LE BON QUATRE-HEURES


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LE BON QUATRE-HEURES

Dans la végétale sensation de mon jardin d’hiver, je me libère à la sortie des écoles des lourdeurs d’une erreur d’interprétation qui fit tort aux splendeurs d’un moment du quotidien. Les circonstances de la vie font parfois des mises en scène hors du sujet, en raison d’une embrouille dans le temps partagé
Et l’aiguillage distrait envoie du mauvais côté
La grève des transports me propose de me ramener sur le bon chemin par la voix de Catherine Sauvage, en soi déjà tout un programme
En s’arrêtant devant la cabane l’air changea brusquement, verdissant d’érotisme le bois mort et le retour des fenaisons avec leurs relais de meules. Les meuhs locales se frottaient des cornes en balançant les poches à lait roses embouchées de beaux tétons. Plus de bruit de moteur et de fumée corrompues, un Ernesto de bonne souche promenait son cartable sur la route comme pour le faire pisser les devoirs à faire et les leçons à apprendre. Puis sortant des coulisses les décorateurs plantèrent la gare au milieu des pommiers pour que le train puisse offrir un film à voir aux belles normandes rassemblées au milieu des pommiers
-Embrasse-moi dis-je
c’est le moment où tout ce qui n’était pas Nous s’interrompit…
 Niala-Loisobleu  6 Janvier 2020
La Recette De L’Amour Fou
Dans un boudoir introduisez un coeur bien tendre
Sur canapé laissez s’asseoir et se détendre
Versez une larme de porto
Et puis mettez-vous au piano
Jouez Chopin
Avec dédain
Egrenez vos accords
Et s’il s’endort
Alors là, jetez-le dehors
Le second soir faites revenir ce coeur bien tendre
Faites mijoter trois bons quarts d’heure à vous attendre
Et s’il n’est pas encore parti
Soyez-en sûr c’est qu’il est cuit
Sans vous trahir
Laissez frémir
Faites attendre encore
Et s’il s’endort
Alors là, jétez-le dehors
Le lendemain il ne tient qu’à vous d’être tendre
Tamisez toutes les lumières et sans attendre
Jouez la farce du grand amour
Dites « jamais », dites « toujours »
Et consommez
Sur canapé
Mais après les transports
Ah! s’il s’endort
Alors là, foutez-le dehors
In a boudoir enter

MOUVEMENT PERPETUEL


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MOUVEMENT PERPETUEL

J’étends tes traits

avec les couleurs

du froissé des draps

Le dernier oiseau branché

lisse la mer

de ses empreintes

Sur le sable mouillé

l’écume de tes seins

boit la vague

Après 4 h

nous irons goûter l’églantine

qui borde la sortie

Niala-Loisobleu – 06/01/20

MA MAISON-FLOTTANTE


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MA MAISON-FLOTTANTE

 

Dans le temps arrêté où je marche, ronronnent des chemins uniquement présents sur ma carte

Le train électrique que ma petite enfance n’a jamais eu s’est fait à partir des boutons de la boîte à raccommodage de Marthe

Métaphysique formation d’un convoi à quai du remplacement pratique, troqué en rencontre opportune de caniveau d’une des rues de mon Paname

En montant le courrier aux locataires, il m’est arrivé souvent de franchir le pont d’Arcole en premier. J’ai eu mon quattrocento chez les architectes du fond de la cour, le tirage de bleus m’a définitivement impressionnée

A mon âge respirer l’oxygène du rêve évite deux tuyaux dans les narines et un chariot roulant pour se déplacer

j’en connais assez du monde pour dire que le plus beau vers de l’herbe est sous les pieds de l’endroit qu’on a autorisé à atteindre. Voilà pourquoi  je sais, qu’unis, les bras dans lesquels je ne cesse de vouloir dormir sont à fleurs. Ceux-ci tiennent de tant de misères endurées, de tant de chemins en impasses, que le corps en implore le collé aux douceurs qui y ont en résidence, rondeurs au derme et fauves pilosités, pour l’ancre à la fente hospitalière

L’autre combat, celui qui y mène, rougit du sang de taureau cette arène antique plantée dans sa vallée, en épluchant au-bas de ses falaises la marguerite dans l’injustice des réponses…

Niala-Loisobleu – 6 Janvier 2020

SALVE REGINA


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SALVE REGINA

 

Cet arbre à paumes

où la dernière chaleur reste l’autre matin

à la première marche du déambulatoire

et là au bord de la clarté  signifiée

Juste la présence par le mouvement du bruit de la mer qui assure

le pli du journal du bateau en papier

pour mettre la vérité à flot

dans l’acte du déshabillé des mots

coque à coque poitrinaires

où s’hisse l’autre main tenant au sein

 

Niala-Loisobleu – 6 Janvier 2020

 

EN GARE


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EN GARE

En compagnie des heures blanches la nuit étale ses manques comme pour faire mal

Quoi de plus facile

Le petit serpent vert loge on ne peut plus facile dans les fleurs du bouquet

Ce que j’aime c’est l’odeur du vol des papillons

Tu loges au théâtre  de tous les instants

Est-ce que ce matin à la gare reviendra la belle saison ?

Niala-Loisobleu – 06/01/20