maisons prolongent le bruit de la mer qui lèche l’orangeraie

Par les volets qui restent les derniers à bailler, on entend le jet d’eau du patio escalader les étages

L’âne tire déjà des sauts de la noria

Assise à la table ton regard est déjà en voyage, corne de bateau, sifflet de train, cris d’oiseau montent du lointain

La pensée en roulis comme une croupe animale, tu laisses à ton corps le choix des armes  et sur la chaise ta liste de tâches

tu rattraperas le chien avant qu’il n’avale la côte…

Niala-Loisobleu – 6 Février 2020