LE PASSE DE MA RUE


 

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LE PASSE DE MA RUE

Les chapiteaux démontés du roman

la table des matières se vide

Je retourne dans mes culottes courtes, dessous le tablier, nez aux carreaux, ce qu’il me reste du passé est si riche qu’à l’à venir j’aurais plus pour te dire pourquoi tu es ma rue, mon enfilade à trottoirs, mon tir à l’arche, mes ponts , mon quai, mon jardin public, ma porte-cochère, le cinquième de la chambre de bonne par l’escalier de service, mon vasistas et l’eau au bout du couloir, la cour où le rebond des balles m’attire quand tu te penches au dérobé des bretelles

Mes quat’saisons dans la charrette en jardin potager, puis sur deux roues voisines tant de fleurs que le cheval du bougnat veut plus charrier les sacs de boulets pour rester à sentir

T’ai dit les repasseuses et leur gouaille à culotte fendue, les formes de la boulangère lâchant ses vapeurs par le soupirail devant la meule du rémouleur et le cri d’ouverture du vitrier qui nie l’adultère de sa liberté

Le papier à musique des chanteurs de rue, violons d’un couloir de métro, accordéon aveugle au regard planté dans l’espoir que la lutte sociale arrête la fantasmagorie du pouvoir

J’ai grandi dans tout ça pour voir la frime prendre corps et s’installer au pouvoir, ainsi font trois p’tits tours et puis s’en vont, à moins que ben non

Ainsi te revoilu ma rue, plus poilue qu’à la tranchée de vers d’un

Laisse moi t’atteler en équipage, le rossignol chante à minuit, il est pas trop tard pour sauver ce qui reste de dignité, je tire les papillons des épingles des empailleurs pour rappeler que la soupe populaire à plus élevé le social que le cinéma d’allocs d’une assistance qui endette…

Niala-Loisobleu – 7 Janvier 2020

QUESTION A CAS D’CAFES


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QUESTION A CAS D’CAFES

 

D’une neige qui s’obstinait à ne pas tomber un écrasé de soleil occupait entièrement la table

Quelle glissade

Le chien dans son coin tire son jouet du couffin en désespoir de cause, refusant catégoriquement de sortir à la chasse

A l’instant du choix, je dis le monde en a perdu l’usage

A part un piquet de grève vigilant  l’amer ronge les continents

Il va falloir organiser rapidement la prochaine guerre mondiale, les anciennes en vieillissant risquent de faire perdre les jours chômés commémoratifs. Compte-tenu de la retraite en agonie, l’homme y pourra s’amuser quand ?

 

Niala-Loisobleu – 07/01/20

 

ACCOMPLISSEMENT NATUREL D’UNE PIECE NON-MONTEE


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ACCOMPLISSEMENT NATUREL D’UNE PIECE NON-MONTEE

Sur un char à bancs d’étoiles en traversant le polaire j’ai trouvé la chaleur de ton corps à température. Nous sommes à table, tout rêve  a droit de substantialiser sa résistance contre le froid et le chaud du parcours. Surtout un jour de noces qui s’est fait vachement attendre.

Des enfants de coeur dans l’aube de leur vie jouent sous la table à deviner leur genre

Dans le blanc enrobant tes fesses mes pensées me confondent d’aise en tirant ta chaise dessous

une demoiselle d’honneur remarque la politesse de mes mains pour cette partie montée de toi qui dépasse le plus bon gâteau jamais réalisé

Tu sais il pleut dehors, c’est bon signe

Quand les musiciens ouvriront le bal et que tu pourras jeter ton carnet (j’ai mis mon nom sur toutes les danses, même celles que je sais pas faire) alors les oiseaux en cortège viendront de tous les endroits où il en reste

Un petit-loup racontant une fable en chanson de geste à sa grand-mère et une biquette détachée dans le coin d’ô se rinçant comme une vérité ayant trouvé son puits…

Niala-Loisobleu – 7 Janvier 2020

Jacques Bertin/Faut-il être fou ?


Jacques Bertin/Faut-il être fou ?

Faut-il être fou pour avoir aimé les rides d’un vieil Espagnol ?
Être fou pour avoir frémi aux pleurs d’une gitane aveugle ?
Être fou pour avoir bondi aux poings brandis d’un vieux Quichotte ?
Ici quinze cents sacrés cœurs mauresques et le drapeau de Charles Quint
Montent pour me clouer les yeux au mur d’un couvent andalou

Chez moi il y a des fontaines lourdes et des pommes d’après saison
Quinze gamins en mal de rêve y viennent sourdre des chansons
Chez moi de jambes folles vont les filles au long des matins de chardon
Prier Sainte Anne en ses chapelles en sa rose et bouquets d’ajoncs
Chez moi toutes les filles s’appellent Anne et elles ont toutes seins blancs
Cuisses lourdes et hanches vastes, j’y menais rêver mes troupeaux
Chez moi j’ai quatre amis, quatre poètes : Pierre, Jacques, Yves et Joël
Pierre, Jacques, Yves et Joël, oh, ne m’ayez pas oublié
N’ayez pas oublié nos filles, nos fredaines et nos chansons

Ici, derrière un vieux muret de pierres, j’attends la mort dans un sommeil
Peuplé du lait de femmes blanches au froid d’un marbre horizontal
La nuit, la nuit sur mon fusil de pierre je mords des chevaux andalous
Je blesse au vagin des gitanes, j’embrasse des épagneuls roux
Et de tendres gazelles blanches, et je brûle des orangers

Ici il y a un gamin timide avec des tulles de princesses
Qui brûle mes Républicains
Dernier matin de ma jeunesse
Déchirée de viol et de sang
La mort s’en vient, matin blafard
Dix-huit nuits m’ont amené là
Dix-huit rêves pour y venir
Dix-huit rêves pour y mourir

Je pense à toutes mes années
Je pense à toutes mes gazelles
Mes gazelles abandonnées
Pierre, Jacque, Yves et Joël
Nous nous sommes bien oubliés
Voici la Garce qui s’en vient et j’ai l’éternité pour moi
Pour une chanson dans le sol où l’amour est enfin réel