ROUE D’AUTOMNE


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ROUE D’AUTOMNE

 

Lumière d’un mur percé par l’autre image des vignes qui s’égaillent aux quatre-vents arborés d’asiles

Hommes dispersés sous l’écume  qui attendent leurs casiers immergés pour se maintenir

L’attache d’ombre part en chasse assouvir sa boulimie létale

Le soleil devra trouver où se brancher en faisant semblant d’être le pouls dominant. Toujours faire croire. Donner le change

Je veux rester naturel et carré

L’atelier mélange la pâte à faire l’énergie redressant l’apathie inhérente  à chaque naufrage

Comme si l’amour ne tenait qu’à la couleur que je lui mets aux plumes

Oiseau qui vole à renflouer l’air des espaces percés aux épines acérées des chemins ne menant à rien

Dans le froid qui coule va falloir rallumer l’alambic, j’ai pas en vie d’avaler la dernière goutte, cheval de labour fait pour ouvrir, l’airain prêt couler au creuset la musique des cloches jusqu’au bord des quais

Un train ne peut pas en cacher une autre.

Niala-Loisobleu –  29 Novembre 2019

Un fil de bouton de rose


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Un fil de bouton de rose

 

Vert s’en va

Dans l’éther de Sienne

D’un verger Bleu-Cyan

Le gros figuier Alizarine s’est fait chien de garde dans l’enclos fermé en pisé où quatre maisons blanches dodelinent sur la crête des vagues. L’eau de la mare retient un pinceau-canard en pensant soleil entre deux averses. Anatomiques instruments les couteaux  sont prêts.

De Naples remontent des laves d’un jaune sans guignes

Rouilles d’automne

Ocre ouvert aux persiennes des lèvres gonflées

La vallée tenue au pied entre la cabane et le bocage, laisse l’oiseau monter au clocher d’un matin resté couché. Du menton et des joues la barbe s’est taillée loin. Le bruit de la mer cherche le rivage de la plage pour lécher l’herbe d’eau-neuve de la rivière. Grande-ouverte la grange chauffe sa paille.

Niala-Loisobleu – 29 Novembre 2019

LE MOMENT ACTUEL DU POEME

 

Si nous enfumons l’instant
Avec une plume guerrière
Qui se satisfait de son empire
Et de la vitesse de ses armes…

Si nous tordons l’arc du futur
A l’image d’un présent obscur
Plein de tensions arque-boutées
Sur elles-mêmes et sur
Le prétendu destin
Des noms qu ‘elles
Trament tragiquement…

Verrons-nous la clarté
Qui ne dépend que de ses sources
Et de leur cheminement
Dans ce monde-chaos ?

Nous y buvons avec notre coupe :
Un poème à fleur d’eau
Se remplissant
D’avenir
Poussant vers l’océan…

Et pour l’Humanité-embouchure
Nous gardons la fraîcheur
Des hauteurs
Et démultiplions le sens
Du présent qui va
En cascades

Alors l’instant fleurit de tous
Ses passés conjoints…
Il offre la paix
Qui ne brûle pas
Dans le labyrinthe des temps actuels

Nous sommes des indiens
Pour l’éternité-nature
Où nous envoyons
Les flèches qui filent entre
Ses négateurs actuels
Qui la méprisent
Pour rejeter le passé
Et ses défenseurs
Qui s’y réfugient pour
Nier le présent

Toucher l’amour infini : ce coursier de l’univers
Côtoyé par nos rêves –
Revit dans l’instant
Où nous veillons
Pour y cheminer…

Toutes les cibles de son lointain
Nous les rendons vivantes
Avec l’écriture du cri
D’une enfance
Qui s’ouvre
Et s’épanouit à l’école du poème

Combien de certitudes guerrières
Devenues si froides
Et raidies
Qui se sont crispées
Dans la vitesse
Sans cibles
Autres que celles
Comprises par leur propre histoire
Qui court après sa fin :

Celles de l’advenue du nouveau
Sortant des miroirs de
La renommée
Qui renvoient à l’homogénéité
Des positions du
Face à face
Guerrier

Et là où tout se vaut
Nul nouveau
N’advient
Rien que du sur-place
Qui agrandit la vitrine des puissances
Où tout s’achète
Même les larmes
Même les éclats de rire
Jusqu’à la tragédie !

Mais l’indestructible poème
Creuse la terre de l’instant
Et le remonte comme
L’arbre et ses racines

Il creuse et tient les fulgurances
D’où sa langue se déploie
Et il vit jusqu’au
Chuchotement
Sur les lèvres
Des amoureux

Sans gloire – ni prophéties – ni promesses
Il relève l’histoire et la tend
Dans son arc
D’où fusent les voix
Comme dans le plus profond lancé
Sur un chemin où
Il s’aventure
Pour créer des clairières
Toujours nouvelles
Près des sources
Jaillissant de l’humaine condition

Alain Minod

JACQUES BERTIN – LA CHANSON DE TESSA


JACQUES BERTIN – LA CHANSON DE TESSA

Reste ici bas mon cœur fidèle,
Si tu t’en vas la vie est ma peine éternelle
Si tu meurs, les oiseaux se tairont pour toujours.
Si tu es froide, aucun soleil ne brûlera.
Au matin la joie de l’aurore
Ne lavera plus mes yeux.
Tout autour de la tombe
Les rosiers épanouis
Laisseront pendre et flétrir leurs fleurs.
La beauté mourra avec toi
Mon seul amour.
Si je meurs, les oiseaux ne se tairont qu’un jour,
Si je meurs, pour une autre un jour tu m’oublieras.
De nouveau la joie de vivre
Alors lavera tes yeux
Au matin tu verras
La montagne illuminée
Sur ma tombe t’offrir mille fleurs.
La beauté revivra sans moi
Mon seul amour!