PARTIR


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PARTIR

Partir

S’il vient sauras-tu le prendre le navire annoncé par les

cinq océans

Sauras-tu éviter les vagues qui viennent mordre le rivage

L’écume dans la gueule blanche à faire reculer la nuit

Pour que le jour ne s’achève jamais

Pour que tu ne te reposes plus

Il y a tant à faire sous le soleil

S’il vient sauras-tu l’ennoblir ce bateau

Décroche un croissant de lune

Et voici une coque longue et fine comme une goélette

Taille quelques rayons de soleil

Et voilà un fier trois-mâts qui relève la tête

Saisis une étoile filante en vol

Et tiens bon la barre aux cinq épines de lumière

Déchire la queue d’une comète

Et mets toutes voiles de feu dehors

Vers le
Nord

Au pays des couleurs bleues où la neige est blanche

Où les troupeaux de rennes traversent les vallées qui

descendent dans les fjords

Nous donnant la mer à la bouche

Vers le
Nord où vagabondent les poésies

Qui nous entraînent dans les pays du beau et du bon

Pars comme se baladait le nain sur l’oie sauvage

Tu prendras le premier oiseau qui dépliera ses ailes devant

ta maison

Ses plumes racontent que dans le froid il y a une odeur de

cheminée

Une main qui désire la tienne

Des moufles en laine de toutes les couleurs qui galopent

sur la prairie

Écoute le chant des bâtisseurs de cathédrales

Leurs voix maçonnent des fenêtres dans nos cœurs

Leurs mains nous montrent les épaves des châteaux de

sable

S’agenouillant à la marée

Implorant la princesse à la robe d’écume

Pour qu’elle revienne du nouveau monde

Nous raconter des histoires à dormir debout contre la vie

 

Yvon Le Men

10 réflexions sur “PARTIR

        • « À une sérénité crispée »
          «Nous sommes, ce jour, plus près du sinistre que le tocsin lui-même ; c’est pourquoi il est grand temps de nous composer une santé du malheur. Dût-elle avoir l’apparence de l’arrogance du miracle.» Ainsi s’exprime René Char dans À une sérénité crispée.
          Ce recueil de notes, d’aphorismes, de réflexions poétiques est un ouvrage aussi essentiel que les Feuillets d’Hypnos. D’un laconisme souvent déchirant, il est, de plus, un manuel de courage témoignant que l’homme lucide et le poète clairvoyant ne font qu’un.

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  1. Partir sur un trois mats toutes voiles dehors, se jouer des vagues en riant, côtoyer des sirènes enchanteresses et chanter avec elles, voilà une proposition qui n’est pas tomber dans l’oreille d’une presque sourde malouine

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    • LA SOIF HOSPITALIÈRE

      Qui l’entendit jamais se plaindre ?

      Nulle autre qu’elle n’aurait pu boire sans mourir

      les quarante fatigues,
      Attendre, loin devant, ceux qui plieront après;
      De l’éveil au couchant sa manœuvre était mâle.

      Qui a creusé le puits et hisse l’eau gisante
      Risque son cœur dans l’écart de ses mains.

      Philippe Jaccottet

      Merci Jane..

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