SABLES EMOUVANTS


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SABLES EMOUVANTS

Les yeux peignent une situation mutante

envie d’aller ensemble vers le refus opposé jusqu’alors

Cet anneau du sapin, ce bracelet de nativité, ce linge où le sein corbeille, l’entrejambe flottante dans l’âtre ouverte en tomette au tapis de bête

l’étoile montante

les phares ont de la rose-des-vents

des cheveux de comète

Et dedans les enfants

Des caravansérails sans rois mages à travers une escale en Mandchourie un soir où l’âne et le boeuf passent à table, tu as mis une cravate au chien et les vers en cristal sur l’étable

Au centre le compotier

Encore des cheveux d’ange l’odeur de paille

Le figuier se penche pour voir à travers les carreaux

Venu de loin par la mer le duduk est là sur le sable

Le vent il connaît mieux que personne

Je me rappelle les oranges de Marthe, ce soir tout imprégné de ton jus…

Niala-Loisobleu – 10 Décembre 2019

LES EAUX-NEUVES 6


LES EAUX-NEUVES 6

« Les pensionnaires pudiques »

L’EPOQUE 2019/65

 

Du furet passé entre les lignes les pages ont débouché, pétillant, le vin d’une nouvelle vendange, davantage à quatre mains.  Comme on voit le rempart s’élever pour tenir l’oiseau à l’abri des flèches, l’arbre est venu se dépouiller  pour nager dans sa propre sève. Bivalent fluide d’accouplement. L’automne a mis la mer, la campagne, leurs crêtes moutonneuses, vaches aux pis transsibériens, maisons mimétiques, pierres levées, herbes aromatiques et arbres à médecine en résidence au bassin métaphysique des Eaux-Neuves.

 

 

Tu m’as placée

Aimée reconnaissable

A la main unique qui lui va

Dans l’axe végétal

Avec une urgence nouvelle dans l’accent

Etait-ce pour percer le secret

Dense de l’eau pensive

Ou recoudre l’échancrure

De mots sans éclats?

Consentie et embrassée

l’inépuisable lecture

Trouve sa rive sur les prunelles

Nues du printemps Pole 

Hérissé du complice 

Où le cou cercle la bouche

Boucle nourrie des sens

A habiter en pensionnaires pudiques

Avant de s’en remettreau genou

Lustré des lendemains

Barbara Auzou.

 

 

Le paysage baigne à la base d’un travail de renouveau pour la verticale à ériger en suivant le fil-à-plomb des seins que l’haleine du chien fait rouler jusqu’à la cale. Chair fruitière de la matrice primordiale.

Lucide l’enfant assure son rire

Lui laissant l’éclat de sa cascade  dans l’écume des jours

Barbara à cheval et à l’encre, vibrante guitare.

Niala-Loisobleu – 10 Décembre 2019

 

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LES EAUX-NEUVES 6 – « Les pensionnaires pudiques » – L’EPOQUE 2019/65

Niala – Acrylique s/toile 70×70

GISANTS


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GISANTS

Treuil de la paume qui te lève

Pelvienne ce trente mai

Ton visage passe tout près

Méat de syllabes votives

Tu sèmes trois cierges avant

Que nous passions en revue la
Seine

Les recrues nous prennent
Nous partons

En photos au
Japon
Je te déhanche

Tu me dis que tu
Us ton passé à
L’hôtel blanc

Bottes collants dépecés bain

Le jusant te découvre

Tes bas pèlent ton bas fait l’équilibre

Une autre fois j’ai bu à ton nadir

T’amenant à plus être peut-être

On nous compare à deux barges de
Loire

Nos vies changent doucement à notre quart d’insu

Comme deux barges de
Loire imagine abordées

Démarrées dissociées contrecarrées par

Des souches invisibles se côtoient qu’un

Courant sous la face des contre-courants soude

Il faut redire en l’altérant le même

Qui se méconnaît d’être-trop reconnu

Ce même c’est ta mort et le poème

 

Michel Deguy