DANS LES RAILS


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DANS LES RAILS

Le vent revient plus tard du chemin reconnu
Les mains pendent au bord du livre

Tête nue l’homme traverse l’heure l’éclair le champ perdu
Sur la pointe où le ciel se fixe
L’étoile et son pignon
Quand les raies de couleurs arrêtent l’horizon
Une roue se détourne l’eau s’éveille en sueur

et les berges ruissellent

Une fenêtre glisse un regard imprévu
Entre le coin du mur et la flèche de l’arbre

Une ombre qui remue

Pierre Reverdy

AUX FORGES DE L’ATELIER 1


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AUX FORGES DE L’ATELIER 1

Le bruit du pilon au fond du mortier et des fleurs naissent dans les yeux de l’amoureuse

Le bruit du pilon au fond du mortier et se dressent sur la crête des vagues les embruns du ventre

Le bruit du pilon au fond du mortier et de la blancheur des villages la cuisse chaude des guitares talonne

Le bruit du pilon au fond du mortier et dans l’haleine cardée de deux seins fruités s’ouvre la paume du compotier

Le bruit du pilon au fond du mortier et la toile de lin bleuté se tend au châssis du squelette humain recharné

Le bruit du pilon au fond du mortier et l’oiseau retourne peindre de sève d’amour la branche de l’arbre qui mord, naît la Lumière…

Niala-Loisobleu – 19 Décembre 2019

Le Bonheur- Jean Villard Gilles


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Le Bonheur- Jean Villard Gilles

 

Paroles et musique de Jean Villard Gilles (1948)

Quand l’aurore aux accents
D’une flûte champêtre
Saute sur ma fenêtre
Annonçant le beau temps
Quand au sommet du jour
Le soleil, dans sa force
Fier et bombant le torse
Fait rouler son tambour
Ou quand le soir descend
En posant sur la ville
Ses douces mains tranquilles
Dans mon ravissement
Je pense à ce bonheur
Dont nous rêvons sans cesse
Mais la simple sagesse
Me dit avec douceur

Le bonheur est chose légère
Que toujours, notre cœur poursuit
Mais en vain, comme la chimère
On croit le saisir, il s’enfuit
Il n’est rien qu’une ombre fugace
Un instant, un rayon furtif
Un oiseau merveilleux qui passe
Ravissant mais jamais captif
Le bonheur est chose légère
Il est là comme un feu brûlant
Mais peut-on saisir la lumière
Le feu, l’éclair, l’ombre ou le vent

En ce siècle de peur
De misère et de guerre
Il est pourtant sur terre
De très simples bonheurs
Ils sont là sous la main
Faits de très humbles choses
Le parfum d’une rose
Un beau regard humain
C’est le souffle léger
De l’enfant qui sommeille
C’est l’amitié qui veille
Et le pain partagé
Et puis voici qu’un jour
Le bonheur qu’on envie
Entre dans notre vie
Sur l’aile de l’amour

Le bonheur, dans le grand silence
De la nuit, c’est sur le chemin
Le bruit clair de ton pas qui danse
Ta main que je tiens dans ma main
Le bonheur, c’est toi, source vive
De l’amour, dans son vert printemps
Quand la nuit, dans mes bras captive
J’entends ton doux gémissement
Le bonheur, c’est de croire encore
Amants, que nous verrons un jour
Resplendir l’éternelle aurore
Qui sait, d’un immortel amour…

 

LES PARASITES


 

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LES PARASITES

 

La Charente en proie à la balade coule à présent à travers le territoire matérialisant la chambre

le lit embarque sur le tapis tous le rêves du chevet

les chevaux de la peau lisse montée avec

on aurait pu croire qu’avant il y avait un buis crucifié au-dessus de la tête du lit

mais ce cauchemar relève d’une autre histoire

celle d’un mec qui fait irruption dans le seoir et plonge tout dans le noir avec l’aide d’une sorcière qui cuisine la vipère…

Niala-Loisobleu – 19 Décembre 2019

 

 

EQUUS FERUS CABALLUS


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EQUUS FERUS CABALLUS

Parti de son quartier de Paname, le cheval de trait fit un premier crochet par le Carrousel du Louvre avant d’aller faire un tour de manège et boire au grand bassin des Tuileries. Chemin quotidien du petit matin .

Des années plus tard devenu un rite le cérémonial ouvre le jour

Que le carrefour des quais se distingue et se détache du bruit du ramassage des poubelles ou que l’épaisseur du souci reste du coeur des Halles aux boulevards extérieurs , le brave animal s’en va travailler au chant voisin

Un tombereau pour le ramassage des betteraves, une herse pour briser la motte laissée par la charrue, ou la grande brouette à récolte tirée à la Grange Batelière ça donne au jour du char-à-banc une allure de fête nouée de rubans à la crinière avec un équipage de musiciens entourant les mariés

Impossible d’éviter les jours sombres, ceux qui mettent un drap noir autour de la porte cochère

le corbillard monte la côte à regrets

quelques fleurs sur la caisse et des regards tristes sur le dos voûté des amis qui font cortège

on se retrouve autour de la table qu’un de nous a quitté, la mer balaie d’une vague le mauvais pour laisser que les marées d’un souvenir agréable

alors les enfants rient et on trinque en cognant les  vers

Cheval c’est de toutes les batailles depuis que l’homme en a fait l’ami impérissable

Au matin la roue du soleil  tourne poussée par l’haleine des races équines…

Niala-Loisobleu – 19 Décembre 2019