EMBRUN ET ROSE


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EMBRUN ET ROSE

 

Un arbre à folie au milieu des tempêtes tient la barre à demain

La couleur de l’amour de Niki

triomphe

de la machine infernale de Tinguely

Embrun debout

dressé comme la plus grosse balise

du chemin tracé

espèce d’espoir censé

Expo explosive : Niki de Saint Phalle

Niala-Loisobleu – 23 Janvier 2020

5 réflexions sur “EMBRUN ET ROSE

    • Une vie sans idéal n’est qu’une grande défaite…
      N-L

      ACTUALITÉS
      A New York ou ailleurs, assis dans son fauteuil de gloire, Lindbergh, l’aviateur, peut voir — comme si c’était lui — l’acteur qui joue le rôle qu’il a lui-même
      joué dans l’histoire.

      Au cinéma du Moulin Rouge, aujourd’hui, par la porte entrouverte de la cabine de l’opérateur, on perçoit des clameurs, celles de la foule des porteurs en triomphe, à
      l’atterrissage au Bour-get en 1927.

      Ailleurs encore, dans une cinémathèque, Védrines atterrit en 1919 sur le toit des Galeries Lafayette.

      Mais en même temps dehors, c’est-à-dire aujourd’hui encore à Paris, le ciel du dimanche craque dans la tête des gens.

      Festival au Bourget.

      Comme jeu de cartes au cirque par deux mains tenaces et crispées, la tendre lumière du printemps est déchirée, jetée, éparpillée.

      Les monte-en-1’air, les perceurs de muraille, les creveurs de plafond font leur exhibition.

      Sabres et scies et bistouris stridente.

      La fraise du dentiste singe le chant du grillon et de pauvres rats volants en combinaison Frankens-tein foncent à toute vitesse vers la ratière du temps.

      Malheureux vagabonds.

      Terrain vague du ciel et palissade du son.

      L’écran des actualités toujours et de plus en plus bordé de noir est une obsédante lettre de faire-part où ponctuellement, hebdomadairement, Zorro, Tarzan et Robin des
      Bois sont terrassés par le mille-pattes atomique.

      Pourtant, au studio, sur leurs passerelles, écrasés de lumière, les travailleurs du film, comme sur leurs bateaux les travailleurs de la mer, poursuivent leur labeur.

      Et la ville, en extérieurs, poursuit comme eux le film de sa vie, le film de Paris.

      Le long des quais, la Seine est calme comme un Ut bien fait.

      Signe de vie verte, un brin d’herbe surgit entre deux pavés.

      Une fille s’arrête et respire.

      — Oh ! je respire, oui je respire et cela me fait autant plaisir que de fumer une cigarette. J’avais oublié que je respirais. C’est merveilleux, l’air de la vie n’est pas encore tout
      à fait empoisonné !

      Elle sourit, la joie est dans ses yeux, la joie oubliée, retrouvée et remerciée.

      Un garçon s’approche d’elle et lui demande de l’air, comme on demande du feu.

      Le ciel recommence à grincer, mais le couple s’embrasse, l’herbe rare frémit, le film continue, le film de l’amour, le film de la vie.

      Jacques Prévert

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    • Fascinante, oui, l’aurai-je mis dans le cas contraire, mais pas dans l’angle que tu relèves, Eva, elle a pu faire état d’un féminisme engagé, moi je la retiens en tant qu’être humain exceptionnel des deux genres.Je réprouve ce racisme qui est, des deux côtés, indigne de la qualité humaine.

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